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Tome second.
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qu'on coupe l'extrémité d’une racine ou du rameaud’une racine , on arrête 1a prolongation de cette ra-cine ou de ce rameau , et qu’on détermine le déve-loppement de plusieurs ütitres rameaux. Or y il estde fait que plus les racines sont multipliées oupourvues d’un plus grand nombre de rameaux, plusles plantes sont vigoureuses , et plus elles peuventnourrir abondamment de fruits. C’est sur ce faitqu’est fondée la pratique des jardiniers, qui coupentla pivot à leurs espaliers, à leurs melons , à leursoeillets , etc. Il n’y a réellement que les arbres quidoivent s’élever beaucoup, résister aux vents et vi-vre très-long-temps, à qui il soit nécessaire de le con-server. V. Pivot et Plantation.

Lorsqu’on coupe une fois, ou de loin en loin, letronc ou les branches à un arbre pendant l’hiver, lesracines ne paraissent pas s’en ressentir , quoiqu’elles«’en ressentent nécessairement, parce que l’arbre re-pousse des jets nombreux , fort garnis de teuilles ;mais si, tous les ans, on coupe ces jets, alors les ra-cines cessent de croître en grosseur et en longueur ;elles ne donnent que du chevelu. Ce fait s’observetrès-bien dans les jardins où l’on a conservé la modede tailler les arbres en boule , les charmilles en pa-lissade; il s’observe aussi sur les espaliers, les que-nouilles , les nains , enfin sur tous les arbres soumisà la taille.

Plusienrsobservations deDuhamel constatent quele chevelu de beaucoup de plantes, d’arbustes,d’arbrisseaux et d’arbres périt toutes les années , etque toutes les années il en renaît un nouveau.

Les arbres résineux sont dans une catégorie dif-férente. Leurs racines ne se régénèrent pas plus queleurs branches i de là la nécessité de ne jamais cou-per ces racines et de leur faire subir plusieurs trans-plantations dans le premier âge, lorsqu’on veut as-surer leur reprise dans un âge plus avancé. V. Mé-lèze , Pin , Plantation , Sapin.

Cependant, en général, on doit ménager autantque possible , les racines dans l’arrachis et la plan-tation des arbres; ce n’est que dans le cas où leurconservation exigerait pour les arracher et pour lesplanter une trop grande dépense qu’on doit leurFaire subir des amputations.

On remarque que toute racine mise en terre dansune position trop forcée, et qui décrit, par exemple,lin demi-cercle, un angle droit, ne s’allonge pluset finit Iç plus souvent par périr : d’où l’on conclutqu’il vaut mieux la couper lorsqu’on ne veut paslui donner la même position qu’elle avait précédem-ment, puisqu’on gagne au moins l’accélération dela sortie des fibrilles latérales, qui dédommagent dela perte de cette racine.

Des deux principes que plus il y a de racines ,pins il y a de tiges et de branches et par consé-quent de feuilles, et que plus il y a de tiges ou debranches et par conséquent de feuilles, plus il y ade racines , résulte l’utilité du buttage pour avoirplus de fruit, comme dans le maïs, plus de feuillescomme dans le chou , ou plus de racines , commedans la pomme de terre.

On peut encore rapporter à ces principes la pra-tique de couper les tiges ou las branches en tempsconvenable, pour fortifier les racines, parce que le

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résultat de cette amputation est le développementd’une plus grande quantité de nouvelles branches qui,ayant des feuilles plus nombreuses et plus larges, dé-composent l’air avec plus de facilité , et portent auxracines une plus grande abondance de nourriture.

A ces conséquences nous ajouterons que si uneplantation languit, que si un bois est aorouti, lerecépage qu’on en fait contribue à-la-fois à donnerplus de vigueur aux jets qui lui succèdent, et parsuite aux racines, qui profitent de la surabondancede nourriture qui leur est renvoyée par les feuilles;mais que si un taillis est souqiis à des exploitationstrop fréquentes; si un arbre est trop souvent élagué,il résulte de la privation répétée des branches, etpar conséquent des feuilles, une cause de langueuret d'affaiblissement pour les racines : aussi l’expé-rience prouve-t-elle que les taillis soumis à des cou-pes trop fréquentes se détériorent bien plus vite queceux qui ne s’exploitent qu’à des âges plus conve-nables aux essences dont ils sont composés. Unesouche d’arbre, dit M. Hartig, ne vit jamais au-tant lorsque l’arbre est exploité en taillis, que si cetarbre n’eût point été coupé. Enfin , comme la forcedes racines dépend de la vigueur des tiges et desbranches, de même que la force des brauebes dé-pend de celle des racines , il est évident qu’un tail-lis qui sera coupé souvent , et dont par conséquentles racines sont faibles et grêles, ne donnera quede faibles productions. V. Aménagement , Exploi-tation , Taillis .

Les racines tendent toutes vers les terres les plusabondantes en terreau, les plus nouvellement re-muées, les plus imprégnées d’humidité. Toutes lesfois qu’on voit un arbre dont les branches sont plusgrosses ou plus nombreuses d’un cûté, on peut êtreassuré qu’il y a une veine de terre de meilleure qua-lité , ou qui a été plus souvent labourée , ou fumée ,ou arrosée.

Dans quelques cas cependant, ce sont les brauebesqui font les grosses racines : par exemple , lorsqu'unarbre est placé de manière qu’une des j arties de satète est privée d’air et de lumière , toute sa force vé-gétative se porte dans les parties opposées. On voitfréquemment ce cas dans les clairières et sur le* li-sières des bois; ou le voit de même sur les arbresplantés contre les murs des jardins. La conséquencepratique de cette observation, c’est i°. qu’il faut éloi-gner des murs, des rochers , des massifs les grandsarbres auxquels on veut conserver une forme régu-lière; qu’en plantant les espaliers il est avantageuxde placer, autant que possible, deux des principalesracines en opposition dans la direction du mur, etde raccourcir les autres, afin qu’il ne sorte pas defortes branches sur le devant ou sur le derrière deces espaliers. Nous en avons tiré une autre consé-quence dans nos articles sur les Aménagement et lesBois de marine , c’est que pour se procurer des ar-bres courbes et courbaus , il faut au contraire réser-ver des arbres sur les lisières des forêts et les routesdes forêts et dans les clairières , puisque, dans cespositions, les branches et les racines s’étendant ducôté de l’espace vide, et forment ainsi, avec le corpsde l’arbre, les pièces les plus recherchées pour laconstruction des vaisseaux.