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Tome second.
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sont presque toujours plus ou moins marqués par unecroissance plus lente et moins vigoureuse , par unemoindre élévation et une moindre durée de l’arbre,et. par une quantité de bois inférieure. Ces effets sontd’autant plus sensibles que l’arbre est naturellementpourvu d’une plus longue racine pivotante , commele chêne et le noyer. Il faut, pour ces espèces d’ar-bres , se rapprocher le plus possible des intentionsde la nature, en les plantant fort jeunes avec leurpivot, ou au moins avec une grande partie de cetteracine. Mais si l’on est obligé de les planter à uncertain âge , au moins faut-il , par une culture pré-liminaire, les forcer à produire des racines latéralesqui puissent, jusqu’à un certain point, remplacerle pivot dont on les a privés. Y. Pépinière.

Mais il y a des arbres qui, comme l’orme et lepeuplier blanc , ont la propriété de se garnir natu-rellement d’un grand nombre de racines latérales ,et pour lesquels, par conséquent, le pivot est d’unemoindre importance. La transplantation de ces ar-bres a moins d’inconvéniens que celle des autres -,cependant l’on est toujours obligé de raccourcir lesracines mutilées par l’extraction, et de faire la mêmeopération aux branches.

A l’égard des arbres fruitiers, la transplantation,sans être plus naturelle que pour les arbres fores-tiers, est cependant avantageuse en ce que , hâtantla maturité de l’arbre , elle l’amène à fruit pluspromptement. D’ailleurs la production en bois n’estd’aucune considération pour ces arbres.

Enfin, les arbres d’agrément que l’on plante dansdes lieux clos et à l’abri des grands vents , pouvantse passer de leur pivot , la transplantation à leurégard ne présente pas beaucoup d’inconvéniens.

Mais quels que soient les avantages de la mul-tiplication des arbres par la voie des semences sur leslieux mêmes où ils doivent rester, et quoique cettevoie soit assez ordinairement la plus économique ,il y a néanmoins un grand nombre de circonstancesoù il faut employer la plantation : voici les cas lesplus ordinaires.

i°. Les routes, les promenades, les allées nepeuvent être garnies d’arbres que par le moyen dela plantation; car les plants qu’on voudrait éleversur place au moyen des semences, se feraient troplong-temps attendre , et seraient exposés à un sigrand nombre d’accidens , qu’il serait presque im-possible de les amener à bien. Il faut, dans ce cas ,employer des plants de 2 à 3 mètres ( 6 à 9 pieds )de haut, et assez gros pour résister à la plupart desatteintes auxquelles ils sont exposés.

2°. Les terrains destinés au pâturage des bestiaux,les parcs fréquentés par le gros gibier, et les terrainsaquatiques,où les semenceset mêmeles jeunesplantsne réussiraient pas; enfin tous les endroits exposésà la fréquentation habituelle des hommes et des ani-maux, exigent qu’il y soit fait des plantations d’ar-bres à haute tige , comme pour les routes et les ave-nues. On protège ces arbres par des piquets et desépines.

3 °. Quand on veut mettre en bois un terrain oùle gazon et les grandes herbes croissent en abon-dance , on doit craindre que les semis n’y soientétouffés au moment de leur développement. Il faut

donc employer de préférence la plantation , et dansce cas on se sert de jeunes plants de 3 à 5 décim.( un pied à un pied et demi ) de haut, qu’on espaceà un mètre (3 pieds) en tous sens.

4°. Quand il s’agit de repeupler de petits espacesvides, soit dans les bois, soit dans les parcs d’a-grément, et que ces espaces sont entourés de boisqui aient de 3 à 4 mètres ( 9 à 12 pieds ) de haut ,c’est le cas de planter des arbres à-peu-près de lamême hauteur, afin qu’ils ne soient pas étoufféspar les arbres voisins.

5°. Quand on a des repeuplemens à faire dans cer-tains climats avec des espèces d’arbres qui ne pour-raient, dans leur enfance , en supporter la rigueur,ou dans des terrains où les semis ne peuvent réussir,comme dans les craies de la Champagne , qui segônflent par l’effet de la gelée , et qui, en se ras-seyant , laissent à nu les racines des jeunes plants ,il faut, dans tous ces cas, employer des plants unpeu forts , et qui aient de 4 à 5 décim. de haut, etles espacer depuis un mètre jusqu’à un mètre3o déciin. (3 à 4 pieds ). Cette plantation opéreraun repeuplement plus sûr et à moins de frais qu’unsemis, qui, dans de semblables circonstances, ararement un bon succès.

6 °, Quand on fait venir des semences de l’étran-ger , il est important d’en assurer le succès par uneculture soignée; et comme il s’en perdrait beau-coup dans un semis fait à demeure , on en formedes semis particuliers pour n’en tirer les plants quelorsqu’ils sont en état d’être transplantés Ces plan-tations coûteraient-elles plus que n’aurait coûtéle semis à demeure , il faudrait encore les exécuter,parce qu’il vaut mieux employer la plus grande par-tie de la dépense à payer des journées d’ouvriersque d’envoyer à l’étranger des capitaux considéra-bles pour se procurer une plus grande quantité desemences.

7 0 . Quand il s’agit de faire faire des repeuple-mens sans frais, par exemple par des communespauvres sur leurs propriétés , on leur procure desplants extraits des forêts ou des pépinières. Les ha-bitans n’ont à s’occuper que de la main-d’œuvre, eton en obtient des repeuplemens bien plus considé-rables que si on les eût astreints à employer des se-mences que souvent ils n’auraient pu se procurerqu’en les payant.

8 °. Enfin, quand on manque de graines forestiè-res , il faut exécuter les repeuplemens par le moyendes plantations , afin de ne pas perdre de temps etde pouvoir, chaque année, opérer les améliorationsqu’exigent les forêts.

Dans tous ces cas, les plantations sont utiles etsouvent indispensables ; mais toutes les fois qu’onpourra mêler le semis à la plantation, 011 obtiendraun succès très-avantageux. Dans ce cas , on plantetout le terrain en bouleaux, marceaux et autres boisde prompte croissance, par rangées éloignées lesunes des autres de deux mètres ( 6 pieds ). On leurdonne deux légers labours pendant deux ans; etcomme ils ont alors assez d’élévation pour fournirdel’ombre, on sème, après le derniar labour, fait enautomne, sur des rayons pratiqués entre les lignesde plants, des semences de bois de bonnes espèces ,