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Tome second.
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conduit au pas. Le semeur jette ses pellerées avecforce , en décrivant un demi-cercle et faisant ensorte de les répandre le plus également possible surle terrain. Quand on est arrivé à la fin du champ ,'on compte le nombre de pas qui a été semé, y com-pris la largeur de la voiture, et on se transporte àune distance égale sur le côté : là, on continue l’en-semencement , soit avec une autre voiture, soit avecla même , qu’on remplit de temps en temps avec lessacs qu’on a eu l’attention de distribuer de distanceen distance.

De cette manière, chaque pellerée lancée par lesemeur atteindra les précédentes, si le conducteurobserve dans sa marche la même direction et un pastoujours uniforme. On doit éviter de trop chargerla pelle, elle ne doit être qu’à moitié pleine, au-trement les cônes tomberaient par amas, ne seraientpas également dispersés sur le terrain , et la quan-tité déterminée pour l’ensemencement deviendraitinsuffisante.

La deuxième manière , plus économique pour lasemence et plus dispendieuse pour le travail, con-siste à se servir d’un sac de semeur, et à répandreles cônes à la main dans des sillons tracés à la char-rue ou à la houe. Dans ce cas, il ne faut que 20 hec-lol. de cônes par hectare.

Les cônes qu’on a répandus s’ouvrent d’eux-mê-mes et laissent échapper leurs graines , mais seule-ment par la partie qui est vers la terre et autour ducône. Pour rendre l’ensemencement égal, il faut,quand les cônes sont parfaitement ouverts , fairepasser par-dessus une herse de branchages. Cetteherse consiste dans un vieil avant-train de voitureavec ses deux roues , et à l’essieu duquel on a fichédes chevilles sur la partie supérieure, à la distancede 6 pouces entre elles; à ces chevilles sont atta-chées de longues branches , qui pendent derrièrel’avant-train. On fait traîner cette herse par un che-val dans un temps sec, il en résulte que les cônes ,qui sont bien ouverts , répandent, en roulant, lasemence qu’ils contiennent encore , et opèrent unensemencement uniforme, dont on abandonne en-suite le succès aux hasards de la température.

Je n’ai parlé de ces deux dernières méthodes queparce qu’elles sont très-expéditives; car il est diffi-cile de compter sur leur succès , à moins de circons-tances favorables dans la température.

Culture en pépinière . — Cette culture a pour ob-jet de se procurer de jeunes sujets, qu’on destine àdes plantations en grand dans les terrains où les se-mis ne réussissent pas, comme dans les craies de laChampagne , et à des plantations d’ornement dansles jardins paysage.rs. On choisit un endroit exposéau nord, et abrité au midi soit par un mur , soit parun massif d’arbres ou par des paillassons, desclaies , etc. , parce que les jeunes pins , dans leurpremier âge. craignent beaucoup les ardeurs du so-leil. Le terrain doit être léger , bien ameubli pardes labours, ou composé d’une certaine épaisseurde terre de bruyère.

Quand on n’a qu’une petite quantité de grai-nes, on peut se servir de terrines ou de caisses rem-plies de terre légère, qu’en place aussi dans un lieuabrité <du soleil. Dans l’un et l’autre cas, on couvre

le semis de mousse ou très-légèrement de terre , eton l’arrose si cela est nécessaire. Il peut être fortépais sans inconvénient.

Au printemps de l’année suivante, c’est-à-dire enavril, on lève les plants pour les mettre dans unautre lieu , à la même exposition et dans une terrede même nature, à la distance de 6 ou 8 pouces. Là,on les laisse 2 ans, en ayant soin de les biner deuxou trois fois par an. Après cet espace de temps, onles arrache encore pour les replanter en pleine terre ,à toute exposition, à la distance de 2 pieds. On lesmet définitivement en place après 2 ans de séjourdans ce nouveau local. Ainsi, c’est à 5 ans que lepin sylvestre est en état de résister en plantationisolée; il a ordinairement alors Je 4 à 5 pieds dehaut et 2 pouces de diamètre.

M. Bosc , dans son article Pin du Nouveau dic-tionnaire d’agriculture, insiste beaucoup sur la né-cessité de changer souvent de place les jeunes pins ,et en général tous les arbres verts, parce qu’ils ontbesoin , pour reprendre, d’une quantité de racinesd’autant plus considérable , qu’ils sont plus vieux ,et qu’on obtient ce résultat par des replantationsrépétées, qui forcent les fibres du plant à se fourcher.Il ne compte presque pas sur la réussite des plantsde 3 ans, qu’on extrait des forêts. Il est certain quecette nécessité est hasardeuse ; cependant les plan-tations faites dans la Champagne avec des plants ex-traits des forêts prouvent que ces plants peuventréussir quand on a la précaution de les lever avecla motte , et de retenir la terre avec deux liens depaille croisés.

Plantation. —L’époque de la plantation des pins etde tous les arbres verts est lorsqu’ils entrent en végé-tation et que leurs jeunes bourgeons commencent àpoindre , époque qui dure pendant 8 jours au prin-temps , et à-peu-près autant àla seconde sève vers lesmois de juin et de juillet ; mais le printemps est géné-ralement plus favorable, parce que, dans l’été, lajeune pousse se flétrit souvent par la chaleur, se gâtepar le frottement, se rompt par le transport, et qued’un autre côté on ne trouve pas toujours un tempsassez frais pour exécuter les plantations. Les autresépoques de l’année offrent bien moins de chances ausuccès. Il est bien important de planter par un tempsnébuleux , et de garantir les racines de l’expositionde l’air ; elles y sont si sensibles, qu’il suffit souventd’une heure de hàle pour les frapper de mort. Cegrave inconvénient oblige les cultivateurs à placerles jeunes pins , lors de leur seconde plantation ,dans des pots, ou dans des paniers ou mannequins,ou à retenir la terre de leurs racines avec des liensde paille. D’autres cultivateurs les trempent immé-diatement après leur sortie de terre dans un mortierformé de bouse de vache, de terre franche et d’eaupar parties égales. Ce dernier moyen est suffisantquand on plante à peu de distance du lieu de l’ar-rachis.

Malgré tontes ces précautions, la reprise des pinsest en général bien moins assurée que celle des au-tres arbres, sur-tout si on les transporte sans potset de l’âge de 6 à to ans. Ils languissent pendant lesdeux premières années , et ne font que de faiblespousses. En revanche , ils 11 ’exigent aucun soin