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6 à 900 ans; ses époques de végétation sont envi-ron de •>. à 3 siècles chacune. On remarque qu’ildure moins long-temps dans un terrain humide quedans un terrain sec. 11 en est de même du châ-taignier.
Chaque espèce demande , pour son parfait déve-loppement, une certaine température comprise en-tre des limites plus ou moins resserrées.
Le chêne commun , le pin, le sapin, le bou-leau, etc. , prospèrent vers le nord; le frêne, l’oli-vier , etc. , se plaisent dans les climats chauds del’Europe ; le baobab, le céiba, les palmiers, etc., nevégètent avec vigueur qu’entre les tropiques.
Suivant M. Davy, les quantités respectives decharbon que fournissent les divers bois offrent unindice assez exact de leur longévité. Ceux dans les-quels la matière charbonneuse et la terre abondentsont les plus durables , et ceux dans lesquels ontrouve en plus grande proportion les élémens ga-zeux sont les plus destructibles. Cette règle peutêtre applicable à nos arbres indigènes; mais je douteque le baobab , le céiba et beaucoup d’autres ar-bres des tropiques , dont le bois est d’un tissu ten-dre et lâche, donnent, à masse égale , autant decharbon que nos chênes, nos châtaigniers , nos or-mes, quoiqu’ils durent bien plus long-temps.
M. Davy pense aussi que les arbres de mêmes es-pèces atteignent à un âge plus avancé dans le nordque dans le midi , parce que le froid prévient la fer-mentation et la décomposition ; mais tout arbre ré-siste long-temps quand il est dans le climat quiconvient le mieuxàsa nature. L’opinion de M.Davyne serait fondée que si les espèces végétales dont ils’agit étaient organisées de telle sorte qu’elles pus-sent supporter tous les climats , et que leur duréelût constamment plus longue vers les pôles que versla ligne. Je crois bien qu’il est plus commun detrouver de vieux chênes et de vieux pins dans lenord que dans le midi de l’Europe ; mais certaine-ment les Irènes de la Prusse et de l’Angleterre ontune vie moins longue que ceux de Calabre et de Si-cile . Ces phénomènes ont pour cause la nature par-ticulière des espèces, laquelle nous est tout-a-faitinconnue.
A mesure qu’un arbre grossit, les vaisseaux deses couches ligneuses s’obstruent, et la sève circuleavec plus de difficulté ; par cette raison, la succionet la transpiration ne sont plus aussi considérablesque dans la jeunesse, en raison du volume de l’in-dividu ; le liber est moins vigoureux ; les boutons etles racines qu’il produit sont faibles et en petit nom-bre ; les branches se dessèchent ; le tronc se cou-ronne; l’eau séjourne dans les plaies qui se forment;le bois tombe en pourriture. Dès-lors , le nouveauliber, l’herbe annuelle des végétaux ligneux, n’aplus la force de se régénérer; tout développementcesse et l’arbre meurt.
L’arbre mortse couvre de puccinia , de mucor, desphœria , et autres plantes cryptogames; il attirel’humidité et s’en pénètre, non plus comme autre-fois par la force de succion de ses organes , mais parla propriété hygrométrique qu’il doit à sa structureporeuse et à l’action chimique des élémens qui lecomposent 5 l’oxigène de l’air brûle une partie de
sa substance, de l’eau se forme, du gaz acide car-bonique se dégage; le reste se révluit en humus,substance pulvérulente, brune, onctueuse, émi-nemment fertile, où se retrouvent, en des proportionsdifférentes, les mêmes principes que dans les végé-taux , et qui est douée de la propriété de décomposerl’air et de se combiner avec l’oxigène.
Ainsi finissent les plantes selon l’ordre régulierdes choses ; la terre, qu’elles embellissaient au tempsdeleur végétation, s’enrichit de leurs dépouilles; de sgermes vigoureux, déposés dans son sein , font suc-céder d’autres générations à celles qui viennent des’éteindre, et la mort des individus est comme ungarant de la jeunesse éternelle des races.
NEUVIÈME SECTION. — considérations sur
LA VÉGÉTATION, NOTAMMENT EN CE QUI CONCERNE
LES FORÊTS.
Nous venons de présenter un extrait des savantesleçons de M. Mirbel sur l’anatomie et la physiolo-gie végétale. Cette belle et intéressante partie deson ouvrage est terminée par des considérations gé-nérales sur la végétation. L’auteur y passe en revueles plus importantes questions sur le rôle que jouela végétation dans la physique générale de notreglobe; il recherche quelles lois président à la répar-tition des diverses races de végétaux sur la terre;quelle influence le climat, la hauteur, l’exposition,lo sol , exercent sur ces êtres organisés ; comment,à leur tour, les plantes modifient la couche super-ficielle du sol, la température qui résulte de la la-titude ou de l’exposition, et la constitution de l’at-mosphère.
Il fait remarquer que les plantes ont toutes lapropriété de se propager à l’infini ; qu’elles diffè-rent non moins les unes des autres par leur struc-ture interne que par leurs formes extérieures; quechacune a ses besoins, et pour ainsi dire ses habi-tudes et son instinct particulier : les unes sont pro-pres aux montagnes, d’autres aux vallées, d’autresaux plaines; à celles-ci convient un sol argileux, àcelles-là un sol quartzeux. 11 en est qui viennentdans les eaux et les marais ; il en est qui deman-dent une température très-élevée; d’autres qui seplaisent dans des climats doux et tempérés ; d’autresqui ne prospèrent qu’au milieu des glaces et des fri-mas. Un grand nombre veulent uneatmosphère tou-jours humide ; plusieurs réussissent assez bien dansun air sec; la plupart craignent également la séche-resse et l’humidité, beaucoupvégètentavec vigueurquand elles sont exposées à l’action d’une vive lu-mière; beaucoup aussi cherchent de préférence unelumière diffuse. Il suit de cette variété de besoin quepresque toute la surface du globe est couverte devégétaux.
Certaines espèces de végétaux habitent exclusi-vement certaines contrées, et. leur donnent un as-pect particulier.
La végétation des pays situes entre les tropiquesa un air de vigueur et de majesté qui frappe d’admi-ration le voyageur européen . Le nombre des espècesligneuses, comparé à celui des espèces herbacées,est beaucoup plus considérable vers l’équateur qu’enEurope , et les arbres dicotylédons se distinguent