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tris, et le pin mugho s’établissent entre 2,000 et2,400 mètres.
Là, s’arrêtent les arbres et commencent les ar-brisseaux à feuilles sèches et à tiges basses ou mêmerampantes, qui restent cachés sous les neiges pen-dant l’hiver. Cesonttles rhododendrtim, des daphne,des passcrina, le globularia reperts, les salix her-bacea et reticulata, etc.
Bientôt après 011 rencontre de petites herbes à ra-cines vivaces, à feuilles en rosette et à hampe nue.Elles parviennent, avec les lichens et les byssus,jusqu’à 3 ,coo et même 3 , 4 oo mètres. On aperçoitd’abord le gentiana campestris, le primula villosa,les saxifraga longifolia, aizoon, etc.; puis les ranun-culm r alpestris, nivalis, parnassifolius, Varetia al-pina, et enfin le ranunculus glacialis, et les saxi-fraga cespitosa, oppositifolia, androsacea, groen-landica. Ces dernières plantes arrivent jusqu’aupied des glaces éternelles.
Les Alpes ont offert aux botanistes qui les ont vi-sitées des phénomènes qui correspondent parfaite-tement à ceux que M. Raxnond a remarqués dans lesPyrénées. Mais il était réservé à MM. de Humboldt et Bonpland de nous montrer les modifications suc-cessives de l’organisation végétale sur les plus hau-tes montagnes que l’on connaisse, et dans une descontrées les plus chaudes et les plus fécondes de laterre.
La végétation des régions équinoxiales de l’Amé-rique se déploie aux yeux de l’observateur, sur lesgradins d’un immense amphithéâtre, dont la bases’enfonce sous les eaux de l’Océan , et dont le som-met rencontre, à 5 ,000 mètres au-dessus du niveaude la mer , la limite inférieure des glaciers qui cou-ronnent les Andes. 11 existe donc en Amérique des espèces végétales à 16011 t ,800 mètres plus hautque la ligne où finit la végétation des Pyrénées etdes Alpes . Cette différence dépend non-seulementde la latitude , mais encore, selon la remarque im-portante de M. Ramond, de l’étendue transversale,ou, si l’on veut, de l’épaisseur de la chaîne desmontagnes. L’influence de l’air et de la températuredes plaines se fait sentir dans des chaînes de peud’épaisseur, comme sont celles d’Europe , et tendsans cesse à y confondre les limites des différentesespèces végétales; mais il n’en est pas de même dela chaîne des Andes , qui a de 48 à 60 lieues d’éten-due transversale. Il faut dire encore, à l’avantagedes observations de MM. Humboldt et Bonpland ,que, comme ils les ont faites sous l’équateur, ils ontsuivi toute la série des modifications qui se mani-festent entre les deux extrêmes de température à lasurface de la terre; tandis que les autres botanistes,n’ayant visité que les montagnes septentrionales del’ancien continent, n’ont pu observer que les mo-difications comprises entre la température moyenneet le froid extrême.
Au Mexique, de même qu’en Allemagne , en An-gleterre et en Italie , des plantes qui cherchent tou-jours les ténèbres et l’humidité, les boletus cerato-phorus et botrytes, le lichen verticillatns , le gymno-derma sinuata, et le byssus speciosa , s’attachent auxvoûtes des cavernes, et aux pièces de bois qui sou-tiennent les travaux des mineurs. Ces espèces im-
parfaites, cachées dans les entrailles de la terre ,composent la zone la plus basse de la végétation.
Viennent ensuite les plantes d’eau douce et d’eausalée. Un grand nombre habitent indifféremmenttoutes les latitudes, parce que le milieu dans lequelelles sont plongées conserve une température pluségale que celle de l’atmosphère. Le lemna rninor etle typha latifàlia croissent dans les marais de l’Asie ,de l’Europe , et de l’Amérique septentrionale. Letypha latifoliav ient mêmeà la Jamaïque, à la Chine et au Bengale. 11 n’est peut-être aucune contrée duglobe où l’on ne trouve le sphagnnm palustre. Cetteindifférence pour le climat est plus sensible encoredans les plantes marines, telles que les fucus, lesulves, les ceramium. Le fucus natans, qui se déta-che des rochers et forme des bancs d’une étendueimmense à la surface des eaux de l’Océan, embar-rasse et retarde la marche des navires vers les pèles,aussi bien que sous l’équateur. Du niveau de l’Océanjusqu’à la hauteur de 1,000 mètres, croissent lespalmiers, les liliacées, les musacées, les amomées,le theophrasta , le plumeria , le rnussenda, le cœsal-pinia , 1 e cecropia peltata , l 'hymencea, le baume To-iu , le cusparé ou quinquina de Carony , et une fouled’autres espèces qui ne végètent qu’à une hautetempérature. Cette zone est celle des palmiers. Lespalmiers se font distinguer par l’élégance et la ma-jesté de leur port ; ils sont un des principaux orne-mens des plaines brûlantes situées entre les tropi-ques. Cependant quelques-uns prospèrent dans desrégions moins chaudes. Le ceroxylon andicola ,magnifique palmier de 60 mètres de haut, ombrageles Andes deQuindiuet deTolima, sous le 4 °. 25 min.de latitude boréale, à partir de x,860 mètres jus-qu’à 2,870 mètres au-dessus de l’Océan , élévationoù la chaleur de l’atmosphère est très-modérée. Uneautre espèce de cette famille a été trouvée au détroitde Magellan , vers le 53 e degré parallèle sud. Dansnotre Europe , sur les côtes de la Méditerranée, nonloin des bases des Pyrénées orientales , nous voyonsdeux espèces de palmiers, le chamœrops et le dattier,s’avancer sous le 48 e . degré parallèle nord. Maisces faits sont des exceptions; les palmiers, en géné-ral, sont confinés dans les pays les plus chauds dumonde, et il ne s’en rencontre aucun vers les con-trées polaires.
A la zone des palmiers et des amomées succède lazone des fougères arborescentes et des quinquinas.Les fougères commencent à 4 °° mètres, et finis-sent à 1,600. Les quinquinas montent jusqu’à 2,900mètres. Les chênes paraissent à 1,700 mètres. Us sedépouillent chaque année de leur feuillage, et leurbourgeonnement périodique rappelle à l’Européenerrant sur cette terre lointaine le doux printempsde sa terre natale.
La végétation des arbres cesse à 3 , 5 oo mètres, etles arbrisseaux, qui jusqu’alors n’avaient joué qu’unrôle secondaire, s’emparent du sol.
Beaucoup plus bas, à 2,000 mètres environ, semontrent déjà des gentianes, des lobelia , des renon-cules, etc., qui correspondent à nos plantes alpines.Elles se soutiennent jusqu’à 4 ) 100 mètres.
A cette hauteur on la neige tombe de temps entemps, la famille des graminées, dont les espèces