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Tome second.
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jointes à l’eau. Van Helmont et Boyle firent des ex-périences qui les conduisirent à penser que l’eauétait Punique cause de l’accroissement des plantes;80 ans après, W oodward réfuta Van Helmont , etprouva par des expériences comparatives que lesplantes alimentées par l’eau seule n’augmentent pasen poids, à beaucoup près, autant que celles quivégètent dans l’eau mêlée à de la terre , et sur-toutà du terreau. Plus tard enfin, de bonnes analysesont fait voir que l’eau commune tient presque tou-jours en dissolution une certaine quantité de terre,de sels et de matières animales et végétales; queles principes terreux et salins ont une grande affinitépour l’eau; que le chimiste ne parvient pas sanspeine à l’en débarrasser totalement; que toutes cessubstances sont charriées, avec la sève, dans le tissuorganique ; qu’une partie s’échappe par la transpi-ration , et que le reste entre dans la compositiondes principes solides ou ligneux de la plante.

Comme c’est de l’eau que paraît venir tout l’hy-drogène qui existe dans les substances végétales,et que la quantité de ce gaz, comparée à celle del’oxigène, y est quelquefois plus considérable qu’ilne serait nécessaire pour produire de l’eau, les chi-mistes ne doutent pas que ce liquide ne soit décom-posé dans l’acte de la végétation. Ils présument queses élémens, l’hydrogène étl’oxigène, entrent enentier dans la formation des substances végétales.

Le gaz acide carbonique pénètre dans les plantespar les parties vertes et par les racines ; il se dé-compose par l’action de la lumière ; le carbone sefixe, et l’oxigène se dégage en majetire partie.

Une petite quantité d’azote introduite avec l’eauet les matières animales dans le tissu organique,entrant en combinaison avec d’autres principesélémentaires, donne naissance à des substancesazotisées ; et l’oxigène de l’air, s’unissant au carbonecontenu dans le végétal, produit du gaz acide car-bonique , lequel est expiré à l’obscurité ou décom-posé à la lumière.

Ces considérations et les faits développés précé-demment expliquent d’une manière satisfaisantel’utilité des engrais. Ils fournissent aux végétauxdes substances carbonisées et azotisées; ils divisentla terre et favorisent le développement et la multi-ilication des racines ; ils attirent l’humidité de'atmosphère, et probablement ils excitent l’irrita-bilité des organes, et augmentent, par ce moyen , la !succion et la nutrition.

Au reste, les végétaux, ainsi qu’on l’a déjà dit,absorbent indifféremment tous les liquides danslesquels on les plonge, et l’absorption est d’autantplus considérable que la liquidité est plus grande.

Des principes immédiats. — La végétation donnenaissance à des combinaisons chimiques, que l’ondésigne sous le nom de principes immédiats des vé-gétaux. Ces combinaisons sont très-multipliées ;mais jusqu’à ce jour on n’en connaît bien qu’un petitnombre.

Le carbone , l’hydrogène, l’oxigène et l’azote,sont les élémens de tous les principes immédiatsdes végétaux ; on les divise en classes et en ordres ,suivant la nature des élémens qui les composent etla proportion dans laquelle ils sont combinés. (Y. à

cet égard l’ouvrage même de M. Mirbel.) Les prin-cipes immédiats les plus remarquables sont : lesacides végétaux , les gommes , les sucres , la manne ,amidon , le ligneux , les huiles, la cire , le camphre ,les résines , les gommes-résines , le principe vert desfeuilles , l 'opium , l’ indigo , le gluten ou principeglutineux.

Les végétaux contiennent beaucoup d’autresprincipes immédiats ; mais ceux que nous venonsd’énoncer peuvent donner une idée de ce qu’on doitentendre par cette dénomination.

Sève -La sève est, à propremen t parler, le fluide

transparent et incolore que le végétal puise dans lesein de la terre et dans l’air, c’est-à-dire de l’eauqui tient en dissolution un peu de gaz acide carbo-nique , de gaz oxigène , de gaz azote , de terre, desels minéraux et de matières animales et végétales.Elle est mêlée à des principes immédiats, qui dif-fèrent suivant les espèces de végétaux : par exem-ple, la sève de l’orme se compose d’eau, de matièrevolatile, d’acétate de potasse, de carbonate dechaux, de matière végétale, d’un peu de muriate etde sulfate de potasse. V. l’ouvrage de M. Mirbel,relativement aux principes contenus dans la sèvedu hêtre, du charme, du bouleau, du marronnier.

La sève pénètre dans les vaisseaux de l’étui médul-laire et du bois; elle y éprouve un balancementtrès-marqué ; elle se dissipe par la transpiration in-sensible , et se renouvelle par la succion des racineset des feuilles; elle s’élabore en parcourant lesvaisseaux du végétal, se mêle, dans sa route, avecles principes immédiats dont nous avons parlé, etelle forme quelquefoi^nvec les gommes-résines uneémulsion laiteuse; mais, dans ce dernier cas, ellereçoit le nom de suc propre , car les physiologistess’accordent à ne donner le nom de sève qu’à desliqueurs incolores et limpides.

Les arbres contiennent ordinairement plus desève en hiver qu’en été ; mais la sève de l’hiver eststagnante et visqueuse , tandis que la sève d’été estfluide, et qu’elle n’entre dans le végétal que pouren sortir bientôl après par la transpiration: en sorteque, durant quelques heures d’un jour d’été, ilpasse souvent dans les vaisseaux d’un arbre unequantité de sève beaucoup plus considérable quecelle qui est en réserve dans le même arbre duranttout un hiver.

Les forestiers observent que les bois coupés dansla belle saison, sont plus sujets à la vermoulure etplus perméables à l’humidité que ceux que l’on abatau temps du repos de la sève. 11 est probable quecela tient particulièrement à la qualité de ce fluide.V. Ecorcement et Exploitation.

Sucs propres. — Les physiologistes comprennentsous le nom de sucs propres les fluides gommeux ,résineux, oléagineux , etc., qui donnent aux diffèr-rentes espèces une odeur et une saveur particulières,et qui sont contenus tantôt dans des lacunes, tan-tôt dans des vaisseaux, tantôt dans de simples cel-lules de l’écorce et de la moelle. Les sucs propresdes euphorbes, des pavots, des figuiers, des apoev-nées, etc., sont laiteux; celui de la chélidoine estjaune; celui de l’artichaut est rouge orangé; celuide la pervenche est vert; les sucs des conifères ne