PIN
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«ne fois qu’ils sont plantés,, seulement on met destuteurs à ceux d'un certain âge., qjU.’on plante isolé-ment dans des lieux exposés aux vents.
Le pin sauvage , autrefois si rare dans l’intérieurde la France , commence à y être cultivé en grandnon-seulement de graines, mais de plants. C’est parce dernier moyen que leshabitans de la Champagne sont parvenus à le faire réussir dans leurs terrescrayeuses, où les semis industriels ne peuvent pros-pérer, parce que ces terres se gonflent et se soulè-vent par les gelées pendant l’hiver, et que, d’un au-tre côté , leur couleur blanche réfléchit, pendantl’été, trop de chaleur sur les jeunes plantules.
Les premières plantations de pins qui furent faitespar les hahitans de la Champagne leur ont fait dé-couvrir une propriété bien précieuse de cet arbre ,celle de se multiplier naturellement par ses semen-ces, et de produire des milliers de jeunes plants, quiservent à garnir les plantations espacées qu’ils enfont, et de fournir des sujets pour de nouvelles cul-tures. J’ai vu de ces plantations dans le départementde la Marne , et j’ai été étonné de l’abondance dessemis naturels auxquels elles donnent lieu dès l’âgede i 5 à 20 ans, tandis que les semis industrielsexécutés sur des terrains préparés ne réussissent pas.
Un des plus anciens planteurs de ces pins , ditM. le comte François de Neufchàteau , dans un rap-port fait à la Société d’agriculture en 1812 , fut lepropriétaire de la terre de Cheniers, village situédans la partie la plus aride de la Champagne pouil-leuse. Il envoya chercher à la hotte de jeunes sa-pins (pins) à Colins, autre village très-près de Chê-lons. De nouveaux propriétaires ont joui des tra-vaux de leurs devanciers; ils ont lait abattre despins, dont on abêti d’agréables maisons; ils ontvendu beaucoup de bois très-propres à la construc--tion , et retiré en peu d’années la somme de plus de5 o,ooo fr. d’un domaine rural dont la totalité avaitété vendue, il y avait environ 5 o ans, 24,000 fr., etle nombre d’arpens couverts maintenant en grandsbois ne valait pas alors 7 à 8,000 fr. Le village deCheniers n’avait pas, à cette époque, une haie vived’épines ou de pruneliers, maintenant il parait placécomme au milieu des forêts des Vosges ; il est en-touré d’une masse de hauts et forts pins; il possèdeune pépinière de ces jeunes sujets, pour ainsi dire,intarissable , tant l’industrie et la persévérance peu-vent tirer parti des sols les plus ingrats! Et bienloin que les plantations aient nui aux récoltes, onpeut dire que Paies a donné la main à Triptolème ;car, dans cette commune, où le curé était seul etgros décimaleur, sa dixme allait à 6 ou 7 boisseauxde froment , mesure du pays , et maintenant il y aplus de 5 o hectares cultivés en froment, sans comp-ter un grand nombre de prairies artificielles, et lavente annuelle des jeunes pins vaut quatre fois aumoins ce que valait autrefois le rapport entier de laterre.
Les méthodes de plantations se réduisent à trois:
La première, qui ne convient que dans les terresfortes et profondes , se fait sans labourer le terrain ;on se contente de faire ce qu’on appelle des mou-vets , ou de petites fosses, dont la terre est remuée-à 33 centim. (un pied) de profondeur sur la même
largeur : ces fosses sont espacées de 2 à 3 mètres ,et disposées en échiquier. On fait ces trous au prin-temps , afin que la terre ainsi ouverte ait le temps derecevoir , pendant le reste de l’année, les influencesde l’atmosphère.
Le brin de plant est placé dans chaque fosse.
D’autres commencent par labourer le terrain , enle relevant en sillons, de 7 à 9 raies par sillon : c’estsur ces sillons qu’on fait des trous, dans lesquels onplante l’année suivante.
Cette manière s’emploie avec succès dans les ter-rains graveleux.
La seconde méthode est celle des rigoles : elleconsiste à faire de petits fossés ou rigoles de 33 cen-tim. de large, dont on relève la terre de chaquecôté ; on plante sur le bord de la rigole, à la dis-tance de 5 o centim. (18 pouces) environ : ces rigo-les sont éloignées d’environ 2 mètres.
La troisième méthode est celle qui a constammentréussi dans les plus mauvais terrains. Elle présentede grands avantages ; mais elle est plus dispen-dieuse. Onl’appelle plantationen ados. Elle consisteà faire des fossés d’un mètre de large sur 33 centim.de profondeur, à la distance de 3 mètres 25 centim.(9 à 10 pieds) l’un de l’autre. La terre sortie desfossés s’étend sur l’espace entre deux , et doubleainsi l’épaisseur du sol.
Dans les terrains où l’on pratique cette méthode,il serait inutile de creuser davantage, puisqu’on netrouve que le banc de craie ou un tuf crayeuxtrès-dur ; mais cette craie, mise à découvert au fonddes fossés et en partie portée sur l’ados, se divisepar la gelée, et fournit par la suite un nouveau Ter-rain en se combinant avec les feuilles qui tombentdu bois.
M. de Villarsy , qui a donné la description deces méthodes , fait d’autres remarques importantessur la manière de planter les pins sauvages en Cham-pagne .
Ces arbres se plantent toujours en motte. Ce sont lepoids et le volume de cette terre composant la mottequi rendent le transport des pins dispendieux etdifficile. Les amateurs soigneux font maintenir, lamotte au moyen de deux liens de paille que l’onpassg^dessous et en croix, et que l’on attache aubas de la tige près des racines. Le pin dont la mottes’écrase ou se détache des racines est un arbre mort. .De tous ceux à qui cet accident est arrivé, et queM. de Villarsy a plantés avec beaucoup de soin, au-cun n’a poussé.
Quelques propriétaires plantent les pins seuls etsans mélange d’autres bois en échiquier, à 32 , 38ou décimèt. ( 10, 12 ou 14 pieds) de distancel’un de l’autre en tous sens , dans des trous faitsd’avance , d’environ 5 o à 66 centim. ( 18 pouces à2 pieds) de profondeur. Pour bien faire, aussitôtque le pin est planté, on le butte en pilant la terretout autour ; ce travail facilite la reprise et main-tient l’arbre contre les coups de vent, qui souventle couchent dans des temps humides. Ceux qui nebuttent pas font une grande faute, que M. de Vil-larsy avoue qu’il a éprouvée lui-même.
Si, au lieu de trous, on fait des sillons ou billons