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Tome second.
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de 2 mètres27 centim. à a mètres 60 centim. de large(7à8 pieds) , c’est sur le milieu du sillon qu’on faitde petits trous à 4 mètres (12 pieds) l’un de l’autre,pour recevoir les pins; puis, entre chaque pin et àégalé distance l’un de l’autre, on fait un petit trouà la bêche, et on pose un brin de vordre (saule-mar-ceau) dans chaque angle.

Cette manière est très-bonne, elle garnit le ter-rain , et cette -vordre , plantée entre chaque pin ,fournit de très-bons fagots; elle abrite de plus lesjeunes pins qui lèvent des graines de ceux qu’ona plantés , et peu-à-peu le terrain se métamorphoseen unep 'pinière intarissable de jeunes pins.

Les plantations de pin exécutées par B affon danssa terre en Bourgogne, et que M. le comte Françoisde Neufchâteau rappelle dans son rapport, ont faitconnaître encore l’importance de la culture de cetarbre dans les mauvais terrains , et la manière d’yprocéder.

Buffonfit planter, en 1734, dans un terrain très-ingrat, où rien ne voulait venir, des arbres toujoursverts ; savoir , une certaine quantité de petits pins,autant d’épicéas et de sapins, qu’il avait élevés dansdes caisses pendant 3 ans. La plupart des sapins pé-rirent dès la première année, et les épicéas dans lesannées suivantes; mais les pins résistèrent et s’em-parèrent d’eux-mêmes d’un assez grand terrain; ilsturent abandonnés à la nature, et en 1774 , c’est-n-dire au bout de 4 ° ans, ils formaient d’assezgrands arbres, dont les graines avaient peuplé leterrain à plus de 100 pas de distance de chaque ar-bre. Comme ces petits pins, venus degr.iines, étaienttrop serrés, sur-tout dans le voisinage de chaquearbre , Buffon en avait fait enlever un très - grandnombre pour les transplanter plus loin , de manièrequ’en 1774 ce terrain , qui contient près de 20 hec-tares, était entièrement couvert de pins, et formaitun petit bois toujours vert, dans un grand espacequi de tout temps avait été stérile.

Lors donc qu’on aura, dit Buffon , des terres in-grates où le bois refuse de croître , et des partiesde terrains situées dans de petits vallons en monta-gnes , où la gelée supprime les rejetons des chêneset des autres arbres qui quittent leurs feuilles, lamanière la plus sûre et la moins coûteuse de peuplerces terrains est d’y planter de jeunes pins à 20ou a 5 pas les uns des autres. Au bout de 3 o ans,tout l’espace sera couvert de pins, et 20 ans aprèson jouira du produit de la coupe de ce bois, dont laplantation n’aura presque rien coûté ; et quoiquela jouissance de cette espèce de culture soit fortéloignée, la très-petite dépense qu’elle suppose etla satisfaction de rendre vivantes des terres absolu-ment mortes, sont des motifs plus que suffisans pourdéterminer tout père de famille et tout bon citoyenA cette pratique utile pour la postérité; l’intérêt del’Etat, et à plus forte raison celui de chaque par-ticulier , est qu’il ne rçste aucune terre inculte :celles-ci, qui de toutes sont les plus stériles et pa-raissent se refuser à toute espèce de culture; de-viendront néanmoins aussi utiles que les autres, carun bois de pins peut rapporter autant et peut-êtreplus qu’un bois ordinaire , et en l’exploitant conve-nablement devenir un fonds non-seulement aussi

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fructueux, mais aussi durable qu’aucun autre fondsde bois.

Buffon conseillait, comme on le voit, de planterles pins, et c’est la méthode qu’on suit en Champa-gne ; mais nous avons fait observer qu’on ne préfé-rait la plantation au semis que parce que les ter-rains crayeux se gonflent et se soulèvent pendantl’hiver , de manière à mettre à nu les racines desjeunes plants, et parce que le sol brûlant de laChampagne dévore les semis qui ne sont point abri-tés. Far-tout ailleurs où les semis seront pratica-bles , il faut les employer de préférence aux planta-tions, parce qu’ils sont plus économiques et qu’ilsprocurent des jouissances bien plus promptes : eneffet, ils n’exigent que de légers labours, quelque-fois même un simple hersage , pelage ou écobuage ,et au bout de 1 2 à i 5 ans , on peut déjà y faire uneéclaircie.

Des avantages de planter les pins jeunes et enpot. — Rien n’assure plus le succès d’une planta-tion de pins et d’arbres verts en général, que de lesplanter jeunes et avec le pot dans lequel ils ont étéélevés. On se contente de casser le pot sans ledétacher, avant de l’enterrer. Far ce procédé, onconserve aux racines toute la terre qui les enve-loppe, et toute l’humidité qui leur est nécessaire,et on peut exécuter la plantation presqu’à toutes lesépoques de l’année, quoique toujours le printempssoit plus favorable. On laboure le terrain à 2 piedsde profondeur, ou bien on pratique des fossés de lamême profondeur et largeur, à 6 ou 8 pieds de dis-tance , qu’on remplit avec la terre végétale qui setrouve à la surface du terrain. Il est bon de préparerces cultures à l’avance pour ameublir la terre ; ououvre , à l’époque de la plantation , des trous pro-portionnés aux pots qu’on doit y placer; on lesremplit ensuite , et on tasse un peu la terre autourdu pot, pour qu’elle conserve son humidité. Ondonne par la suite quelques façons autour des plantspour les débarrasser des mauvaises herbes.

Des inconvéniens de l'amputation de la cime,des branches ou des racines des jeunes pins que l’onplante. — Les plaies faites aux arbres résineux nese recouvrent pas comme celles des arbres à feuilles.La résine, qui est le suc propre de ceux-ci, s’écouleau grand détriment de l’arbre. D’un autre côté, l’ac-croissement des pins, et en général celui des au-tres conifères résineux, n’a lieu que par le déve-loppement du bourgeon qui termine la lige, et sion le retranchait, les arbres cesseraient de croîtreen hauteur. Enfin, la transpiration par les feuillesdes arbres résineux est très-faible , tandis que cellequi s’opère par les feuilles des autres arbres esttrès-considérable en été, et telle qu’un arbre trans-planté ne peut y suffire si on lui laisse trop debranches. Il suit de ces faits que l’on ne doit pointtraiter les arbres résineux que l’on plante, commeles arbres à feuilles En effet, il faut, pour cos der-niers, qu’il y ait, ainsi que nous l’avons déjà dit àl’article Bouleau , équilibre entre la succion par lesracines et l’évaporation par les feuilles , et cet équi-libre n’existerait point, si on laissait subsister tropde branches aux arbres feuillus au moment de lesplanter , parce qu’on est obligé de leur couper nom-