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Tome second.
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toire, il-euffit da citer les États-Urfis de l’Améri-qüe. C’est un-fait avéré que les défrichemens queles colonies européennes y ont commencés dans lesdeux siècles derniers, et qu’elles continuent sansrelâcheront occasionné une diminution notable dansla qnantilé des eaux, et une élévation sensible de’ampérature. Ainsi les défrichemens peuvent tour-ner au profit de l’espèce humaine. Mais lorsque ,par suite d’une insouciance aveugle ou d’un égoïsmebrutal, les hommes détruisent sans réservé toutesles forêts d’une contrée, le sol, privé de l’humiditénécessaire au maintien de la Végétation, devientd’une affreuse stérilité. Les lies du Cap-Vert , jadisrafraîchies par des sources nombreuses, et couvertesde grandes forêts et de hauts herbages, ne présen-tent guère maintenant aux regards de l’observateurque des ravins à sec et des rochers dégarnis de terrevégétale, où croissent de loin en loin des herbes du-res , des arbrisseaux rabougris, et quelques plantesgrasses, telles que des caca lia, des euphorbes, desaioès, des yucca } des mesembryanthemum et descierges. L’Ile-de-France , autrefois si productive,est menacée d’une pareille stérilité, si une adminis-tration sage ne se hâte de mettre des bornesaux dé-frichemens qui se poursuivent sur tous les pointsavec une activité effrayante.

C’est sur-tout dans les pays montueux que la des-truction des arbres a des suites funestes. Les forêtsqui Ceignent les plateaux supérieurs, protègent lescampagnes situées au-dessous d’elles; mais si l’on yporte indiscrètement la hache , les pluies délaient et(Mitraillent les couches de terre végétale que les ra-cines ne consolident plus; les torrens ouvrent detous côtés de larges et profonds ravins ; les neiges ,amoncelées sur les sommets durant l’hiver, glissentle long des pentes au retour des chaleurs ; et commeces énormes masses ne trouvent point de digues quiles arrêtent, elles se précipitent avec un bruit ef-froyable au fond des vallées, détruisant, dans leurchute, prairies, bestiaux, villages, habitans. Unefois le roc mis à nu , les eaux pluviales qui pénètrentdans ses fissures, le minent sourdement; les fortesgelées le délitent et le dégradent ; il tombeen ruine,et ses débris s’accumulent à la base des montagnes.Le mal est sans remède : les forêts bannies des hau-tes cimes n’y remontent jamais; les lavanges et lesébbulemens qui se renouvellent chaque année,changent bientôt en des déserts sauvages des val-lées populeuses et florissantes.

La lumière, la chaleur et l’oxigène décompo-sent l’humus que les plantes herbacées produisentsur les terrains découverts ; tandis que celui qui seforme à l’ombre des forêts, garanti par elles de l’ac-tion des agens destructeurs, s’augmente chaquejour non-seulement des dépouilles des végétaux,mais encore de eelles'des animaux de tous genres,qui cherchent un refuge dans les lieux solitaires.Voilà pourquoi les terres nouvellement défrichées•.ont d’une fécondité prodigieuse. Dans les premièresannées, on y cultive le seigle ou l’avoine, de pré-férence au fromfcnt , parce que cette précieuse cé-réale y trouvant une nourriture trop abondante,s’èmjforteÀiVen ‘longs chaumes; ‘ét ne donneraitrpVpén de-£>ràhrs. Mais après un. nombre d’annéès

plus cru moins éonsidéhsMéyitr ‘terre s’épuise, et ilfhtiri avoir 1 recours âtr* éwgéaiüy e’est-à-dire qu’ildevient indispensable de re^Sfétèfl' srtï sol les prin-cipes nourriciers dont les rétfeltfc» sufchéssfres l’ontprivé. Si le cultivateur négligence sblh, les récoltess’appauvrissent, et bientôt la thnee 1 ; le chardon etcent autres espèces sauvages, prennent la place desespèces agricoles: Alors les troupeaux diminuent àvue d’œil; car la multiplication des trbupeaux, etpar conséquent celle de la race humaine, dépen-dent sur-tout de l’état prospère de l’agricùlttlré.

Ces considérations sur la nutrition des plantesme conduisent à vous entretenir des plus insportansrésultats de la végétation, et c’est par là que je ter-minerai ce discours.

Tout est lié dans le vaste système de notre monde,l’ordre y résulte de l’équilibre' entre le4 phénomè-nes contraires. Les animaux enlèvent l’oxigène del’atmosphère, et le remplacent par du gaz acide car-bonique ; ils travaillent dofre à changer la consti-tution de l’air et à le rendre impropre à la respi-ration. Les végétaux s’emparent du gaz acide, re-tiennent le carbone, restituent l’oxigène ; ils puri-fient donc l’air altéré par les animaux, et rétablis-sent les proportions nécessaires entre ces élémens.Quand nos végétaux européens’, dépouillés de leurfeuillage par la rigueur de la saison , n’expirentplus l’air vital, les vents alizés nous apportent cegaz salutaire des contrées méridionales de l’Améri-que . C’est ainsi que les vents, d’un bout de la terreà l’autre, confondent les couches de l’atmosphère,et rendent sa constitution uniforme dans tous lestemps et à toutes les hauteurs. Les substances pro-venant de la décomposition {les matières animaleset végétales, dissoutes dans l’eau, sont absorbéesparles plantes, et font une partie de leur nourri-ture ; les plantes, à leur tour, sont la pâture d’unemultitude d’animaux , et ceux-ci deviennent la proiedes espèces qui se repaissent de chair et de sang.Malgré cet état perpétuel de guerre et de destruc-tion, rien ne périt, puisque tout se re/nouvèlle.Merveilleuse harmonie de la naturel les deux gran-des classes des êtres organisés se maintiennent l’unepar l’autre , la Vie et la mort des individus sont éga-lement utiles à la conservation des races.

Si maintenant nous considérons la végétation jiarrapport à nous-mêmes, nous reconnaîtrons quecette force de la nature, soumise jusqu’à un certainpoint à l’empire des sociétés humaines, est le prin-cipal instrument de leur grandeuret de leurmisère.Par elle, en effet, l’homme change la face de la terreet modifie les climats, tantôt à son avantage, tan-tôt à son détriment. Combien l’ambition et la cupi-dité des princes , la lâcheté et l’abrütissement despeuples , n’ont-ils pas rendu de pays stériles ! Rap-pelez-vous ce que furent l’Asie mineure , la Judée ,l’Égypte , les provinces situées au pied du montAtlas, et voyez ce qu’elles sont devenues. Rappe-lez-vous la Grèce , autrefois la patrie des arts et dela liberté, aujourd’hui celle de l’ignorance et dela servitude; elle n’est reconnaissable qu’à sesruines et à ses tombeaux. L’homme a refusé sontravail à la terre, et la tefre ses trésors à l’homme :toftt a disparu âVec l’ngrieulturé. Le voVageur qui