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Tome second.
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qile cbmme de. simples individus, on serait naturèl-lerilènt'HÏdüil'à penser qù’etteVnè' périssent que <lemaladies ou d’acçidens et ne sont point sujettes à làmort de vieillesse ; mais des réftexioris plù^-profon-des apprennent qu’il faut distinguer dans touteplante vivace où ligneuse la partie qui vit et végèteactuellement, des parties plus anciennes qui ont cessédè t^géter pt‘de vivre.

Les' plantes ont deux modes de génération : lagénération par graines et la génération par dévelop-pémérit'continu dé’parties semblables.

Le premier mode nous présente dans une graineun embryon, nouvel individu tout-à-fait isolé del’individu qui lui a donné la vie ; le second mode ,une sérié d’individus qui , naissant à la superficiele^ims des autres , se succèdent sans interruption,et peuvent souvent demeurer unis. Que les indi-vidilÿ proviennent de génération par graines ou degédératiùii par développement continu , il est de faitque, dans l’un et l’autre cas, ils ne sauraient se sous-traité à ri l’influencê du temps ; mais la succession desindividus ou la race, quelle que soit son origine ,ne pèut éprouver les atteintes de la vieillesse, etelle'se crtnserve tant qu’élle n’est pas détruite pardes Causés accidentelles.

Essayons de faire l’application de ces lois géné-rales.

Toutes les parties d’une jeune herbe sont suscep-tibles d’accroissement : les cellules et les tubes, d’a-bord très-petits, se dilatent bientôt dans tous lessens; ensuite leurs parois membraneuses, pénétréespar les sucs nutritifs, se fortifient, s’épaississent, etpèrdent insensiblement leur première souplesse.Une fois les membranes endurcies, l’irritabilité s’é-teint, les opérations vitales cessent ; plus de nutri-tion, plus de croissance, et la plante, incapabled’opposer aucune résistance aux agens destructeursqui l’attaquent sans relâche , ne tarde pas à se dé-composer.

Les mêmes causes amènent de semblables résul-tats dans les tiges herbacées des plantes vivaces ;mais leurs racines se régénèrent par développementcontinu.

C’est aussi une génération du même ordre qui re-nouvelle la vie des arbres et des arbrisseaux 5 leurliber représente une plante herbacée, et n’a, commeelle , qu’une végétation très-courte. Si les espècesligneuses recommencent à végéter au retour de labelle saison , c’est parce qu’un nouveau liber, douédé toute l’énergie vitale d’une herbe naissante,remplace, sous l’écorce, l’ancien liber endurci ettransformé en bois.

Les ifs du comté de Surrey , qui existaient déjà ,à.ce qu’on croit, du temps de Jules-César , et quiont 2 mètres de diamètre ; les cèdres de i) mètres detour, que notre savant Labillardière a mesurés surle Liban ; les figuiers du Malabar , qui , suivantRtlmphe', ont communément de 16 à 17 mètres decirconférence ; les énormes châtaigniers du montEtna , dont Un entre autres, au rapport de Koiiel,a un diamètre de près de 17 mètres ; les céibas de lacôte occidentale de l'Afrique , si épais et si élevés ,que les indigènes en font des pirogues d’une seulepièce , de 3 à 4 inètres'de large sur 18 à 20' mètres

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de long ; les baobabs du Sénégal et des îles de iuMagdeleine, qui ont de 10 a 12 mètres de diamè-tre, et qui , s’il faut en croire les calculs d’Adan-son, n’auraient pas moins de 5 à 6 mille ans d’an-tiquité: tous ces arbrei gigantesques , de même queles moindres arbrisseaux, végètent uniquement parla lame herbacée qui se produit, chaque année , àla superficie interne de leur écorce. Les couches su-perposées des anciens libers constituent la masse ducorps ligneux , squelette sans vie, dont lés fonctionsse Dornent à servir de support aux parties jeuneset à leur transmettre les sues nutritifs ; encore mêmepour remplir ces fonctions, u’est-il pas nécessaireque le bois subsiste tout entier. Des saules , deschâtaigniers creux , continuent de végéter vigou-reusement; mais quelque robustes que soient ces ar-bres , ils périraient bientôt si on les dépouillait deleur écorce.

Maintenant, pour peu que l’on y réfléchisse , onverra que la longue vie de la plupart des arbres, etl’immortalité qui semble avoir été départie à quel-ques-uns d’entre eux et à toutes les herbes vivaces,ne contrarient point la loi générale , selon laquelletout individu organisé doit périr dans un espace detemps déterminé , puisqu’il est de fait que les par-ties anciennes des racines des plantes vivaces se dé-truisent continuellement dans le sein de la terre, etque les couches ligneuses des troncs ne sont autrechose qu’une suite de générations accumulées quiont cessé de végéter et de vivre.

Telle est l’idée philosophique qu’il convient d’a-dopter touchant la vie et la mort, dans les êtres quise régénèrent sans cesse par le développement suc-cessif des parties semblables et continues.

Et remarque? que le liber qui se forme sur untronc de plusieurs siècles, quand d’ailleurs ce troncn’a pas subi d’altération , jouit d’une force végétative(jui n’est pas moindre que celle du liber d’un arbreà sa première année ; et qu'une branche saine et bienvenue, détachée d’un arbre antique , mais vigou-reux, donne une bouture aussi belle que celle quiest prise sur tin jeune arbre, en sorte que par lemoyen des boutures , sans le secours de la graine ,on pourrait conserver l’espèce. D’où il est juste de< onclure que, dans l’ordre naturel, la générationpar développement continu ne s’arrêterait jamais, sii’accroissement démesuré des branches et du tronc,l’endurcissement du bois et l’obstruction des ca->naux qui le parcourent, ne mettaient obstacle à lamarche de la sève, et par conséquent à son accèsjusqu’au liber.

Ainsi , pour me résumer, ce qu’on nomme, dansles arbres, mort de vieillesse est, à proprement par-ler, l’extinction de la race, suite inévitable de lamort prématurée du liber, occasionnée par la pri-vation des substances nutritives.

On a indiqué en général trois époques dans la du-rée des arbres : l’enfance, l’âge mûr et la vieillesse.Dans l’enfance , l’arbre acquiert de jour en jourplus de vigueur ; dans l’âge mûr, il se soutient sansperdre ou gagner sensiblement; dans la vieillesse ,il dépérit. Ces trois époques varient pour chaque es-pèce , suivant le sol , le climat, l’exposition et lesqualités individuelles. Le chêne commun subsiste