le pin sauvage : il parait tenir le milieu entre cesJeux espèces.
Ses rameaux sont revêtus d’une écorce roussâtre,formée d’écailles imbriquées. Ses feuilles ressem-blent à celles du pin maritime , mais elles sont pluscourtes, plus menues, d’un vert plus foncé et moinsroides, et dans la jeunesse de l’arbre elles sont con-tournées. Les cltatons miles , au nombre de six àquinze , rarement davantage , forment une grappecourte à la base de la jeune pousse qui doit se déve-lopper ; les chatons femelles sont ovoïdes, rougeâ-tres , redressés lors de la floraison ; ils se convertis-sent en cônes d’une forme pyramidale, plus petitsque ceux du pin maritime, n’ayant que 2 à 3 poucesde longueur, un peu courbés à leur extrémité ducôté qui regarde la terre. Ils sont placés sur les ra-meaux dans une situation presque horizontale , etordinairement disposés deux à deux, quelquefoistrois à trois et même quatre à quatre. Les semences.sont grisâtres, marquées de taches noires : seules,elles n’ont* guère plus de 2 lignes de long; avec leursailes , elles ont un pouce et plus.
Il y a deux variétés de pin-laricio : l’une , dontles cônessontd’un jaune roussâtre, et l’autre, où ils.sont d’an jaune verdâtre.
Le pin-laricio croit, ainsi que nous l’avons dit,sur les montagnes de l’île de Corse. M. Ifeslongs-champs observe que cet arbre n’est point confinédans cette ile comme on le pensait. M. Noisette,l’un des pépiniéristes lçs plus instruits de la capi-tale, lui a assuré l’avoir trouvé très-commun en Hon-grie . De son côté, M. Deslongschamps a vérifié quele pin connu dans le Canada sous le nom de pinrouge , et que M. Michaux a désigné, dans son His-toire des arbres forestiers de l’Amérique , sous la dé-nomination latine de pinus mbra , n’est autre choseque le pin-laricio Enfin, M. Deslongschainpspenseque le pin nommé par M. Bosc pin de Caramanie ,et provenant de l’Asie mineure, a trop de ressem-blance avec le laricio pour constituer une espèce dis-tincte de celui-ci.
Le pin-laricio est cultivé depuis une cinquantained’années dans plusieurs pépinières et jardins de laFrance ; mais ce qui s’opposera long-temps à sa pro-pagation , c’est la difficulté d’en avoir des graines.Plusieurs fois l’Administration forestière en a de-mandé à ses agens dans la Corse , elle n’a jamais puen obtenir que de faibles quantités, parce que lescônes se trouvent placés vers le sommet de l’arbre,et que la récolte en est fort dangereuse sur les ar-bres d’une élévation prodigieuse. Cette difficultéporte ceux qui font cette récolte, â mêler avec lesgraines de laricio des graines de pin maritime plusfaciles à cueillir ; mais on peut profiter des coupespour cueillir les cônes sans danger.
Voici la manière de cultiver cet arbre , indiquéepar M. Thouin dans une note rédigée d’après l’in-vitation du ministre de l’intérieur.
« Semer ses graines â l’époque où les gelées blan-ches ne sont plus à craindre, sur un double labour,le premier donné a l’automne, le second au com-mencement du printemps, ou sur un seul dans lecas où l’on manquerait de temps. Le premier moyenest plus avantageux à la réussite des semis. Mêler
à ces graines deux tiers de ce qu’il faut de semencesde céréalei (seigle, orge, avoine ou froment ) poursemer un hectare; herser et rouler le semis lorsqu’ilaura été effectué.
« La troisième année du semis, éclaircir le jeuneplant de manière que les individus se trouvent écar-tés les uns des autres d’environ 16 centini. , et re-arnir les places trop claires. Deux ans après, lesistancier entre eux d’à-peu-près 5 décimèt., et rem-placer les individus malvenans , et ainsi de suitejusqu’à la vingtième année, époque à laquelle lesarbres se trouvant écartés les uns des autres d’en-viron 3 mètres , on les laisse croître librement enniasse de futaie.
» Ces bois ne se coupent pointa blanc, mais bienen jardinant, à commencer par les plus forts, les[dus beaux , et ceux qui sont parvenus à leur termede croissance. Les graines qui tombent des vieuxarbres suffisent pour entretenir la futaie et la fairedurer plusieurs siècles ; il ne s’agit que d’essarter detemps à autre les pieds malvenans et ceux qui setrouvent trop près les uns des autres , en observanttoutefois de ne pas les éclaircir outre mesure, afinque les arbres, toujours serrés sur leurs côtés , s’é-lèvent perpendiculairement, et sans pousser de troplongues branches latérales, à une plus grandehauteur.
» En jardinage, cet arbre peut être considéré commel'un des plus beaux des résineux toujours verts ; ilcroît des deux tiers plus vite que celui d’Ecosse ,placé dans la même nature de terrain.
Nous n’avons pas besoin de répéter que l’exploi-tation en jardinant, pour tous les arbres résineux,est moins avantageuse que l’exploitation par éclair-cie. V. Exploitation.
» Il est propre à border des allées, former desmassifs, orner des coteaux et produire des perspec-tives isolées dans l’atmosphère; sa forme étagée,pyramidale, aiguë, et sa verdure foncée, le ren-dent très-pittoresque : ainsi, il réunit l’utile à l’a-gréable. »
Il parait qu’on 11’est pas d’accord sur la qualité dubois du laricio. M. Thouin dit qu’il est propre à lacharpente des bàtimens civils, à la construction desvaisseaux et à la haute mâture; qu’il est, dit-011 ,un peu plus lourd que le pin du Nord ou de Riga ,mais qu’étant plus résineux que ce dernier , il estmoins cassant et plus élastique.
D’autres auteurs assurent au contraire que ce boisn’a ni la force ni l’élasticité du pin sauvage.
C’est en 1788 qu’on commença à l’employer à lamâture. MM. Leroi et Molinard , ingénieurs de lamarine , envoyés en Corse à cette époque pour y visi-ter les forêts de Lonca et de Rospa , y trouvèrent deslaricios propres à cet objet. Jusqu’alors on ne l’avaitemployé qu’en baux et bordages.
La difficulté de se procurer des pins de Russie dans les dernières guerres, l’a fait employer pourtoutes les parties des vaisseaux qui étaient en boisde cette dernière espèce. On s’en est servi pour lesmâtures; mais il paraît qu’il a fallu donner plus devolume aux mâts pour suppléer à son défaut de forceet d’élasticité. Le bois de laricio a encore , dit-on ,