ment il croit avoir remarqué qu’elle était plus fré-quente à la suite des hivers humides que des hiverssecs.
Les animaux sauvages et domestiques, sur-toutles moutons , font un grand tort aux jeunes pins ,quoiqu’ils leur nuisent moins qu’aux autres arbresrésineux, et qu’à tous les bois à feuilles en général.
L’herbe qui croit dans les espaces vides des fo-rêts de pins devient, lorsqu’elle est trop épaisse, unobstacle à la germination de la semence et au repeu-plement naturel. Il faut prévenir cet inconvénientpar une exploitation bien soignée , qui ne dégar-nisse pas trop le bois; car les grandes clairières exi-gent souvent des semis industriels pour être re-peuplées.
Exploitation. — Le pin , comme "tous les autresarbres résineux, ne se reproduisant point de sou-che , on doit suivre, pour son exploitation, des rè-gles différentes que pour les bois à feuilles ; c’est paréclaircies qu’il faut exploiter les forêts de cette es-sence. Je dis éclaircies , et non pas en jardinant,parce que ces deux modes sont ti ès-differeus, ainsique je l’ai démontré à l’article Exploitation. Voyezindispensablement ce mot, où j’ai traité de la coupedes arbres résineux , et de celle du pin eu parti-culier.
Je me contenterai ici de rappeler quelques prin-cipes généraux : nous savons que le pin se reproduitpar ses graines ; que les jeunes plants ont besoind'ombre et d’un peu de fraîcheur; qu’ils doiventêtre convenablement espacés ; que, trop serrés , ilslanguissent et s’étouffent mutuellement ; que, tropclairs, ils étendent leurs branches et ne s’élèventpoint; que les coupes sont constamment couvertes deplants de tout âge; que si on enlève toujours lesplus gros arbres , comme dans l’exploitation enjardinant, le reste de la coupe peut être trop outrop peu serré ; que certaines parties seront étouf-fées et d’autres trop garnies. Il suit de ces faits queles coupes à blanc étoc sont justement proscrites desforêts de pins ; que la coupe en jardinant , quoiqueplus rapprochée des indications delà nature, n’estpoint encore la plus avantageuse ; que les éclairciespériodiques par lesquelles on enlève les plants sura-bonduns, faibles et dépérissans , en conservant tou-tefois l’état serré de la forêt, sont beaucoup plus fa-vorables à l’accroissement du bois et au repeuple-ment ; que les arbres qu’on obtient dans les derniè-res coupes par éclaircies, ayant toujours joui d’unétat serré convenable, et d’assez d’air et de lumière,doivent être bien plus beaux et d’une qualité bienmeilleure. Ainsi la coupe en jardinant, autoriséepar le décret du 3o thermidor an i3, quoique fondéesur le mode de reproduction des pins et des sapins ,n’est point encore celle qu’il faudrait suivre pourobtenir les produits les plus avantageux : c’est lacoupe par éclaircie, telle qu’elle est décrite pariVJ. Hartig, et que je l’ai rapportée à l’article Ex-ploitation des pins, qu’il serait avantageux d’adop-ter. Elle entraîne sans doute beaucoup plus d’opé-rations, mais aussi ses résultats sont incontestable-ment plus favorables et sous le rapport du repeu-plement et sous celui de la quantité et de la qualitédes produits. Cependant il est des localités d’un si
Tome II.
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difficile accès, que les coupes par éclaircie y seraientfort dispendieuses : par exemple , sur les hautesAlpes , où le déhardage ne se fait qu’à dos d’homme,ou en faisant rouler les arbres en bas des montagnes.Alors c’est la coupe en jardinant qu’il faut faire.
Il y a encore plusieurs autres manières d’exploi-ter les pins, suivant l’état de la forêt et la violencedes vents. Quelquefois on exploite à blanc et parbandes ou allées plus ou moins larges , perpendi-culaires à la direction du vent dominant, et on laissesubsister pendant 3 ou 4ans des bandes ou bordures,qui jettent des semences dans les bandes exploitées;d’autres fois, on fait des coupes par bandes demi-circulaires , pour qu’elles puissent se repeupler partous les vents.
Quant à la saison pendant laquelle on doit cou-per les pins, nous pensons, malgré l’opinion con-traire de quelques auteurs, que c’est l’hiver , c’est-à-dire pendant le repos de la sève, à moins que,comme dans les Pyrénées, les Alpes et autres lo-calités couvertes en hiver de plusieurs pieds deneige , on ne soit forcé de les exploiter en été ; maiscomme ils sont alors en sève , le bois de ces coupesest toujours inférieur en qualité à celui qui pro-vient d’arbres abattus dans la saison convenable. V.ce que nous avons dit à cet égard aux mots Sapinet Exploitation.
Dans les Vosges , on coupe quelquefois les pins enété par des raisons d’économie, le charriageetJa main-d’œuvre étant bien moins chers dans cette saison,parce que tous les travaux d’exploitation sont alorsplus faciles qu’en hiver. D’un autre côté , on a bienplus de facilité pour les écorcer dans le moment dela sève ; ce qui engage encore à les abattre dans cemoment, l’écorce étant un excellent chauffage etdevenant inutile au bois de travail.
Qualités et usages. —Le pin sauvage est l’un desarbres qui présentent le plus d’avantages et qui ontle plus de propriétés, soit pour les usages auxquelsson bois est employé, soitpar les produits qu’on re-tire des arbres pendant qu’ils sont sur pied.
Son bois est jaunâtre , et dans les vieux troncs lecoeur est de couleur brune. Il est veiné comme le sa-pin. Les couches ligneuses sont, comme dans tousles pins, composées de fibres longitudinales de deuxsortes , ies unes dures, les autres tendres; plus cesdernières sont étroites, plus le grain du Lois estbeau et solide. On a remarqué aussi que lescouchesexternes sont plus compactes que les couches in-ternes, ce qui est dû sans doute à la résine , quiabonde dans les premiers. La pesanteur de ce boisvarie suivant l’âge , étant beaucoup plus considé-rable pour les arbres d’un accroissement parfait quepour les jeunes arbres ou pour le bois de la cime.Voici le résultat des expériences faites à cet égardpar plusieurs personnes :
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