PIN
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s’éclairer pendajit la : nuit. On retire de la poixdu tronc et des racines en en déchirant l’écorce,et les lames du liber servent pour des tapis. Sonecorce extérieure remplace le liège pour quelquesusages, comme celui de faire flotter les filets despêcheurs.
Les Lapons font aussi avec l’écorce intérieureune sorte de pain dont ils se nourrissent, et qui,dans d’autres pays du Nord , servent à engraisser lesporcs. Pour cela , ils choisissent des pins dont letronc est très-élevé et dégarni de branches, parceque ceux qui sont petits et rameux contiennent tropde résine; ils les écorcent dans le temps de la sève,et enlèvent avec soin toute la surface de l’écorce ,pour 11’en conserver que les lames intérieures. Ilsles mettent sécher à l’ombre, les coupent en mor-ceaux , les broient avec la meule, et les réduisent enune sorte de farine , qu’ils délaient dans de l’eaupour en former une pâte dont ils font des galettesfort minces, qui, séchées au four , peuvent se con-server pendant un an. Il paraît que cette écorce con-tient un principe muqueux nutritif.
Comme arbre de décoration, le pin sauvage seplante en avenues , rarement en quinconce, il oc-cupe une place distinguée dans les jardins anglaisou paysagers, avec plusieurs autres espèces de pins,les .sapins, les genévriers et les cèdres.
C’est principalement sur les finîtes, sur les ro-chers et dans les lieux isolés qu’il produit le plusd’elfet. La tige droite et en général élevée des pinset sapins, la disposition horizontale de leurs ra-meaux , dont l’ensemble forme presque toujours unebelle pyramide, la couleur glauque oufoncéede leursfeuilles , toutes leurs formes enfin contrastent mer-veilleusement avec le port et le feuillage des autresarbres.
Le Pin jof. Riga ou du Nord, qu’on appelleaussi pin de Russie , pin de mâture, pin de Hague -nau, parait n’être qu’une variété du pin sauvage.11 croit dans les forêts de la Lithuanie et de la Livo-nie, et aux environs de Haguenau . M. Bosc , quien a suivi la culture dans les pépinières du gouver-nement, a remarqué qu’il avait les feuilles plus lon-gues , plus vertes et plus grêles que celles du pinsauvage et du pin rouge, dont nous allons parler. Sesboutons sont aussi plus petits que ceux de ce der-nier. Les plants qui étaient dans ces pépinières pro-venaient de graines venues de Haguenau .
Le pin de Riga s’élève plus que le pin sauvage etle pin rouge. C’est lui qui fournit les belles mâtu-res si recherchées par les constructeurs de vaisseaux;son bois est plus léger , plus souple et meilleur pourcet usage que celui du pin sauvage. Il serait extrê-mement utile d’en propager la culture en France .On pense que, planté dans les parties de la France qui, par leur hauteur au-dessus du niveau de lamer , approchent le plus des climats du Nord , ilprospérerait et conserverait ses excellentes qualités.Ainsi les Alpes, les Pyrénées et beaucoup d’autreslocalités lui conviendraient. Cet objet a été plusieursfois proposé à l’attention du gouvernement. Il estdigne de la fixer. Les mâtures que l’on fait venir duNord en temps de paix coûtent des sommes énormes,et il est difficile de s’en procurer pendant la guerre.
D’un autre côté, ildevient-cte jour en jour pins raredans les' pays mêmes où il croit. On s’est occupé, àdiverses époques, de cette culture en France .
On trouve, dans les Mémoires de la Sociétéroyale d'agriculture de Paris, année 1785, un mé-moire sur les pins, par M. Fougeroux de Rlaveaux,qui rapporte que M. de Praslin , pendant qu’il étaitministre de la marine, envoya en Lithuanie unmaitre-màteur de Brest , qui apporta beaucoup degraines de pin de Riga , qu’on croyait alors être unsapin. Klles furent semées à Koual, auprès de Brest ;à Couatilloux , près de Lannion ; au Mency , dansle voisinage d’Odierne , et dans les terres de Duha-mel du Monceau . Suivant M. de Fougeroux , lesindividus qui en provinrent 11e différaient pas sen-siblement du pin d’Ecosse , et il ajoute que Miller ,dans une lettre écrite à Duhamel pour le remercierde lui avoir envoyé des graines de pin de Riga , luidit qu’il eu avait reçu anciennement de Northum-berland , et que les arbres qu’elles avaient produitsétaient entièrement semblables au pin d’Ecosse.Paüas assure que le pin de Livonie et de Lithuanie ne diffère pas du pin sylvestre : Non autem e pecu-liarisptcie malus, ut exteri, prœsertim Galli, putant.,sed e vulgari omnes pinu sylvestri. Il dit qu’onchoisit ceux dont le tronc est très-élevé et dégarnide branches. Ce 11’est point dans le centre du bois ,mais sur les bords, qu’on trouve ces beaux arbres, etle sol qui les porte est communément un sable grasun peu humide.
M. Lemonnier, médecin du Roi, et grand ama-teur des cultures étrangères, s’est occupé, une partiede sa vie, du projet utile de multiplier en France lespins de Riga . 11 en avait fait un semis considérabledans un terrain qup le gouvernement lui avait con-cédé en Normandie .
Toutes ces plantations ont parfaitement réussi ;mais à la mort de ceux qui s’en étaient occupés, et$ur-tout pendant la révolution, elles furent dévas-tées, et nous sommes encore à cet égard à-peu-prèsau point d’où nous étions partis. Mais s’il est vraique le pin de Riga se trouve dans la forêt de Hague-nau , la sécherie de graines que l’Administration fo-restière y établit en ce moment, permettra de le pro-pager par-tout où sa culture pourra être utile. FeuM. Allaire, administrateur des forêts, qui était pas-sionné pour tout ce qui pouvait augmenter nos res-sources forestières , s’est beaucoup occupé desmoyens de multiplier cet arbre; les changementopérés dans les pépinières que nous possédions prèsde la capitale, et les guerres perpétuelles qui sesont opposées à ce qu’on fit venir de grandes quan-tités de graines de Riga , ont paralysé ses efforts.Espérons que sous un gouvernement qui s’occupe cel’avenir, on verra enfin se réaliser l’un des projetsles plus utiles à la marine et au trésor royai.
Le Pin rouge , vulgairement le Fin d’Ecosse, lepinus rubra de Miller ( V. à l’ Atlas, PI. XXI ,fig. 1) , a été aussi regardé par plusieurs botanistescomme une simple variété du pin sauvage , avec le-quel il se confond facilement au premier aspect;mais il paraît bien constant que c’est une espèceparticulière. En voici la description, d’après laiVon-velle édition des arbres et arbustes de Duhamel :
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