PIN
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le désavantage d’être chargé de beaucoup d’aubier ,<{ue les vers attaquent facilement si on n’a soin del’enlever. Quant au cœur du bois, il est d’une igrande durée.
Eu Corse, on l’emploie en planches, en madriers,en vergues et en mâtures. Dès l’âge de 36 à 40 ans,il peut être employé à cette destination ; mais sacroissance dure ordinairement de 70 à 80 ans : alorssa hauteur est d’environ 40 mètres et son diamètrede 6 à 7 décimètres.
Les planches qu’on en tire se travaillent bien ;ou s’en sert pour différentes sortes de menuiserie;les sculpteurs l’emploient aussi pour divers petitsouvrages qui servent à l’ornement des vaisseaux.
Le Pix rouge du Caxada, que M. Deslongs-champs croit être le même que .le pi n-laricio, e3t ,suivant M. Michaux, fort estimé pour sa grandeforce et sa durée ; il a le grain serré 6t compacte,et on l’emploie, dans plusieurs contrées de l’Amé-rique septentrionale, aux grandes constructions na-vales, particulièrement pour le pont des vaisseaux ,parce qu’il peut fournir des planches de 4° pieds delong sans aucun nœud. On en fait aussi des corpsde pompes , qui durent long-temps lorsqu’on a soind’ôter tout l’aubier. Débile en madriers, on l’ex-porte en Angleterre. VI. Michaux dit que c’est decette espèce de pin qu’a été fait le grand inàt duvaisseau de guerre le Saint-Laurent , de 5 o canons,construit à Québec par les Français .
Le pin-laricio et son analogue le pin rouge duCanada méritent d’être cultivés en grand dans nosforêts , à cause de leur prompte croissance et desdimensions qu’ils acquièrent. Si leur bois 11’est pasaussi bon pour la mâture que celui des pins duNord, au moins il peut servir pour les construc-tions civiles et autres usages.
Le Pix d’Alef ou Pix de Jérusalem ; est unarbre qui s’élève à 4 ° 0,1 P’"ds , et dont le troncacquiert par le bas 4 à 5 pieds de circonférence ; ilcroit en Syrie et en Barbarie , et en France sur lescôtes de la Provence , où il est commun aux en-virons de Toulon et de Fréjus 5 on lui donne lenom de pin blanc . On le cultive dans les jardins ,aux environs de Paris , quoiqu’il y craigne beaucouples gelées. M. Base, qui en a vu des bois sur les ro-chers de la côte entre Marseille et Toulon , dit quesa hauteur n’excède pas 20 à 3 o pieds , et que sontronc est rarement droit. Les caractères qui distin-guent cette espèce, sont : d’avoir des rameaux plusétalés que dans la plupart dos autres pins; l’écorcedu tronc et de; branches , grisâtre ou cendrée, assezunie ; celle des jeunes rameaux, verdâtre, moins sen-siblement écailleuse que dans beaucoup d’autres es-pèces ; les feuilles très-fines , très-rapprochées de latige, longues de 2 à 3 pouce; et d’uu vert foncé, or-dinairement deux à de ix et quelquefois trois à troisdans la même gaine ; les boutons petits , non rési-neux ; les jeunes pousses blanchâtres; les cônes ovales,un peu arrondis à la base , longs de 2 à 3 pouces ,jaunâtres ou fauves , à écailles formant des pyra-mides fort surbaissées et à base presque aussi largeque longue ; les graines, ovales, longues de 0 lignes,aiguës à la partie inférieure ; elles ont avec leurs ailesplus d’nn pouce de long.
Cet arbre,qui croît dans les plus mauvais terrains,au milieu des pierres et des rochers, est précieuxà multiplier dans les sols de cette nature. Il mériteaussi d’être cultivé dans les jardins paysagers ; maisil lui faut un terrain sec et chaud et une bonne ex-position.
Le pin d’Alep est très-résineux ; c’est à l’exposi-tion du midi et dans les mois de mai et de juin queles arbres donnent plus de résine. Celle qui découlela première reste liquide ; en Provence , où l’on enrecueille beaucoup, on la confond dans le commerceavec la térébenthine de Venise . Le bois sert auchauffage ; il est très-employé en Provence pour touteespèce de menuiserie ; on le préfèreà celui du pin ma-ritime , parce qu’il a le grain plus fin ; il est aussi plusfoncé en couleur. On fait, avec les arbres qui sontbien droits, des corps de pompes pour les vaisseaux.
Le PlX-PlGUIER, PlN-PlGNOX, PlX-BoX, PlX CUL-TIVÉ, PlX de pierre (V. à l’ Atlas,PL XXI, fig. 3 ),croit naturellement dans les départemens du midide la France , en Italie, en Espagne et sur les côtesde Barbarie ; on le cultive dans les parcs et jardinsde Paris . Il en existe deux beaux pieds sur la buttedes arbres verts au Jardin du Roi. Cet arbre estaussi décrit dans la nouvelle édition du Traité desarbres et arbustes de Duhamel : il se reconnaît àl’étendue de sa tète, dont les branches sont étaléeshorizontalement, un peu relevées à leur extrémité ,et forment une espèce de parasol. Son tronc s’élèveà 5 o ou 60 pieds ; il est revêtu d’une écorce rou-geâtre , crevassée-, mais assez unie, excepté sur lespetits rameaux , où elle conserve long-tempsl’empreinte saillante des feuilles, ce qui la rendcomme hérissée d’écailles. Les feuilles sont d’unvert assez foncé, longues de 6 à 7 pouces, réuniesdeux à deux; le fruit est 3 ans à mûrir. Pendantla première année , il est à peine plus gros que n’é-tait le chaton femelle; pendant la seconde, il changede forme , devient presque globuleux , et acquierttout au plus le volume d’une noix; au commence-ment de la troisième , les cônes s’allongent et gros-sissent rapide ment; les écailles, de roussàtres qu’ellesétaient, deviennent d’un beau vert; enfin, au boutde cette dernière année, ils ont atteint toute leurgrosseur, et sont parvenus à leur maturité. En cetétat, ils ont une forme à-peu-près ovoïde; leur hau-teur moyenne est de 4 pouces , et leur plus granddiamètre de 3 ; ils sont d’une couleur roussâtre as-sez uniforme. La partie saillante de leurs écaillesforme une espèce de pyramide raccourcie , à anglesarrondis , dont le sommet est tronqué et commeombiliqué, ou chargé d’un mamelon ; chaque écailleest creusée , à sa base et à sa partie intérieure, dedeux fossettes , dans lesquelles sont logés deuxnoyaux beaucoup plus gros que dans toutes les au-tres espèces du même genre, et dont l’aile est aucontraire beaucoup plus courte. La coquille ligneusedes noyaux est dure et difficile à rompre dans l’es-pèce vulgaire, mais elle est tendre et se casse facile-mentdans la variété qui est cultivée dans le royaumede Naples ; dans l’une et dans l’autre, elle contientune amande blanche, douce, et agréable au goût. Le; fruit du pin à pignon est la pomme de pin des sculp-teurs.