PIN
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insinuer, il faut, plusieurs mois avant le semis , yfaire un labour léger avec une simple charrue plate ;mais s’il s’agit d’un térrain nouvellement labouré,on sème de suite , et dans les deux cas il faut herserle semis et faire passer le cylindre ou rouleau pourraffermir la terre. On mêle ordinairement une demi-semence d’avoine aveccelle du pin, pour procurer del’ombre aux jeunes plants pendant les premièreschaleurs de l’été, et on coupe cette avoine avec pré-caution , et un peu haute pour ne point endomma-ger le semis. Lorsque l’avoine ne peut procurer unabri suffisant, on a recours aux moyens que nousavons indiqués.
2°. Si le terrain est légèrement garni de mousse,d’herbe, de quelques pieds de bruyère, etc., quin’empêchent pas d’employer la herse à dents de ferou la houe , on commence par y répandre la grainede pin , ensuite on fait gratter la surface du sol avecles instrumens dont nous venons de parler; maislorsque ce moyen n’est pas praticable, on fait arra-cher les grands pieds de bruyère, on sème et on faittraîner sur le terrain de longues bourrées d’épinesou des ramées, qu’on charge de quelques poids.
3 °. Si les plantes qui recouvrent le sol sont troptouffues, il faut ou les faire arracher en partie surtoute la surface et semer , ou bien cultiver le ter-rain, soit par bandes alternatives, soit par places, çàet là, y répandre les semences et les recouvrir légè-rement avec le râteau. Les bandes alternatives,c’est-à-dire celles où on laisse entre deux une bandenon cultivée , offrent l’avantage, lorsqu’elles sontétroites, de procurer de l’ombre aux jeunes plantssur toutes les lignes qui restent en friche.
4 °. S’il s’agit de semer des sables dits de bruyèreoù cette plante soit abondante, on emploie unmoyen très-expéditif : on y met le feu dans les moisde mars et d’avril par un temps sec , en prenant lesprécautions nécessaires pour éviter les accidens; ondonne ensuite un fort hersage avec la herse à dentsde fer, et on laisse le terrain se raffermir et se re-poser jusqu’au mois d’avril de l’année suivante, oùl’on sème à la volée ; après quoi, on fait passer danstoutes les directions un troupeau de moutons , sanslui permettre de s’arrêter : par ce moyen , on raf-fermit le terrain, et on enterre légèrement les grai-nes. Si le terrain était trop meuble, il ne conserve-rait pas assez d’humidité pendant l’cté, et les jeunesplants périraient par la sécheresse.
5 °. Lorsque les terrains sont couverts d’une mousseépaisse ou d’un gazon serré, qui ne permet pas auxsemences d’arriver jusqu’à la terre , il faut les peleren enlevant les gazons avec la houe à 2 ou 3 poucesd’épaisseur. On peut semer sur ce pelage ; mais sion veut enrichir le sol, on forme des fourneauxavec les gazons , auxquels on mettra le feu pendantl’été, et dont on répandra les cendres sur la surfacedu terrain. Ori attend le printemps suivant pourexécuter le semis , et on procède , comme nous ve-nons de le dire au dernier paragraphe.
Il est bien important de différer les semis pen-dant quelque temps après l’incinération, parce queautrement les cendres auraient trop d’activité et fe-raient périr les plants ; mais, l’année suivante, ellesse trouvent décomposées par les pluies et les gelées ;
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elles ont fertilisé le sol, et toujours les semis y réus-sissent à merveille. Les terrains dont la surface aété brûlée offrent encore un avantage, c’est quel’herbe n’y revient que la seconde et la troisièmeannée, tandis que les graines de pin lèvent de suite,et que les plants sont assez forts pour résister auxmauvaises herbes lorsqu’elles se multiplient.
Il sera très-avantageux, dans les deux cas quenous venons de citer, de mêler aux graines de pinune bonne demi-semence d’avoine, dont le chaumeabritera le jeune semis, et dont la récolte suffirasouvent pour payer tous les frais de culture.
6°. Dans les sables ou terres de bruyère très-hu-mides, on pratique des rigoles de 18 pouces d’ou-verture , qui divisent ces terrains en bandes de 7 à8 pieds de large, et on répand la terre provenantdes rigoles sur toute la surface des bandes, en ayantsoin de renverser les gazons la racine en l’air. Auprintemps suivant, on exécute le semis comme il adéjà été dit.
L’avantage de cette méthode, dans le cas pré-sent, consiste en ce que les terres, jetées sur lesbandes non cultivées qui se trouvent entre les rigo-les, reçoivent les semences et les font germer, et d’unautre côté , en ce qu’elles exhaussent ces bandes demanière à faciliter l’écoulement des eaux dans ce smêmes rigoles. 11 est entendu que plus le terrain esthumide, moins les bandes doivent avoir de largeur,et plus, par conséquent, les rigoles doivent être rap-)rochées et profondes. Du reste, on les dirige danse sens de la pente du terrain.
7 0 . Sur les montagnes et les coteaux, où l’on aplutôt à craindre la sécheresse que l’humidité, ilfout pratiquer des sillons dans le plan de la monta-gne , et les exhausser du côté du sommet pour re-tenir les terres. Si on les dirigeait du haut en bas,les eaux entraîneraient les graines et les plants.
8°. Dans les sables mobiles , la première opéra-tion est de les fixer par les moyens que nous avonsindiqués à l’article Dunes , ou tout simplement eny plantant, au commencement du mois de mars,des branches de pin garnies de leurs cônes ; puis onsème à la volée. Le soleil d’avril fait ouvrir les cô-nes; les graines se répandent tout autour de cesbranches, qui ont le double avantage d’empêcher lemouvement des sables et d’abriter les semis. Lors-qu’il ne se trouve pas de forêts de pins qui puissentfournir des branches , on en prend sur d’antres ar-bres, ou bien on recouvre le terrain avec de grandesherbes coupées, ainsi que nous l’avons dit à l’ar-ticle Dunes et à l’article Terre de bruyère.
9 0 . Dans les plaines sablonneuses, dans les en-droits nus et sans abri contre le soleil, on pour-rait , ainsi que Burgsdorf le conseille, semer lescônes de pins tout entiers vers le mois d’avril ou demai. On en répand 2.5 hectol. par hectare. Ces se-mis s’exécutent de deux manières :
On fait herser la surface du terrain, s’il est unpeu ferme ou garni de quelque herbe; on trans-porte dans des sacs la quantité de cônes dont on abesoin; on en remplit un tombereau , qu’on place àl’une des extrémités du champ ; une personne mu-nie d’une large pelle s’établit sur la voiture en tour-nant le dos aux chevaux, qu’une autre personne