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instrument dans la terra à force de bras et à coupsdg maillet, en le retirant de temps à autre.
Cette manière de paultiplier les saules et les peu-pliers ne diffère de la multiplication par Boutures (V. ce mot) qu’en ce que les branches qu’on em-ploie sont plus fortes.
Ces deux procédés sont peu usités dans l’économieforestière; mais ils sont très-employés pour planterles bords des rivières , des ruisseaux, des étangs, lesprés, les marais assainis, et tous les lieux bas ethumides.
Les plantards procurent en peu de temps des ar-bres, dont la tonte est d’une grande ressource, dansles campagnes, pour le chauffage et plusieurs autresusages.
On a examiné s’il ne conviendrait pas mieux deformer des plants enracinés dans des pépinières, qued’employer des branches, qui n’offrent pas autant degarantie pour le succès et pour la promptitude de lacroissance. Nul doute que le cultivateur qui auraitl’attention d’élever des boutures en pépinière pourne les planter que lorsqu’elles seraient bien pour-vues de racines, n’aurait un grand avantage. Mais ilest rare qu’on fasse en une seule fois de grandesplantations de ce genre, et on trouve plus expéditif,lorsqu’on n’a que quelques brins à mettre en terre,de les prendre immédiatement sur un arbre voisinde l’endroit qu’on veut planter.
On a blâmé encore la méthode de planter dansdes trous laits avec un pieu, qui comprime et durcitla terre ; ce qui forme obstacle à l’expansion desjeunes racines qui sortent de l’écorce de la partie duplançon qui est en terre : cette critique est égale-ment fondée sur une saine théorie, et sur l’expé-rience du peu de succès qu’obtiennent un grandnombre de plançons, sur-tout dans les terres argi-leuses. On a donc conseillé de substituer la bêcheau pieu et de taire des trous suffisamment profondspour y mettre le plançon. Mais on ne s’est point dis-simulé que cette préparation serait plus coûteuse, etque les plants auraient moins de solidité pour ré-sister aux frottemens des bestiaux, à l’enlèvementfurtif qu’en viendraient taire les délinquans, et àl’effort des vents.
D’après ces observations, il est à croire que l’onsuivra encore long-temps la méthode actuelle : voicicomment on procède d’après cette méthode.
Quand on veut faire des plantations de saule , onémonde , dans le mois de février ou de mars, lessaules qui doivent fournir les plantards ; on met àpart les perches qui sont les plus droites, dont l’é-corce est unie et vive, et qui ont par le gros bout7, 8 ou g pouces de grosseur. On coupe ces branchesà 8 ou îo pieds de longueur î), et sur-le-champ onles lie avec deux harts, par botte de dix à douze :on met le gros bout de ces plantards tremper dansl’eau , environ de la longueur d’un pied; ou bien onles enterre de cette longueurdans une fosse, que l’onrecouvre de terre, et on les y laisse jusqu’à ce cju’onveuille les planter; ce qui se fait depuis la fin demars jusqu’au commencement de mai.
(î) Il serait très-utile île leur laisser quelques rameaux àla partie supérieure.
Quelques personnes préfèrent, lorsque le climatn’est pas très-froid, planter de bonne heure, plutôtque d’attendre la fin de l’hiver, parce que la terre ale temps de se serrer contre le plançon, qui pousseplus vite au printemps et donne de plus beaux bour-geons dans l’année.
Lorsqu’on veut faire une plantation de quelqueétendue, on marque avec des jalons l’alignementqu’on doit suivre; on tend un cordeau d’un jalon àl’autre , et l’on trace avec la pioche un trait le longde ce cordeau. On porte au lieu destiné à la planta-tion la quantité de bottes de plantards qu’on jugepouvoir mettre en terre dans le temps d’uue attelée ,c’est-à-dire entre deux repas , ou l’on transporte letout près de la plantation, si l’on a la commoditéd’avoir de l’eau pour mettre tremper les bottes. Unouvrier apointit, avec un voliu bien tranchant, lesplantards par leur gros bout, n’entamant le boisque d’un côté seulement, afin qu’il reste de l’écorcejusqu’à la pointe du plantard : un autre ouvrier fait,avec la cheville pointue de bois dur ou de fer et unemasse, des trous d’un pied et demi de profondeur,et assez ouverts pour que les plantards puissent yentrer sans trop d’efforts. Quand le trou est fait, onretire la cheville pour y mettre le plantard, ayantattention que l’écoice ne s’en détaille point, parcequ’en ce cas il faudrait le rejeter comme inutile. Si,le plantard enfoncé, le trou se trouve tiop large àson ouverture, on le remplit d’un peu de terre fine ,que l’on affaisse et comprime par quelques coups demasse, afin que l’arbre soit affermi et touche exac-tement la terre de toutes parts. On ne laisse souventqu’une toise de distance d’un plantard à un autrequand on les met sur une file ; mais si l’on plante enquinconce, il est mieux de ne les placer qu’à unetoise et demie. On peut laisser la saussaie en cet étatpendant la première année ; mais dans la seconde , il..e faut pas manquer, après avoir remplacé les plan-tards morts, et redressé ceux qui se sont inclinés,de faire, à 2 pieds de distance des arbres, un fossé,dont on rejette la terre sur leur pied lorsque ce sontdes filets, et des deux côtés quand ces arbres sontplantés en quinconce; et l’on aura par la suite unebelle saussaie, si l’on a soin , tous les trois ou quatreans, de curer ces fossés, pour en rejeter la terrevers le pied des arbres.
Les différentes espèces de peupliers noirs se plan-tent et se cultivent entièrement comme les saules,excepté qu’on ne coupe point les plantards de peu-plier par les deux bouts : l’extrémité supérieure doitrester dans son entier, on doit même y ménagerquelques menues branches. On ne doit pas les été -ter, comme on fait ordinairement des saules, pouren former des têtards. On les émondera seulement ,et on laissera la tige principale s’élever en futaie.On les plantera à une toise et demie ou 2 toises lesuns des autres , et dans un terrain qui ait un peu desolidité, afin qu'ils courent moins de risque d’êtrerenversés par les vents.
Pendant la première année, on ne doit supprimeraucun des bourgeons qui percent à travers l’écorcedu plançon, parce que les plantes se nourrissent parles teuilles comme par les racines. Le seul cas où ilconvienne d’ébourgeonner, est celui où l’un des
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