paraître. Ainsi, à aucune époque de leur trie, les pinsn’ont besoin de sarclages.
De Ueffet des élagages. — Dans beaucoup d’en-droits, on élague les pins pour tes faire monter oupour en retirer quelques fagots.
Cette pratique a ses partisans et ses adversaires :les premiers soutiennent que l’élagage produit surl’accroissement en hauteur et même en grosseurdes effets très-marqués. Les autres affirment, au con-traire, qu’il ne faut rien retrancher aux arbres rési-neux ; que les élagages diminuent leur vigueur , ra-lentissent leur accroissement et les exposent à périr,sur-tout si on les prive de trop de branches à-Ia-fois,parce que moins ces arbres ont de feuilles, moinsils ont de moyens d’aspirer dans l’atmosphère lanourriture qui leur est nécessaire. Je pourrais citerun grand nombre d’exemples à l’appui de cette opi-nion; mais je me bornerai à un seul, qui m’a étécommuniqué, en 1808 , par M. Schultz, officier fo-restier à Mayence. Une forêt de pins de quelquesmille arpens avait été rasée pendant le siège decette ville. Les semences répandues lors de l’abatiset les jeunes plants qui existaient déjà, avaient pas-sablement repeuplé le terrain, qui est très-sablon-neux. Mais les besoins trop urgens des communespropriétaires ont forcé l’Administration à permettredes élagages. Le résultat a été que les jeunes pinsn’ont fait que de faibles productions en hauteur,«ont devenus rabougris et languissans, par la pertede leur résine; le sol, ne recevant plus les dépouillesdes arbres destinés à former la couche de terre vé-gétale , et se trouvant exposé aux rayons ardens dusoleil, est devenu de plus en plus sec et aride , aupoint que les semis naturels n’y ont plus réussi qu’a-vec bien de la peine.
J’ai vu, d’un autre côté , de bons effets d’un éla-gage sur une plantation de pins au bois de Bou-logne, près Paris ; mais on avait procédé à cetteopération avec beaucoup de ménagement, en necoupant que les branches inférieures.
Concluons de ces faits que les élagages sont dan-gereux de leur nature, que le plus souvent ils ontpour résultat la détérioration des arbres, et que siune plantation est trop serrée, il vaut mieux, engénéral, l’éclaircir en coupant par le pied les arbressurabondans que de l’élaguer. Mais lorsqu’on veutpratiquer cette opération, on doit se borner à re-trancher les branches qui forment l’étage inférieur ,en ayant soin de ne pas les couper trop près dutronc , et d’opérer, à la fin d’octobre ou au mois denovembre , époque de la stagnation de la sève. Oncontinuerait ainsi à couper un étage par année , jus-qu’à la hauteur de 6 à 7 pieds.
M. Delamarre, l’un des plus grands et des plushabiles cultivateurs de pins en France , pratique lesélagages dans ses plantations, et il m’a assuré quecette opération, qu’il fait avec le plus grand ména-gement, produit le meilleur effet. Il a remarqué quele chicot de la branche amputée se soudait parfaite-ment avec le corps de l’arbre, à mesure que celui-ciprend de l’accroissement, et c’est à cet effet quesont dus ces nœuds si durs que l’on trouve dans lesbois de pin et de sapin.
Des ennemis du pin et des accidens qui arrivent
aux forêts de cette essence, — Le pin , cet arbre siintéressant, si facile, si utile à multiplier, est mal-heureusement sujet à une foule d’accidens qui sou-vent en détruisent des forêts tout entières.
Les plus redoutables de ces ennemis sont les in-sectes , qui s’attachent particulièrement aux arbresrésineux, et qui se multiplient de telle manière,qu’on ne peut en arrêter les ravages qu’en abattantles cantons de bois qui en sont infestés. Du nombreîle ces insectes, sont la grosse chenillo du pin ,pha-lænahombyx pini , et le bostriche imprimeur, der-mestes typographus. Nous en avons parlé à l’articleInsectes.
Les éboulemens des terres, si communs dans lespays de montagnes, détruisentquelquefoisplusieursarpens de forêts, qui ne se repeuplent qu’autantqu’on empêche les animaux de brouter les herbesqui y croissent d’abord avant les pins, et qui doi-vent protéger leur enfance.
Les coups de vent occasionnent beaucoup de cha-blis , sur-tout quand on n’a pas soin de tenir les fo-rêts dans un état serré. Ils causent aussi la rouluredubois dans les arbres, qu’ils agitent en tous sens.
Les incendies sont difficiles à arrêter dans les fo-rêts de pins, à cause de leur grande combustibilité.On n’y parvient qu’en faisant des abatis ; mais dansles landes de Bordeaux et dans plusieurs autrespays, on emploie le moyen des contre-feux. Lorsquele feu a pris dans un endroit du bois, on met le feudans une autre partie opposée, plus ou moins éloi-gnée du premier embrasement , selon l’étenduede l’incendie. Il s’établit un courant d’air du pre-mier point d’embrasement vers le second, ce cou-rant porte les flammes vers le centre commun : tousles arbres qui sont entre deux sont consumés; maisle foyer de l’incendie finissant par se trouver au mi-lieu d’un espace vide, le feu s’éteint faute d’aliment.,et le reste de la forêt échappe à l’embrasement.
Les gelées tardives, qui viennent suspendre la vé-gétation au mois de mai, peuvent causer aussi degrands dommages. M. de Burgsdorf dit qu’on en avu un exemple terrible dans les forêts de la Marchede Brandebourg en 178» , dans la nuit du 27 au28 mai.
Les jeunes pins, qui ont besoin d’un peu d’otnbrependant les premières années , souffrent par la suited’un ombrage continué , et demandent à jouir de laplénitude des rayons du soleil.
On a aussi remarqué que les plants de 4 à 6 ansétaient exposés à une maladie particulière , que lesAllemands appellent schutlen, exfoliation. M. Har-tig , qui a observé en grand les effets de cette ma-ladie, assure qu’elle cause des dommages notables:la plupart des jeunes pins se dépouillent, au prin-temps, de la totalité ou d’une forte partie de leursfeuilles, et privés ainsi des principaux organes de I.inutrition, ils ne font, dans cette année, que de faibles-pousses , qui ont à peine le quart de la longueur despousses de l’année précédente. Il arrive même dansles mauvais terrains qu’un grand nombre de tigespérissent de cette maladie, parce que le manque d"sève arrête la végétation , et ne permet pas aux jett-nes pousses de se développer, M. Hartig ne peut dé-terminer la cause précise de cette maladie , seule-