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Tome second.
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bre de racines, et que celles qui restent ne fontpas leurs fonctions dès le printemps. On pourraitobjecter que si les feuilles expirent une grandequantité d’humidité, elles aspirent aussi les va-peurs de l’atmosphère; mais il faut observer que,dans les premiers jours de la végétation d’un arbretransplanté, c’est la sève contenue dans l’arbre etcelle que sucent les racines dans le sein de la terre,qui donnent lieu au développement des feuilles, etqu’alors la force d’expiration de celles - ci a plusd’activité que leur force d’inspiration. Aussi, lors-que les feuilles sont en grand nombre, à raison dela quantité des branches laissées à l’arbre transplan-té , elles se flétrissent aussitôt que les chaleurs semanifestent.

Les mêmes motifs du retranchement des branchesn’existent point pour les arbres résineux , dont lesfeuilles très-étroites perdent beaucoup moins par latranspiration, et dont les plaies d’ailleurs sontbeaucoup plus dangereuses. Nous parlerons plus loinde l’élagage. /

Des grands avantages de la culture du pin sau-vage. On ne connaît pas assez généralement enFrance toutes les ressources qu’on peut tirer de laculture du pin dans les landes, les bruyères, lessables, les terrains légers, secs et superficiels, lesterres calcaires et crétacées, les montagnes et les ro-chers , enfin dans tous les lieux incultes qui se 1e-fusent à la production des autres bois. Le pin sau-vage est celui de tous les grands arbres qui croissele plus promptement dans sa jeunesse, et dont laculture soit la plus facile et la plus assurée quandon y procède par la voie des semis et d’une manièreconvenable. On ne peut pas assez la recommanderquand on a à mettre en bois des plaines d’unegrande étendue, ou qu’on veut favoriser l’éducationd’essences plus délicates, en leur procurant de l’om-bre et des abris dans leur enfance. Que de vastesdéserts on pourrait convertir en forêts productives,si on voulait, à l’imitation des Hollandais et desAllemands, et de quelques provinces de la France ,donner à cette culture tout le développement qu’ellemérite ! Cependant cet arbre, ainsi que le pin ma-ritime, le sapin blanc, l’épicéa et le mélèze, dontla propagation serait aussi utile qu’elle est facile,semblent être condamnés à ne point quitter les ré-gions où la nature les a placés. D’où provient l’ou-bli de ces arbres dans nos grandes cultures? C’estsans doute de ce que n’étant pas répandus dans lesforêts comme la plupart de nos bois non résineux ,on en connaît moins l’utilité et la manutention, etpeut-être aussi de la difficulté de se procurer desgrai-nes ou des plants. En effet, il y a plusieurs pays oùles arbres verts sont totalement inconnus des agricul-teurs; on n’en rencontre que dans quelques jardinsd’amateurs. C’est à l’industrie de l’homme à les fairedescendre des régions élevées dans les plaines, etàlesassocier aux autres arbres pour fertiliser les terrainsingrats. Ils peuvent opérer une heureuse révolutiondans l’agriculture et l’industrie de plusieurs pro-vinces, en convertissant en forêts de vastes bruyères,en y ramenant une température plus régulière, enfournissant des matières à la construction , à la ma-rine , aux arts et au chauffage, en favorisant l’édu-

cation des bestiaux par le pâturage, et en rendantpropres à la culture des céréales les sables, les lan-des et les bruyères, qui, dans leur état actuel, sem-blent voués à une éternelle stérilité. Ilâtons-nousdonc de cultiver ces arbres, et particulièrement lepin sauvage, l’un des arbres résineux les plus utileset les plus faciles à multiplier. Ils peuvent assurer ala France des conquêtes jiliis certaines, moins coû-teuses , et sur-tout moins chères à l’humanité, quecelles qui s’obtiennent par les armes. C’est avec lacharrue et le semoir, c’est par notre industrie quenous fonderons la prospérité de notre patrie. Cou-vrons de productions utiles les terrains aujourd’huisans valeur, augmentons l’étendue de nos culturesforestières et agricoles, et bientôt nous verrons s’ac-croître notre population , nos richesses et la force del’état. Une partie de notre territoire, qu’on peutévaluer au 20 e . au moins de son étendue, n’estpoint cultivée, ou ne l’est que d’une manière peuproductive. Les landes de Bordeaux , celles de laBretagne et du Maine , les sables de la Sologne et dela Flandre, et tant d’autres terrains vides, en plaine,en montagnes, dans les forêts et dans les champs,occupent des espaces considérables, et peuvent êtrerendus fertiles par des semis de pins, ainsi que leprouvent les heureux essais qui ont été faits dansles environs de Bordeaux , le département des Lan-des, dans la Champagne et plusieurs autres locali-tés. Le succès de cette culture dans les landes ettous les terrains sablonneux et à découvert, commeceux dont il s’agit ici, sera d’autant plus assuréqu’on procurera des abris au semis par des planta-tions de saule-marceau , d’osier, de bouleau, de ta-marix, d’ajonc, de genêt, de peuplier, de clialef, deliciet, d’épine, d’orme, d’érable commun et deMontpellier . Ces terrains, une fois couverts de bois,donneront des produits considérables, ainsi qu’onvient de le démontrer en parlant des plantations dela Champagne , et qu’on le verra encore mieux parle détail que nous donnerons des qualités et desusages du bois du pin sauvage et de ses autresproduits.

De la manière de conduire les semis et plantationde pin . — Il y a très-peu de chose à faire pour leurentretien. Les sarclages et les binages leur seraienttrès-nuisibles dans l’enfance des jeunes plants, parcequ’ils fatigueraient les racines et les mettraient àdécouvert. D’ailleurs, les herbes, par leur ombre,sont utiles. Lors donc qu’on a semé ou planté unbois de pin , il faut l’oublier pendant plusieurs an-nées; seulement on doit le préserver de l’introduc-tion des bestiaux. Far la suite, on y fait des éclair-cies périodiques, pour favoriser l’accroissement desplants. Nous en avons parlé à l’article Exploitation.

L’ombre des pins est funeste aux autres végétaux;comme dans leur jeunesse ils poussent beaucoup par-le bas, ils étouffent toutes les plantes. Si dans lasuite, lorsqu’ils sont élancés, et que la moitié infé-rieure de leur tronc est restée nue, quelques plantespeuvent croître entre les arbres, ces plantes ne sontjamais très-nombreuses, et le sol a toujours un as-

E ect aride, qu’on ne trouve pas dans les autres forêts.

es autres arbres même ont de la peine à venir mê-lés avec les pins , et ils finissent souvent par dis-