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Tome second.
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gène ou d’azote pour une d’oxigène ; que l’acidecarbonique en excès nuit beaucoup à la germina-tion ; que l’action bienfaisante de l’oxigène consisteà débarrasser les graines de leur carbone surabon-dant ; que si l’on ne remarque point de diminutiondans une atmosphère qui a servi à la germination ,c’est que le volume du gaz acide carbonique produitest à-peu-près le même que celui de l’oxigène absorbé.

La perte du carbone , occasionnée par le dégage-ment du gaz acide carbonique pendant la germina-tion , produit un effet bien remarquable; les quan-tités respectives de l’oxigène, de l’hydrogène et ducarbone , qui composent la fécule du périsperme ,n’étant plus les mêmes, cette matière passe à l’étatde sucre, et devient soluble d’insoluble qu’elle était.Le chimiste imite ce procédé naturel lorsqu’il trans-forme l’amidon en sucre par le moyen de l’acidesulfurique. Le périsperme, réduit en une liqueurémulsïve . pénètre les vaisseaux des cotylédons jus-qu’au blastème, et lui présente la nourriture dontil a besoin pour se développer ; faible comme il est,il ne pourrait digérer les sucs de la terre, il faut queses alimens aient reçu une première préparation.Tout ce qui se passe alors dans la graine indique uncommencement de fermentation spiritueuse ; maisbientôt la lumière agissant sur la plumule, la fer-mentation s’arrête , le gaz acide et l’eau se décom-posent, l’oxigène du gaz est rejeté, le carbone et lesélémens de l’eau se combinent, et forment des pro-duits inflammables fixes et volatils, tels que les hui-les , les résines , le ligneux , etc., qui remplacent lamatière saccharine et le mucilage. Les mêmes phé-nomènes ont lieu dans toutes les jeunes pousses ,soit qu’elles proviennent des racines, soit qu’ellesproviennent des parties exposées à l’air. Ces faits ,observe M. Mirhel, ont été développés avec beau-coup de sagacité par le savant Sennebier.

Ainsi, des trois fluides aériformes dont la réunioncompose l’atmosphère , l’oxigène seul est indispen-sable à la germination. Toutefois ce gaz , qui animeles forces vitales, et dont aucun être organisé nesaurait se passer, serait contraire à tous si son ac-tion n’était tempérée par le mélange d’une grandequantité d’azote. Y. Air .

Le sol le plus convenable à la germination est ce-lui que l’eau ne lie point en pâte , mais qui la con-tient suspendue entre ses molécules comme dans uneéponge; qui se laisse facilement pénétrer par l’airatmosphérique, et qui n’oppose aucune résistance àla jeune pousse. De là, on peut conclure l’utilitédes labours, et le mal que font aux semis les pluies,qui délaient la terre, sur-tout lorsque de grandessécheresses venant ensuite , elle se prend en unecroûte épaisse qui ferme tout accès à l’air et metobstacle à l’apparition de la plumule. Les grainesfines doivent être à peine recouvertes de terre , lesgrosses graines peuvent être enfoncées plus avant ;mais il est une profondeur à laquelle aucune grainene germe, parce qu’elle n’y trouve pas l’oxigènenécessaire pour transformer en gaz acide son car-bone surabondant. Il arrive quelquefois que lors-qu’on remue la terre d’un jardin de botanique , desgraines anciennement enfouies, ramenées à la sur-face , produisent des plantes perdues depuis long-

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temps. On a vu sur les ruines d’antiques édificesse développer tout-à-coup des epèces inconnues dansle pays : leurs graines , transjiortées sans doute dequelque canton éloigné avec les matériaux du ci-ment, n’ayant point été exposées au contact de l’air,avaient conservé durant des siècles toute leur forcegerminative. Des observateurs dignes de foi attes-tent que dans les vastes contrées de l’Amérique sep-tentrionale, après la destruction d’une forêt, le sol,abandonné à lui-même, se couvre souvent d’arbresd’une autre espèce que ceux que la hache ou le feua détruits; phénomènes faciles à expliquer , si l’onadmet que des semences enfoncées dans la terre de-puis un temps immémorial puissent y rester dansl’inaction, et s’y conserver saines jusqu’au momentoù elles éprouvent l’influence de l’air atmosphérique.

L’observation que M. Mirbel rapporte en parlantdes forêts de l’Amérique , se fait journellement dansles nôtres, où, après avoir abattu de vieilles futaies,on voit paraître une foule de plantes ligneuses etherbacées , qui n’existaient point sous ces futaies.

L’évolution est plus prompte à l’obscurité qu’àla lumière ; la raison en est simple : l’un des effetsde la lumière sur les plantes est de décomposer legaz acide carbonique , d’expulser l’oxigène et defixer le carbone, d’où résulte l’endurcissement desparties. Mais l’embryon, pour germer, a besoind’être dans un état de mollesse : au lieu de retenirle carbone et de l’assimiler à sa propre substance, ilfaut qu’il le rejette ; ce qui ne peut se faire qu’au-tant que le carbone, en se combinant avec l’oxigène,forme du gaz acide carbonique : or, la lumière, quitend sans cesse à décomposer et à fixer le carbone,doit nécessairement ralentir la germination.

Il ne semble pas que la terre fournisse par elle-même aucun aliment aux graines; mais elle les re-çoit dane son sein , elle les environne d’une humi-dité bienfaisante, elle les met à l’abri de la lumière,elle les préserve de la chaleur et du froid.

Quant à l’espace de temps nécessaire pour la ger-mination , il varie suivant la nature des graines etles circonstances où elles se trouvent. Les grainesdes graminées germent très-promptement; quelques-unes, telles que le blé, montrent leur plumule enmoins de 36 heures. Les graines des crucifères, deslégumineuses, des labiées , des ombellifères , etc. ,sont un peu plus tardives ; celles du rosier , du cor-nouiller, de l’aubépine, etc., ne germent qu’au boutd’un à 2 ans. Toutes sont plus hâtives quand ellessont semées immédiatement après la récolte : alorsles graines sont encore imbibées des sucs de la vé-gétation; leurs enveloppes sont très-perméables, etieur périsperme est tout prêt à fermenter. Quand lesgraines sont desséchées et racornies par l’âge, onpeut avancer l’époque de leur germination en lesfaisant tremper quelques heures avant de les semerdans de l’eau à une douce température.

J’indique, en parlant de chaque espèce d’arbre ,dans le cours de ce Dictionnaire , le temps que lesgraines restent en terre, suivant qu’elles sont seméesau printemps ou en automne ; mais c’est ici le casde réunir les variations qui existent à cet égard , ensupposant que les graines soient toutes semées à l’é-poque de leur maturité.

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