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Tome second.
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PIN

PIN

« Son bois est un peu rougeâtre ; ses feuilles sonten général d’un -vert plus glauque que dans le pinsauvage ; ses cènes sont presque toujours disposéspar verticilles de trois, quatre et même cinq ; la par-tie saillante de leurs écailles forme une pyramideplus prononcée, età quatre angles distincts} les cha-tons mâles sont d’un jaune tuès-clair, presque blan-châtre, et portés sur des pédicules plus longs. Cepin croit dans le nord de l’Europe et en France ,dans les Alpes et les Pyrénées . 11 fleurit eu mêmetemps que le pin sauvage. »

œ Le pin d’Ecosse , dit M. Desfontaines , est ungrand et bel arbre, dont le tronc est filé dans salongueur , et qui mérite d’être répandu dans nos fo-rêts. Il vient dans les sables arides, dans les terrainscrayeux, et même dans ceux qui sont glaiseux ethumides. Quoique son bois soit d’une qualité infé-rieure à celui du pin de Riga, les Anglais l’emploientà la mâture des vaisseaux. On en fait aussi des pou-tres , des solives , des chevrons, des planches de ba-teaux, des corps de pompes, des conduits d’eau. Ilest bon pour le chauffage; le charbon est recherchépour les usines, et les branches fournissent de bonséchalas. En Ecosse , on en retire de la résine, etles paysans font des torches pour s’éclairer pendantla nuit avec ses racines fendues en éclats.

Le Pin-Mugho ou Torche-Pin , le Pinus mon-taiia de Duhamel (V. à l’ Atlas, Pd. XXI, fig. 2 ) ,estun arbre qui est ordinairement très-touffu, tortu,irrégulier, dont les racines tracent et poussent destiges au-dessus de terre, et qui ne s’élève guèrequ’à 10 ou 12 pieds : il se dégarnit facilement deses feuilles. On le trouve sur le sommet des hautesmontagnes en France , en Allemagne et en Suisse ,notamment sur les Alpes, les Pyrénées et dans la fo-rêt Noire ; et il croît principalement dans les ter-rains humides de ces situations et dans les tourbesdes vallées.

Plusieurs botanistes, au nombre desquels se trou-vent Linnaeus et Pallas, regardent ce pin commeune simple variété du pin sauvage , qui est due auclimat et à la nature des terrains où il végète. M. Har-tig partage cette opinion; il dit que le conseillerReitter àStuttgardt, ayant semé des graines depin-mugho dans un terrain d’une température plusdouce que celle où cet arbre croît naturellement, aobtenu des pins communs, qui se sout élevés droitscomme le fait ordinairement cette espèce: d’où ilconclut que le pin-mugho qui croît dans la partiede la forêt Noire dépendant du royaume de Wir-temberg, n’est réellement qu’une variété rabougriedu pin sauvage , qui est due au climat et au terrainfangeux où on le trouve. 11 cite encore , pour se-conde preuve de son opinion , que, dans la forêtNoire, plusieurs marais dans lesquels il y avait despins-mugho, ayant été desséchés et ramenés à unetempérature plus douce, les graines de ces pins quis’étaient répandues à la surface des terrains ont pro-duit à côté d’eux le véritable pin sauvage, qui afourni une croissance droite et élevée. Villars ditaussi que le pin-mugho se confond avec ce dernier àmesure qu’il descend dans les vallées.

Cependant la plupart de nos botanistes considè-rent le pin-mugho comme une espèce distincte du

pin sauvage , et ils se fondent sur ses caractères par-ticuliers , qui restent invariables dans la culture..VI. Bosc assure qu’il ne change point dans nos jar-dins , où on le cultive depuis long-temps , et où ilse reproduit de ses graines, et qu’il y reste toujourschétif. Suivant eux , il diffère du pin commun parses feuilles ou aiguilles très-courtes, ramassées àl’extrémité des rameaux , d’un vert plus foncé , etexhalant une forte odeur de térébenthine ; par seschatons mâles, qui sont blanchâtres, longs de 6 li-gnes au moins, et portés sur des pédoncules très-courts; par ses cônes une fois plus petits et toujoursdroits sur la tige , et dont les écailles sont obtuses ,et présentent à leur partie supérieure une pyramidequadrangulaire, ayant les deux côtéssupérieurs pluslongs et les deux autres plus courts, de sorte que cettepartie saillante des écailles paraît dirigée en arrière :le sommet de la pyramide est d’ailleurs muni d’unepetite pointe épineuse particulière. Les cônes va-rient aussi par la couleur, depuis le verdâtre ou lejaunâtre jusqu’au rouge brun. Ses boutons, pendantl’hiver, sont coniques, aigus , très-résineux.

Le bois du pin-mugho, coupé nouvellement, estd’une couleur un peu rousse; il est très-résineux ,et quand on en brise un rameau, il en découle unerésine claire et transparente. Duhamel a vu des mor-ceaux de bois de l’épaisseur de 2 à 3 lignes, autravers desquels on apercevait les doigts quand onles exposait au grand jour. Les paysans des Alpes se servent de ce bois pour se chauffer et pour fairedes torches, qui brûlent très-bien. C’est aussi avecce bois, qui est d’une grande dureté , que les La-pons font leurs arcs et les longues semelles qui leurservent à courir en glissant sur la neige.

M. Desfontaines pense que le pin-inugho, qui ala propriété de croître dans les terrains marécageux,comme on le voit dans des vallées fangeuses dela Suisse , serait propre à fertiliser des tourbières;mais son peu d’élévation le rend bien moins intéres-sant pour cet usage, que ne le sont les peupliers, lessaules et les aunes. 11 n’y aurait que la grande quan-tité de résine dont il est pourvu qui pourrait enga-ger à le cultiver.

Le PiN-PoMitio est encore un très-petit arbre de5 à 6 pieds , dont les branches sont couchées sur laterre, et généralement plus longues que le tronc, etqui ressemble beaucoup au précédent, avec lequelil a été souvent confondu. M. Hartig croit qu’il n’apas d’autre origine, et que ce n’est aussi qu’une va-riété du pin sauvage ; mais cette opinion n’est pointcelle de la plupart des botanistes, qui lui reconnais-sent des caractères bien distincts , et qui le regar-dent comme une espèce.

Cet arbre croît sur les hautes montagnes de l’Al-lemagne, dans les Alpes de Salzbourg , de la Car-riole, de la Hongrie et de la Silésie, principale-ment sur le mont Carpath. Il a les feuilles courtes ,très-rapprochées de la tige; les cônes ronds et àécailles obtuses; le bouton d’hiver moins résineuxque dans le pin-mugho. Il est très-peu cultivé enFrance , et ne mérite point de l’être. Le seul pro-duit qu’on en retire est la résine que fournissent sescônes et toutes les parties de cet arbre , qui ea sonttrès-cbargées. Cette résine , qui découle spontané-