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Tome second.
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geter sur nos çôces, ont excité à en faire de grandesplantations dans les provinces maritimes de laFrance , et notamment dans les dunes du golfe deGascogne.

M. de Malesherbes , qui a publié un très-bon mé-moire sur la culture de cet arbre , dit qu’il ne réus-sit point dans les terrains calcaires et crétacés ; qu’ilen a fait l’expérience chez lui, et que plusieurs deses amis l’ont faite aussi en grand. Les grainesavaient bien levé dans les sables calcaires où il lesavait semées, mais une partie des jeunes plants apéri dès le premier hiver, et il n’en est resté au-cun après deux ou trois hivers , quoique peu rigou-reux. L’alternative d’enflement et de désenfleraentque la gelée fait subir aux terres calcaires , a paru àM. de Malesherbes être la cause de la perte de cessemis. Nous avons fait remarquer que las semis depin sauvage éprouvaient le même sort dans les craiesde la Champagne , raison pour laquelle on avaitadopté les plantations de pin dans cette province.Ainsi cette cause du dépérissement n’est point par-ticulière au pin maritime.

Dans le siècle dernier, la culture de cet arbre afait de grands progrès ; elle s’est étendue , commenous l’avons dit, dans le Maine et dans la Breta-gue. M. Boutin l’a semé dans la triste Sologne, oùil était inconnu avant lui, et où il a très-bien réussi.MM.de Boisgibault et Duhamel ont suivi cet exem-ple, et tous les semis qu’ils ont faits, même dans lesable pur, ont prospéré. Depuis cts premiers essais,le pin maritime s’est mis en possession d’une grandequantité de terrains qui se refusaient à toute espècede végétation; mais il en reste de bien plus vastesencore qui le réclament, et où sa culture adouciraitle sort des malheureux habitans de ces contrées in-cultes. Cependant le pin sauvage , dont le bois estd’une qualité bien supérieure, doit lui être préférépar-tout où il pourra être cultivé , et comme il secontente des mêmes terrains, on doit lui réserverles régions du nord de la France où sa végétationsera plus belle que dans le midi; tandis que ie pin'martime sera plus convenablement placé dans lesprovinces du sud et du sud-ouest. Ce dernier eneffet crairit les gelées du nord, et il en soulfre mêmeaux environs de Paris . Les gelées de 178b endom-magèrent beaucoup les plantations de la terre deMalesherbes . Dans ce rude hiver, lapins grande par-tie des vieux pins de la Sologne et du GAtinais ontpéri, ainsi que la plupart des jeunes, excepté lesplus petits, que la neige avait entièrement couvertsavant la forte gelee.

Exploitation. — Les forêts de pin maritime, doi-vent s’exploiter d’après les mêmes règles que le pinsauvage; c’est-à-dire qu’il faut les éclaircir dèsqu’ejles deviennent trop épaisses , en enlevant tou-jours les arbres qui donnent le moins d’espérance ,et en évitant cependant de trop dégarnir, pour 11epoint laisser d’accès aux vents et pour tenir la fo-rêt dans un ,état convenablement serré. 3 . Exploi-tation.

Dans le département de la Sarthe , on a l’habituded’élaguer les pins, en, commençant lorsqu iis ontde 5 à. 6 au,s. On coupe les verticilles ou étages in-ferieurs des branches , en laissant toujours les trois

étages de la partie supérieure, et on ne coupe, cesbranches qu’à 3 pouces du tronc : les chicots finis-sent par tomber d’eux-mêmes. Cet élagage se faitdepuis la première quinzaine de mars jusqu’à la findu mois d’avril ; la théorie condamne cette opéra-tion, qui prive les arbres de leurs feuilles, dont ilstirent souvent plus de nourriture que de leurs raci-nes, et qui occasionne d’ailleurs l’écoulement de larésine. Cependant lorsque l’élagage est fait avec mé-nagement, il produit de bons effets, ainsi que letémoigne la comparaison des bois ainsi élagués avecceux qui sont abandonnés à eux-mêmes.

Quant à la manière d’exploiter les pins maritimespour en extraire la résine, nous l’expliquerons aumot Résine ; il nous suffira de dire ici que les boiscomposés de cette espèce de pin, appelée pignadasdans le pays , font presque toute la richesse des ha-bitans des landes de Bordeaux , par les matières ré-sineuses qu’ils en retirent. Les Provençaux, qui enont aussi beaucoup , les exploitent également pouren extraire divers produits de cette nature. C’est àl’àge de 2.5 à 3 o ans, que les pins ont acquis la forcesuffisante pour donner ces produits.

Qualités et usages. — Le bois du pin maritime ,quoique inférieur en qualité à celui du pin sauvage,est employé à un grand nombre d’usages : dans Teslandes do Bordeaux et en Provence , il sert au chaul-fage et à la charpente. On en débite beaucoup enplanches minces, dont on fait des caisses, qui sonttrès-employées dans le commerce du midi. On s’ensert dans l’arsenal de la marine à Toulon pour ledoublage de toutes les embarcations des vaisseaux ,et principalement pour les pilotis et pour les étaiesqui soutiennent les vaisseaux en construction. Lesjeunes pins que l’on coupe pour éclaircir les forêts,fournissent des éciialas et des fagots.

Le pin maritime est sur-toat important à causedes produits dont nous venons de parier, comme té-rébenthine , brai, goudron, noir de fumée.

Il est, comme nous l’avons dit, très-propre à fer-tiliser les sables, à former des rideaux sur les bordsde la mer , et il figure avantageusement dans lesjardins paysagers.

Le Pin-Laricio de Corse ou Pin-Larche, pinuslaricio( Lam.) (V. à l’ Atlas, PI. XX, fig . 3 ), est unarbre de la première grandeur , originaire des hau-tes montagnes de l’ile de Corse , d’un port pyrami-dal , divisé en étages réguliers, à tige très-droite, àfeuilles nombreuses, très-allongées, d’une verduremoins cendrée et plus agréable que dans la plupartdes autres espèces de ce genre , dont le cône , plusgros que celui du pin d’Ecosse, mûrit au comme n-ment d’avril.

Il croit presque également bien sur les hautesmontagnes du second ordre , et dans les plaines sa-bleuses sur les bords de la Méditerranée , en mêmetemps que dans la plus grande partie du nord de laFrance .

On dit qu’il n’est pas rare de voir sur les monta-gnes de la Corse des arbres de cette espèce qui ontplus de 100 pieds de haut sur 8 pieds de circonfé-rence, et qu’on en trouve qui ont jusqu’à 140 et i 5 opieds.

Cet arbre a des rapports avec le pin maritime et