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l’on voit tant de plantations sans succès. Il faut ,pour bien diriger une plantation , avoir quelquesnotions de physique végétale, et connaître l’in-iluence des terrains., des climats et des expositionssur les espèces qu’on veut cultiver; le mode le plusavantageux de leur multiplication; les usages aux-quels les arbres sont propres, et ceux que réclamentles localités ; les circonstances où les arbres doiventêtre plantés à tel ou tel âge ; les terrains qu’on doitmettre,en bois, et ceux qu’on doit laisser aux cul-tures ordinaires ; les dépenses qu’il convient defaire et celles qu’il convient d’éviter ; les sacrificesqu’on peut faire à l’agrément et à une plus promptejouissance , et les bornes dans lesquelles on doitrester à l’égard des plantations utiles; l’éducationpréparatoire des arbres pour assurer le succès desplantations ; la préparation des terres , et tout cequi concerne la plantation proprement dite, et laconduite et l’entretien des arbres après leur plan-tation.
Les cultures forestières forment donc une sciencetrè6-étendue, et cependant elles sont souvent aban-données aux soins d’ouvriers mercenaires, qui nesont presque uniquement occupés qu’à tirer un pro-fit considérable de leurs entreprises. Ces planteurs ,guidés par une routine grossière, qui leur tient lieude science , n’ont jamais contracté l’habitude de ré-fléchir sur les principes de leur art : leur intérêt estle seul objet qui fixe leur attention ; c’est l’uniquebut et le seul mobile de leur industrie. D’ailleurs ,il semble qu’un cultivateur tient plus qu’un autreau sol qui l’a vu naître ; il ne voyage point commel’ouvrier qui appartient aux arts mécaniques; il nepeut observer, comme celui-ci, les méthodes quisont en pratique chez l’étranger. Fixé dans un mêmelieu, il n’a occasion d’examiner que ce qui se passeautour de lui; il plante un arbre de la même façonque son père le plantait ; il ignore qu’il y ait d’au-tres méthodes à suivre plus conformes à la marchede la nature et plus appropriées aux circonstances.L’étude des planteurs est donc très-bornée; et lors-que ces hommes, qui n’ont que de la pratique, etqui sont concentrés dans un petit cercle d’idées ,veulent entreprendre de transmettre à d’autres leursconnaissances, ils exposent leurs méthodes d’unefaçon trop confuse pour pouvoir être instructive ;ils disent en gros et sans ordre ce qu’ils ont prati-qué en diverses circonstances; mais il n’y a queceux qui se trouvent précisément dans les mêmescas qui en puissent tirer quelque avantage. On nedoit cependant pas mépriser les mémoires de cespraticiens , quand ils ne cherchent pas à s’élever au-dessus de leur portée , et qu’ils se renferment dansl’exposé simple et naïf de ce qu’ils ont exécuté pareux-mêmes. Ce sont des vérités dont un hommeinstruit peut profiter. On apprendra d’un planteurqui habite une province où il ne se trouve que dessables ce qui lui aura le mieux réussi dans ces sortesde terrains ; d’autres nous instruiront des planta-tions que l’on peut faire avec succès dans des terrainsde craie ou de glaise, ou dans des terres arides , oudans des pays aquatiques. Souvent chaque planteurn’aura opéré que dans une espèce particulière deterre; mais comme il y aura travaillé long-temps,
les occasions de s’instruire se seront multipliées, aumoins sur un point particulier.
La plupart de ces observations, faites par Duha^mel, il y a 60 ans, sont encore applicables à nosjours, quoique, depuis cet auteur, il ait été publié debons ouvrages sur l’art de cultiver les bois. Cepen-dant il est sorti du Jardin royal des Plantes , à Pa-ris , et des autres établissemens publics de ce genrequelques ouvriers qui raisonnent leur art ; mais cesbons planteurs sont encore rares, et on ne les trouveguère que dans las environs des grandes villes, oùils s'occupent de la conduite des pépinières.
Dans les autres parties du royaume, la routineconduit encore le plus grand nombre des ouvriers ,et c’est au défaut de planteurs instruits qu’il faut at-tribuer tantde défauts de succès dans les plantations.Le moyen de former des liommes capables de bienexécuter ces travaux, est d'établir des écoles fores-tières et des écoles pratiques de culture. V. Cultureet École forestière.
Le peu d’instruction que l’on trouve parmi les ou-vriers est un motif de plus pour les propriétaires etles préposés des forêts, de chercher à acquérir lesconnaissances nécessaires pour diriger les travauxqu’ils ont à faire exécuter. Il n’est pas nécessaire ,ainsi que l’observe Duhamel , qu’ils prennent eux-mêmes la pioche ou la bêche ; ils doivent laisser auxcultivateurs de profession l’exécution des travauxlaborieux et manuels : « mais , ajoute cet auteur , nenégligeons pas de les voir opérer ; étudions ce quirésulte de leurs opérations ; employons leurs braspour faire des tentatives, et contribuons à la perfec-tion de leur travail , en faisant pour eux et mêmeavec eux des réflexions utiles sur l’accord de leursopérations avec la marche uniforme de la nature. Sinous sommes assez heureux pour parvenir à fairequelques découvertes utiles , empressons-nous deles rendre publiques, afin de mettre nos conci-toyens en état d’en partager avec nous les avan-tages. »
CHAPITRE IL—observations préliminaires
SUR LES SEMIS ET PLANTATIONS- Cas OU IL FAUT
PRÉFÉRER LA PLANTATION AU SEMIS.
Nous dirons ici peu de chose des semis, parce quenous en parlons avec détail à l’article spécial quileur est consacré. (Y. Semis.) La plantation n’estpoint une opération naturelle comme le semis, lisemble que la nature n’avait point destiné les arbresà changer de place, et que l’implantation de lagraine soit le seul moyen de multiplication qu’elleait indiqué. En effet, la plupart des arbres élevés desemences poussent une forte racine qui s’enfonceperpendiculairement en terre , et qui est destinée àsoutenir l'arbre contre l’effort des vents , et à luiprocurer la fraîcheur et les sucs nécessaires à sanourriture. Nous avons dit, à l’article Pivot , qu’ilétait souvent impossible de conserver cetteprécieuseracine lors de la transplantation, et l’on sait que:si on fait des retranebemens aux racines , il faut enfaiiedans la même proportion aux branches, pourétablir entre les unes et les autres l’équilibre né-cessaire à la réussite de la plantation. Ces amputa-tions sont des opérations violentes, dont les effets