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rymbes terminaux. Cette espèce se cultive dans lesjardins d’agrément, qu’elle embellit par ses grossestouffes , ses larges feuilles et ses bolles fleurs.
La Rostce noihe est un arbrisseau épineux connude tout le inonde, et qui se trouve dans presquetoutes les haies, sur les lisières des bois, sur lesbords des prairies et des fossés; elle a les racinestraçantes et un grand nombre de tiges ligneuses,anguleuses, rameuses, formant un buisson de quatreà six pieds. De leur base ou de la racine naissentordinairement des rejets vigoureux , redressés, ar-qués , et de douze à quinze pieds. Les jeunes rejetsont l’écorce rougeâtre, et les tiges principalesde couleur grise : ils sont, les uns et les autres ,armés d’aiguillons forts et recourbés. Les feuilles ,dont la plupart persistent pendant l’hiver , sont pé-tiolées et composées de trois ou de rinq foliolesovales , pointues, à dentelures profondes et irrégu-lières , sillonnées d’un vert foncé en dessus, griseset légèrement pubescentes en dessous; elles sontsouvent solitaires vers la cime des jeunes pousses.Les pétioles sont également armés de petits aiguil-lons recourbés, et ils sont accompagnés de deux sti-pules lancéolées. Les fleurs blanches ou rougeâtres,portées sur des pédoncules rameux, paraissent dèsle mois de mai et se succèdent jusque dans l’au-tomne ; elles forment, par leur réunion de trois oucinq ensemble, de petits bouquets au sommet desrameaux. Les fruits mûrissent depuis le mois d’aoûtjusque dans l’arrière-saison ; ils sont composés degrains nombreux, noirâtres, luisans , aigrelets etun peu sucrés lors de leur parfaite maturité.
Cet arbrisseau croit par-tout, à l’ombre, au soleil,dans les bois et dans les mauvais terrains ; cepen-dant il préfère ceux qui sont gras et humides, et il.y pousse quelquefois des tiges qui s’élèvent, dès lapremière année, à douze et quinze pieds de haut.Il se multiplie au surplus et s’étend d’une manièreprodigieuse ; car sa propagation a lieu non-seule-ment par ses fruits et par ses nombreux drageons,mais souvent encore par l’extrémité de ses tiges, quis’enracinent vers ce point lorsque, manquant d’ap-pui , elles rampent à terre. Il est à remarquer queles tiges de cet arbrisseau qui ont porté des fruitspérissent ordinairement pendant l’hiver, qu’il enpousse de nouvelles au printemps, et que ce sontordinairement les tiges de deux ans qui donnent desfruits.
La ronce noire , par sa rapide multiplication etla faculté qu’elle a de s’étendre beaucoup, devientsouvent nuisible à la végétation des bois, quoiquesa présence favorise quelquefois le développementdes semis naturels et protège les jeunes bois contrel’accès des bestiaux dans les endroits soumis aux pâ-turages. Ces avantages accidentels ne peuvent l’em-porter .sur les inconvéniens de sa multiplication, nipar conséquent en motiver la culture.
Tous les bestiaux , à l’exception du cheval, man-gent les feuilles de ronce. Les chèvres et les mou-tons les recherchent beaucoup, sur-tout lorsqu’ellessont encore jeunes ; les vers à soie s’en accommo-dent assez bien : on les regarde cependant commeastringentes et détersives.
On dit que la ronce noire fournit fort peu de po-
tasse par l’incinération , parce que le bois contientbeaucoup de moelle , et on conseille, lorsque cetteplante est abondante et qu’on.- né peut la consom-mer entièrement pour chauffer le four, de la jetersur le fumier, où elle pourrit rapidement et fournitun bon engrais. 11 résulte cependant des expériencesde M. de Werneck que la rtmee n’eat pas aussipauvre en potasse qu’on semble le croire; elle oc-cupe, sous ce rapport, la quarante-quatrième placedans un tableau de soixante-treize espèces ou quali-tés de bois, rangées dans un ordre décroissant, et elledonne, par mille livres de combustible , une livresix onces cinq gros de potasse. Ainsi ce ne peut êtreque par rapport à son volume et non à son poidsque son prpduit en salin a été apprécié.
Presque toutes les haies sont abondamment gar-nies de ronces ; mais elles leur nuisent souvent enles étouffant, si on n’a soin d’en arrêter l’élévationen les coupant à deux ou trois pieds de terre pen-dant L’été, et d’en diminuer l’étendue en arrachant,chaque hiver, les rejetons qu’elles produisent euavant de la haie. On peut les employer seules â for-mer d’excellentes haies, pourvu qu’on leur donneun palissage ou une liaie sèche pour support. Enfinles ronces , par leurs racines traçantes et nom-breuses , servent à retenir les terres sur les reversdes fossés, au bord des ruisseaux, et dans lespentes rapides des montagnes, où elles croissent na-turellement.
Quand on veut établir une haie de ronces, on peutou en semer la graine, ou employer des plants en-racinés arrachés dans les buissons. Le premier deces moyens ne s’emploie guère, parce qu’il est très-long. La plantation se fait au commencement del’hiver ; 011 rabat les tiges à quelques pouces des ra-cines, si on veut que la reprise soitsûre, ou bien onLes recourbe pour enterrer leurs extrémités et leurfaire prendre racine, si on veut que la haie soit bienfourrée.
Le fruit de la ronce est d’abord âpre au goût , ildevient ensuite acidulé et enfin fade par l’excès desa maturité ; il est nourrissant et rafraîchissant : lesenfans dans les campagnes le recherchent beaucoup.Dans quelques endroits, on en fait du vin qu’on ditêtre aussi bon que celui de .la vigne ; on en faitaussi des confitures et un sirop agréables, recom-mandés dans les maladies du poumon et Les ailleursd’urine. La difficulté de les récolter est la seulecause du peu d’usage qu’on en fiiit.
La culture de cet arbrisseau a produit plusieursvariétés dans les jardins : i°. la ronce à fouillescotonneuses et d’un gris cendré en dessus, rubustomentosus ; 2 °. la ronce à fouilles laciniées, rubuslaciniatus ; 3°. la ronce sans épines , rubus inermis ;4°. la ronce à fleurs doubles, rubus flore albo, pleno;5°. la ronce d fruits blancs ; 6°. la ronce à fouillespanachées. Parmi ces variétés celles à fleurs doubles,à feuilles découpées et à feuilles panachées, sont lesplus propres à la décoration des parterres et des jar-dins paysagers. La première se distingue particu-lièrement par l’éclat de ses fleurs, qui se succèdentpendant long-temps , et elle produit un très-bel ef-fet sur les rochers de ces jardins..
La Ronce bleuâtre croit par toute l’Europe ,