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Tome second.
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A mesure que l’on s’approche du pâle, on ob--iorve que l’aspect de la végétation change. Les es-pèces qui demandent la douceur des climats tempé-r;s font place à celles qui se plaisent dans les climatstroids. Les forêts se peuplent de pins , de sapins, debouleaux, parures naturelles des régions hyperbo-reennes. Le bouleau est, de tous les arbres, celuiqui brave le plus long-temps la rigueur de la tem-neraturej mais plus il avance vers le pôle, et moinsil prend de développement ; son tronc et ses bran-dies deviennent noueux ^-t rabougris; enfin , vers le70°, limite où l’homme se voit contraint de renon-cer à la culture des céréales, sa végétation s’arrêteabsolument. Au-delà, on ne rencontre que des ar-brisseaux, des arbustes et des herbes. Les rochers secouvrent de serpolet, de daphné, de saules rampanset de framboisiers sauvages. Les arbrisseaux dispa-raissent à leur tour, et sont remplacés par des her-bes basses et minces, des saxifrages, des lichens,etc.

Trois causes principales amènent ces changemensprogressifs : i». la longueur excessive des hivers,causée par l’obliquité et la disparition des rayonssolaires ; 2“. la sécheresse de l’air, suite de l’abais-sement de la température ; 3 °. l’action prolongéedelà lumière, qui, à l’époque de la végétation ,éclaire continuellement l’horizon. Voici te textemême des observations deM. Mirbel sur les effetsqui résultent de ces trois causes.

Nul doute qu’une température trop basse, en con-gelant la sève, n’occasionne la rupture du tissuvasculaire des végétaux, et, par cette raison, ne lestasse périr; mais l’action nuisible du froid 11e seborne pas à des effets purement mécaniques : il estprouvé que la chaleur est un stimulant indispensa-ble à la végétation. Plusieurs espèces élaborent, dansles pays chauds, des sucs dont elles sont privéesdans les pays froids. Le frêne donne de la manne enCalabre , il perd cette propriété vers le nord. Lesfruits de la vigne forment beaucoup de matière su-crée dans le midi de l’Europe , tandis que dans Lenord ils contiennent un excès d’acide. Tant que lesfonctions organiques qui dépendent de l’intensitéde la chaleur ou de sa durée peuvent s'exécuter, lefrêne et la vigne se développent même lorsque cesfonctions ne s’exécutent point dans toute leur plé-nitude; mais leur croissance est gênée. Enfui, ilsdisparaissent quand la chaleur du climat, assez con-sidérable encore pour empêcher la congélation deleur sève , ne l’est plus assez pour exciter l’irritabi-lité de leurs organes. Tous les autres végétaux, qui,par leur dimension et leur durée, sont exposés a larigueur des frimas, subissent le même sort, plusprès ou plus loin de la zone équinoxiale, selon queleur tempérament exige plus ou moins de chaleur.Il ne peut donc se trouver vers le pôle que des ar-brisseaux nains, abrités sous la neige pendant lafroide saison; que des herbes annuelles ou vivaces ,douées d’une telle activité vitale, qu’en moins detrois mois elles peuvent germer, fleurir et fructi-fier; que des agames et des cryptogames, qui s’ac-commodent de toutes les températures, et sont parconséquent les dernières formes organiques souslesquelles se manifeste la vie végétale.

La chaleur et l’humidité réunies sont très-favo-

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râbles au développement des plantes. Quelles con-trées plus herbeuses et plus boisées que le Sénégal ,a Guinée , la Guiane^. où régnent,si puissammentces deux soutiens de la végétation.! Les expériencesfaites par le moyen de l’kygromètre prouvent qu’wngénéral l’humidité atmosphérique est d’autant plusgrande que l’on approche davantage de l’équateur.Dans les climats chauds, lorsque le soleil s’abaissesous l’horizon, les vapeurs aqueuses, secondensantet retombant en rosée, humectent la surface desfeuilles et nourrissent les végétaux dans lesqnels lasuccion des parties supérieures suffit à l’entretiende la vie. De ce nombre sont les plantes grasses :lesaloès, les cierges, \e$ mesembryanthemum, cpie\-ques euphorbes, etc. Leurs racines fibreuses ne ser-vent qu'à les fixer au sol; mais leurs tiges spon-gieuses aspirent et retiennent l’humidité de l’atmo-sphère. Ainsi, dans les immenses plaines où se ver-sent les eaux des pentes orientales de la chaîne desAndes , quand les chaleurs dévorantes de l’été ontconsumé les graminées et les autres herbes qui s’é-laient développées durant la saison des pluies, onvoit encore çà et là quelques cactus, qui, sous uneécorce chargée d’épines, recèlent un tissu cellulaireimbibé d’une sève abondante. Mais dans les con-trées où l’atmosphère ne tient en évaporation quepeu d’humidité, soit parce que le sol est tout-à-laitdépourvu d’eau, soit parce que la température ha-bituelle est très-basse , la végétation est nulle ou secompose seulement de quelques espèces d’un tissusec et dur. Les sables de l’Afrique , que n’arrose au-cun fleuve, sont d’une absolue stérilité. Le Spitz-berg, la Nouvelle-Zemble , leKamscliatka, etc., oùle soleil ne fait sentir son influence que deux moisau plus dans le cours de l’année , et où, par consé-quent , l’air est dans un état habituel de sécheresse,ne produisent qu’un très-petit nombre d’herbes oud’arbrisseaux peu élevés, à feuilles étroites et co-riaces. Sans doute, la sécheresse n’est point ici l’uni-que cause de celte dégradation végétale ; mais ellesuffirait seule pour la produire ; car il est certain queles plantes 11e prennent de hautes tiges et de largesfeuilles, qu’autant qu’elles trouvent dans l’atmo-sphère une nourriture abondante, et cette nourritureest l’eau réduite en vapeur que l’air tient en sus-pension.

Les végétaux privés de lumière s’allongent, pous-sent des tiges grêles et blanchâtres, ont un tissu lâ-che, et ne prennent aucune consistance; en un mot,ils s’étiolent. L’effet des rayons lumineux sur cesêtres organisés consiste particulièrement à séparerles elémens de l’eau et de l’acide carbonique qu’ilscontiennent, et à dégager l’oxigène de ce dernier.Le carbone de l’acide, avec l’hydrogène et l’oxi-gène de l’eau, produit les gommes, les résines,les huiles, qui coulent dans les vaisseaux, ou quiremplissent les cellules. Ces. sucs nourrissent lesmembranes et les amènent à l’état ligneux, résul-tat d’autant plus marqué que la lumière est plusvive, et que son action est plus prolongée. L’obscu-rité et la lumière produisent donc sur la végétationdeux effets absolument opposés. L’obscurité, enentretenant la souplesse des parties végétales, favo-rise leur allongement ; la lumière, en aidant à leur