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nombreuses se mêlent à la végétation des gradinsinférieurs, commence à régner seule. Les averta ,les agrostis, les dactylis , leapanicum, les stipa , lesjarava , etc,, couvrent les montagnes et ne s’arrêtentqu’à 4,600 mètres, limite de la végétation des phé-nogames.
Au-delà , et jusqu’aux neiges perpétuelles, il n’ya plus quedes byssus , des hypoxylées et des lichens.Ainsi les moindres plantes dans l’ordre de la perfec-tion Organique, occupent la base et le sommet decet immense amphithéâtre, dont les gradins inter-médiaires sont ornés de tout ce que le règne végé-tal produit de plus riche et de plus varié.
Beaucoup de plantes imparfaites croissent dans lescirconstances les moins favorables à la végétation.L’absence totale ou l’excès de la lumière, une hu-midité ou une sécheresse extrême ; des chaleurs dé-vorantes ou d’horribles froids; la privation absoluede terre végétale et la diminution sensible du car-bone, ne sont point des obstacles au développementde ces espèces rustiques ; aussi ne sont-elles pasd’une médiocre importance dans l’économie géné-rale de la nature. Elles défrichent le sol et commen-cent la végétation.
Les lichens les plus grossiers, des lepraria, des•verrncaria , des lecidea , etc., croûtes organisées,peintes de diverses couleurs, rongent, creusent etlabourent la surface des rochers auxquels ils s’atta-chent. Le temps réduit ces lichens en poussière. Ilssont remplacés par des gyrophora , des ccnomyce ,des stereocolon , etc., autres lichens d’un ordre plusrelevé, et par des mousses élégantes qui semblentêtre des arbrisseaux et des arbres en miniature.Tous ces végétaux, en se décomposant et se renou-velant durant une longue suite d’années, formentsur la pierre une légère couche d’humus, dans la-quelle s’implantent des phénogames herbacées tellesque certaines espèces de graminées, de sedum , dçsaxifrage, de draba , d’absinthe, etc., à petitesleuiiles , à tiges grêles et basses. Les générations sesuccèdent et la couche d’humus augmente. De hau-tes herbes, des arbustes, des arbrisseaux, prennentplace sur ces rochers devenus fertiles, t.nfin, desgraines d’arbres , transportées par les animaux, leseaux ou les vents, s’y développent, et voilà peut-être les premiers babitans d’une forêt qui devra quel-ques jours ombrager une immense étendue de pays.
Les lichens ne peuvent végéter sur des sables mo-biles; mais les graminées et les cypéracées, qui 11esont guère moins rustiques que les lichens, four-nissent des espèces gazonncuses, dont les racines,composées d’une innomblable quantité de fibres me-nues, s’enlacent les unes dans les autres et retien-nent les sables que les aquilons soulevaient aupara-vant comme des Ilots orageux. Une fois le sol fixé,les végétaux de toute grandeur y prospèrent. A l’i-mitation de la nature, l’Européen industrieux sesert de Ve^ymus arenarius, du bromus arenarius,e te.,pour enchaîner les dunes qui menacent les campa-gnes au voisinage de la mer. V. Dunes .
l.es plantes aquatiques, les myriophyllum , lesprêles, les potainogétons, lesnénupliais, les typha,les scirpus , les butomus , les lentilles d’eau, lessphagnum , les conferves, etc., exhaussent insensi-
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blement le fond des marais et des lacs. Les eauxgagnent en surface à mesure qu’elles perdent enprofondeur, et quelquefois elles s’épanchent de côteet d’autre; et même elles finissent par disparaîtrequaud les sources qui les alimentent ne suffisentplus pour contre-balancer la perte occasionnée parL’évaporation, laquelle, comme l’on sait, aug-mente en proportion de la surface.
Il arrive aussi que certaines espèces, et notam-ment les sphagnum, se soutiennent sur les marais etles lacs, et y forment des îles et des presqu’îles flot-tantes, dont l’étendue et l’épaisseur s’accroissentde jour en jour par l’accumulation des débris desplantes qui végètent à leur superficie. Ce sol facticest- couvre de prairies, d’arbrisseaux, d’arbres même ;mais il se rompt quelquefois sons le poids qui le char-ge, et il s’abîme au fond des eaux. Ces phéno-mènes ne sont point rares en Prusse, en Lithua-nie , et dans les autres pays du Nord. Ils changentplus ou moins la surface du sol, et même, en decertains cantons, ils peuvent modifier sensiblementla température et les qualités de l’atmosphère ; maisleur influence ne s’étend guère au-delà des lieux oùils se manifestent. Il n’en est pas ainsi des grandesréunions d’arbres connues sous le nom de forêts :leur influence se fait sentir au loin.
Un effet ordinaire de la présence îles forêts, c’estde produire un abaissement dans la températureplus considérable que celui qui résulte du degré delatitude. Lorsque la Gaule et la Germanie étaientcouvertes de bois, l’Europe était beaucoup plusfroide qu’elle ne l’est aujourd’hui; les hivers de l’Ita-lie se prolongeaient davantage ; l’on ne pouvait cul-tiver la vigne au-delà de Grenoble, la Seine gelaittous les ans. Les côtes de la Guiane que les Euro-péens ont défrichées, éprouvent en été les chaleursdévorantes du soleil de la zone torride, et, dans lamême saison, l’intérieur des terres est rafraîchi à telpoint par la présence des forêts, que souvent l’on nesaurait y passer la nuit sans abri ou sans feu.
Les causes de cet abaissement de températuresont évidentes. Les forêts arrêtent et conduisent lesnuages; elles répandent dans l’atmosphère des tor-rens de vapeurs aqueuses; les vents ne pénètrentpoint dans leur enceinte; le soleil ne réchauffe ja-mais la terre qu’elles ombragent. Cette terre poreuse,formée en partie de feuilles, de branches, de troncsdécomposés, et recouverte d’un lit épais de brous-sailles et de mousses, retient une humidité perpé-tuelle. Les lieux bas servent de réservoirs à deseaux froides et stagnantes; les pentes donnent nais-sance à des ruisseaux sans nombre; aussi les con-trées les plus boisées de la terre sont-elles arroséespar les plus grands fleuves.
A mesure que l’hornme , qui se trouve à l’étroitdans les pays d’ancienne culture, recule les limitesde son domaine, en dépouillant le sol de ses anti-ques forêts, les vents et le soleil dissipent l’humi-dité surabondante ; les sources se tarissent; les lacsse dessèchent; les inondations ressent ou se portentà de moindres distances ; la niasse d’eau que roulentles fleuves diminue; l’atmosphère se réchauffé ets’assainit. On ne saurait nier ces résultats, et sansparler des nombreux exemples que nous offre l’his-