PIN
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floraison. Il faut recueillir les cônes un peu avant lemoment où les écailles a’ouvrent; les, graines peu-,vent s’y conserver jusqu’au printemps, qui est lasaison convenable pour les semer.
Le pin du lord, ou pinus strobus , parait s’accom-moder de toute espèce de terrain; car, suivantM. Michaux, on le rencontre par-tout où le soln’est pas entièrement formé d’un sable maigre etaride, ou continuellement submergé. Cependant lapartie la plus déclive des vallons , où la terre estdouce, friable et très-fertile , les bords des rivières ,où elle est composée d’un sable noir , profond ettoujours froid, et les marais dont la surface est cons-tamment humide, sont les sites où l’on rencontreles individus qui atteignent le plus grand dévelop-pement. J\l. Michaux ajoute qu’il a rencontré fré-quemment des terrains abandonnés à cause de leurstérilité, et qu’il a toujours observé que le pinusstrobus était l’arbre qui s’emparait le premier dusol, et qui, quoique jeune et souvent isolé, résistaitle mieux aux vents impétueux de l’Océan.
Qualités et usages. — Parmi les espèces de pin quepossède l’Amérique septen triona le, il n’en est aucune,dont le bois soit employé en aussi grande quantitéet à des usages aussi variés : ce n’est pas cependantque le bois du pinus strobus soit sans défauts, caril en a même d’assez essentiels, comme de n’avoirpas beaucoup de force, de tenir mal les clous etd’être parfois sujet à se gonfler dans les temps hu-mides ; mais ces défauts sont rachetés par unemultitude de propriétés qui lui assurent la supério-rité sur tous les autres bois du genre des pins. Ilest tendre, léger, peu chargé de nœuds et tacite àtravailler; il résiste mieux qu’aucun autre aux in-jures du temps, et il ne se fend pas aussi facile-ment aux ardeurs du soleil ; il fournit des planchesd’une belle largeur et des pièces de charpente de laplus grande dimension ; enfin il est encore abondantet à bon marché.
L’influence du sol, qui est plus sensible dans lesarbres résineux, que dans ceux qui perdent leursfeuilles, s’exerce particulièrement sur les qualitésdu pinus strobus. Lorsque cet arbre se trouve dansdes terrains formés d’un sable gras , profond ethumide, il réunit au plus haut degré celles de sespropriétés qui le font estimer, notamment la légè-reté , ainsi que la texture fine et délicate de songrain , qui permet de le couper net en tous sens et.sans qu’il s’éraille. Mais lorsqu’il croit dans desterrains secs et élevés, son bois est plus ferme etplus résineux, son grain est plus grossier et sescouches concentriques sont très-espacées.
Ce bois est employé, dans les états du nord del’Amérique , à la construction d’un grand nombre demaisons; à faire des moulures, des corniches et desfrises pour la décoration des appartemens, et descadres pour les glaces et pour les tableaux ; les sculp-teurs l’emploient également pour faire les figuresdestinées à orner l’avant des vaisseaux. A Boston ,et dans les autres villes des états du Nord, l’inté-rieur des meubles en acajou, les malles, les fondsdes chaises, les seaux à puiser de l’eau, beaucoupde caisses d’emballage, les cases et tablettes desmagasins, ainsi qu’une infinité d’autres ouvrages,
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sont faits en planches de cet arbre. Ailleurs,fait des barils pour le poisspn salé. Le? .emgnifiqHp?ponts en bois construits à Philadelphie et à Trop-ton , dont l’un e 3 ,aoo pied? de longueur et l’autrei , 5 oo , sont faits en bois de ce pin, qu’pn a préférécomme résistant mieux aux altérnatives de lachaleuret de l’humidité. Il fournit encore exclusivement, àla mâture des nombreux vaisseaux qui se construi-sent dans les états du Nord et du milieu, L’Angle-terre même a fait venir de très-beaux mâts du districtdu Maine . L’avantage le plus marqué qu’ont les mâtsdu pinus strobus surceux de Riga , c’estd^être incom-parablement plus légers; mais ils sont moins fortset paraissent avoir Te défaut de s'échauffer et depourrir plus vite à l’attache des vergues et dans l’en-trepont. Cependant les constructeurs américains pensent que ces mâts seraient aussi durables queceux du Nord, si on avait soin de garantir exacte-ment leur sommet de l’humidité. C’est dans cettevue que quelques personnes, pour ajouter à leurconservation, ont imaginé de les faire percer d’untrou de plusieurs pieds à leur partie supérieure, etde boucher ce trou hermétiquement après l’avoirrempli d’une certaine quantité d’huile, qui se trouve,dit-on, absorbée au bout de quelques mois. On sesert encore en Angleterre du pin Weimouth pourfaire les vergues et les mâts de beaupré des vais-seaux de guerre.
Cet arbre n’est pas assez résineux pour qu’onpuisse en extraire de la térébenthine, et fabriquerdu goudron avec son bois. Ce travail, d’ailleurs, neserait pas facile ; car il est rare qu’il couvre seulquel-ques centaines d’arpens.
Les personnes qui se livrent à l’exploitation despins de cette espèce, dans les contrées très-reculéesoù ils se trouvent en abondance, les coupent partronçons, qu’ils font descendre parles rivières etqu’ils vendent aux propriétaires des moulins à sciepour les débiter. Si ces bois ne sont pas débités dansle courant de la même année, ils sont sujets à êtreattaqués par de gros vers, qui les perforent dans tousles sens; mais s’ils sont dépouillés de leur écorce,ils peuvent rester exposés aux injures de l’air pen-dant plus de 3 o ans sans s’altérer en aucune ma-nière. C’est principalement dans la ville de Boston qu’est l’entrepôt général des bois de pin de ’VV ei-mouth.
M. Michaux donne des détails très-curieux desexportations de ce bois en Europe et aux coloniesoccidentales. D’après un exposé des importationsfaites en Angleterre des productions des Etats-Unis pendant le courant de 1807, masse totaledes bois arrivés de ce pays, estestiméeà6,84o,66o fr.,et cet auteur croit que le bois du pinus strobuspeut bien entrer pour un cinquième danscette masse.
Culture. — Les excellentes qualités de cet arbreet les nombreux usages auxquels on peut l’em-ployer, doivent engager à le propager en Europe .
11 vient bien dans l’intérieur de ia France et auxenvirons de Paris , où il en existe de beaux indivi-dus. Cependant M. Michaux 11e croit pas que le cli-mat de cette partie de la France lui soit parfaitementconvenable; il pense que c’est sur les bords duRhin, dans les vallées des Alpes et des Pyrénées , et