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Tome second.
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couche ligneuse paraît donc s'épaissir un peu vers lecentre ; mais mie fois qu’elle a pris de la consistance,son calibre ne change plus, et le canal médullairene subit plus de diminution : vérité que le savantM. hnight a fait prévaloir contre l’opinion générale-ment admise qnela moelle, resserrée peu-à-peu parle bois, disparaît loul-à-fait dans les vieux troncs.Ce qui avait donné vogue à cette erreur, c’est que ,dans beaucoup d’arbres, la moelle s'ossifie, pourainsi dire , par les dépôts concrets qui remplissentinsensiblèment ses cellules.

Haies voulant ramener à une cause mécaniquel’inexplicable phénomène de la végétation, voitdans la moelle un ressort qui presse toutes les par-ties et les force de se développer. Linné , déterminésans doute parPopinion d’un si célèbre observateur,déclare que la force vitale de la plante réside essen-tiellement dans la moelle. Mais ces théories pèchentpar la base ; la moelle n’a point l’énergie que Haies et Linné lui attribuent, et les exemples ne man-quent pas d’arbres dont le tronc, réduit, pour ainsidire, à l’écorce, végète encore avec vigueur.

Les expériences de Duhamel et de M. Thouinne confirment pas ce qu’on lit dans quelques an-ciens, que pour obtenir des fruits sans noyau, ilfaut enlever la moelle des arbres fruitiers.

La moelle descend de la tige dans le jiivot de laracine; mais elle n’y pénètre pas très-avant, et l’onn’en trouve aucune trace dans ses subdivisions

Développement et croissance du tronc. — Pouréclairer l’ordre des développemens , prenons l’arbredès sa naissance, et suivons-le dans ses progrès.

Avant la germination, la substance de la phunulen’offre, en grande partie, qu’un tissu cellulaire dé-licat et régulier. A la place où doivent se former leliber et l’étui médullaire, on découvre des tracesmucilagineusesde cambium , premiers linéaniensdutissu que la nutrition doit rendre un jour plus appa-rens.

La germination commence : des trachées , defausses trachées, des vaisseaux poreux s’ouvrent au-tour de la moelle, et constituent l’étui médullaire.Un réseau de cellules allongées, qui reçoit dansses mailles des cellules plus courtes , se produit à lasuperficie de l’étui, et constitue le premier liber. Celiber s’étend , s’amincit, s’endurcit par la végéta-tion , et devient une couche d’aubier; cette couched’aubier acquiert de jour en jour plus de ténacité;les parois des cellules s’épaississent; de gros vais-seaux, dont la formation semble due au retrait desparties environnantes, la parcourent dans toute sonetendue : alors ce n’est plus une couche d’aubier,c’est une couche de bois.

Mais à mesure que ces métamorphoses s’opèrent,et que la couche, devenue à-la-fois plus compacte etmoins épaisse, se détache de l’écorce-, le cambium,ce mucilage organisé, ce tissu cellulaire fluide, sortde l’écorce et du corps ligneux , et reproduit un nou-veau liber, lequel acquiert en vieillissant les carac-tères du bois. À ce liber en succède un troisième, quiéprouve les mêmes modifications; un quatrième vientensuite, puis un cinquième, puis un sixième, etc.,et les couches du corps ligneux vont se multipliantde cette manière, jusqu’à ce que la mort mette fin

Ta mf. II.

à l’épaississement du tronc. Chaquecouche ligneuseest d’ordinaire le produit de la végétation d’une an-née ; par conséquent, plus un arbre sera vieux, plusle nombre de ses couches sera considérable ; etpuisque l’on compte quelquefois plusieurs centainesde couches à la base du tronc, tandis qu’on n’entrouve jamais qu’une à l’extrémité des brandies, ilest clair que chaque couche ne s’étend pas dans toutela longueur de l’arbre; que la base du tronc réunittoutes les couches qui se Sont organisées depuis lagermination, et que l’extrémité des branches nerenferme sous son écorcê que le prolongement dela couche annuelle.

Cette observation nous conduit à expliquer l’ac-croissement en hauteur. Une graine d’arbre germe,le caudex ascendant sort de la terre et pointe versle ciel ; le liber suit ce mouvement d’asèension, dontsa force végétative est la première cause : mais en sedéveloppant, il s’endurcit, êt paralt de jour en jourmoins extensible; enfin, quand il est converti enbois , sa croissance s’arrête , et par conséquentcelle de la jeune tige. La couche ligneuse Forme alorsun cône allongé; elle est revêtue d’un nouveau li-ber, qui s’est organisé à sa superficie, et elle est ter-minée par un bouton, qui reçoit dans son centre l’ex-trémité de la moelle et de l’étui médullaire. Cenouveau liber a, dès son origine, toute l’étenduequ’offre le premierparvenu au terme de son accrois-sement. Il entre en végétation; il s’allonge avec lebouton terminal, et devient un cône ligneux beau-coup plus élevé que celui qu’il recouvre. Un troi-sième liber se développe et dépasse le serond ; il estdépassé à son tour par un quatrième, qui lui-mêmeest recouvert par un cinquième, etc. Chacun de tescônes marque la croissance d’une année. Après 100ans de végétation , il y a cent cônes emboîtés les unsdans les autres , et les espaces compris entre les som-mets de ces cônes indiquent la succession et l’allon-gement des pousses annuelles.

En même temps que le cambium produit le liber,il produit du tissu cellulaire, en sorte que l’enve-loppe herbacée se régénère intérieurement à mesurequ’elle s’use à sa superficie.

Il parait bien que l’allongement et l’épaississements’opèrent dans la racine comme dans le tronc, et queles naturalistes qui ont cru y trouver des différencesnotables se sont abusés.

Nous renvoyons à l’ouvrage même de M. Mirbelpour les connaissances relatives à l’organisation etau développement des tiges des monocotylédons fieque nous en avons déjà rapporté suffit pour donnerune idée sommaire de la différence qui existe, sousces rapports, entre ces plantes et les dicotylédons.

Branches et rameaux . — La tige produit des bou-tons qui contiennent les rudimens des nouvellespousses. Les boutons, en se développant, devien-nent des bourgeons. Ils sont d’abord tendres et her-bacés; mais insensiblement le tissu ligneux s’orga-nise, et les bourgeons se transforment en branches.Les branches, à leur tour, donnent naissance à desboutons, d’où sortent les rameaux.

Les branches et les rameaux, n’étant que des ex-tensions de la tige , sont organisés comme elle.

Les boutons naissent presque toujours dans l’ais-

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