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Tome second.
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pin, du bouleau, se gardent mieux dans leurs en-veloppes naturelles que quand elles sont dépouillées.L'humidité et la chaleur sont contraires à la con-servation de toutes.

La grande abondance des graines, et la facultéqu’elles ont, pour la plupart, de se conserver pendantlong-temps, témoignent la prévoyance de la naturepour la conservation des espèces; mais elle a mis.elle-même des bornes à l’énorme multiplication des in-dividus. Une partie des graines sert à la nourrituredes animaux çt k divers usages d’économie.

Beaucoup de semences très-fines et légères sontemportées par les vents ,qui les déposent sur les plai-nes , les montagnes , les édifices , et jusque dans lefond des cavernes.

Des graines et des fruits plus pesans sont munisd’ailes , qui les soutiennent dans les airs et leur ser-vent à franchir des distances considérables : telles•sont les semences de l’orme , du frêne , de l’érable,du pin, du sapin, du cèdre, du mélèze et du tilleul.

Les trombes de vent transportent bien loin dusol natal des graines de toute espèce. Quelquefoisces tourbillons impétueux couvrent to.ut-à-coup lescampagnes maritimesdu midi de l’Espagne de grainesoriginaires des côtes septentrionales de l’Afrique .

Il y a des fruits fermés hermétiquement, et cons-truits de telle manière qu’ils peuvent voguer sur leseaux; les torrens , les fleuves , la mer , les trans-portent à des distances plus ou moins considérables.Souvent les fruits nautiques ont indiqué aux peu-ples sauvages les îles situées au vent des contréesqu’ilshabitajent. Ce futàde pareils indices que Chris-tophe Colomb, voguant vers l’Amérique , reconnutqu’il n’était pas éloigpé du continent dont il avaitdeviné l’existence.

Linné remarque que les animaux travaillent très-efficacement à la dissémination.

L’écureuil et la loxiç à bec croisé sont très-friandsde la graine des pins ; ils désunissent les écailles descônes en les frappant à coups redoublés contre lesrochers, et par ce moyen ils en dispersent les se-mences. Les corbeaux, les rats, les marmottes , lesloirs, transportent des graines et des fruits dans deslieux écartés. Ils en font des magasins sous la terrepour l’arrière-saison ; mais ces magasins sont sou-vent oubliés ou perdus , et les graines germent auretour du printemps. Les oiseaux avalent des baies,dont ils digèrent la pulpe ; ils rendent les grainesintactes et prêtes à germer. C’est ainsi que les gri-ves et d’autres oiseaux déposent sur les arbres lesgraines du gui, qui, privées, comme elles le sont,d’ailes et d’aigrettes , et ne pouvant se développersur la terre , ne se répandent que par ce moyen.Les quadrupèdes granivores disséminent aussi lesgraines qu’ils ne digèrent point. Tout le monde saitque les chevaux infestent les prairies.

La dissémination des graines ferme le cercle dela végétation. Les arbrisseaux et les arbres ontperdu leur feuillage; les herbes desséchées se dé-composent et rendent à la terre les élémens qu’ellesont puisés dans son sein. Cette terre , dans sa tristenudité, semble privée pour toujours de sa brillanteparure, et'cepenuant d’innombrables germes n’atten-dent qu’un ciel favorable pour la décorer encore de,

verdure et de fleurs. Telle est la prodigieuse fécon-dité de la nature, qu’une surface mille fois plusétendue que celle de notre globe ne suffirait pas auxvégétait»,que produiraient les graines d’une seuleannée, si toutes venaient à se développer; mais ladestruction des graines est immense , et ce n’est quele moindre nombre qui se conserve. Ces graines pri-vilégiées], recouvertes de terre ou de dépouilles vé-gétales, ou cachées dans les fissures des rochers,enfin protégées par un abri quelconque , demeurentengourdies tant que règne la froide saison , et ger-ment aussitôt que les premières chaleurs du prin-temps se font sentir.

HUITIÈME SECTION. — ■ des maladies et de

LA MORT DES VÉGÉTAUX.

Comme nous traitons suivant l’ordre alphabé-tique des différentes maladies qui affectent les ar-bres forestiers , nous nous bornerons à rapporter iciquelques observations générales.

Des maladies.

Les plantes, privées de sentiment et par consé-quent de volonté, semblent être, au premier coup-d’oeü, moins exposées que les aniinaux à l’influencedes causes destructives; toutefois il faut considérerque si, d’une part, elles ne vont pas au devant desdangers, d’autre part elles n’ont en elles aucundésir de les éviter, aucun moyen pour les fuir.

C’est sans fondement qu’on a comparé les mala-dies des plantes à celles des animaux, et que sou-vent on les a désignées., les unes et les autres, sousdes noms semblables, puisque les différences dansl’organisation et dans les propriétés vitales occa-sionnent nécessairement des différences essentiellesdans les maladies qui affectent ces deux séries desêtres organisés.

Plusieurs causes concourent à altérer la santé desvégétaux. La connaissance de ces causes et des af-fections morbifiques qu’elles, produisent constituela pathologie végétale, science beaucoup plus con-jecturale encore que la pathologie animale.

La nature du soi est une des principales causesdes maladies des plantes. Un sol très-maigre neporte que des individus chétifs ; les arbres qui ynaissent, n’y trouvant point d’aliment , éprouventavant l’âge les infirmités de la vieillesse ; leur écorcese couvre d’érosions cancéreuses ; leurs branches sedessèchent ; leur tronc se dégarnit, ou, comme ondit, se couronne; leur tissu contient peu de car-bone et beaucoup de matières terreuses et alcalines.

Quelquefois l’excès des sucs nutritifs, en forti-fiant l’individu, nuit à la reproduction de l’espèce.Dans une terre très - riche , les arbres fruitierspoussent de longues branches chargées d’un grandnombre de feuilles, les céréales produisent deschaumes élevés et vigoureux; mais les uns et lesautres ne donnent qu’une très - petite quantité defieu rs.

Quand les sucs se portent en trop grande abon-dance aux organes de la génération, ils transformentles étamines et les pistils en pétales , et rendentles plantes infécondes.