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un couteau , puis ils les tordent ensemble; ils en fa-briquent aussi des paniers élégans et commodes quise vendeht en Suède , et ils construisent, avec le boisdu picéa, des barques' légères, qu’un homme peutpôrtet iùr job dos. Ces barques sont faites de plan-ches' minces liées ensemble avec les cordes dont onvient de parler, et il n’y entre point de fer. Les La-pons mangent des excroissances de la grosseur d’unefraisé 1 , qu’ils cueillent aux extrémités cfes branches,et qui sont produites par des insectes. Enfin les ha-bitans; du Fin-Mafck nourrissent leurs ehevau», enhiver, avec les sommités des rameaux de picéa mê-lées avec de l’avoine. :»
Comme arbre de décoration , le picéa se plante enavenues, dans les bosquets d’hiver, sur les pointsélevés, dans les jardins paysagers et dans les mas-sifs, et par-tout il produit un effet pittoresque. Ilfaut avoir soin , quand on le plante un peu âgé, c’est-à-dire lorsqu’il a environ 7 à 8 pieds de haut, de lesoutenir avec des fourches, pour le garantir de l’at-teinte des vents, et d’opérer, au surplus, comme nousl’avons (lit pour Ite sapin.
11 nous reste àl parler des sapins de l’Amériqueseptentrionale : ce que nous en dirons sera en très-grande partie extrait de l’ Histoire des arbres fores-tiers de P Amérique par M. Michaux.
Le Sapin-B4U.MIEK deGiléad, ou le Baumiehde Giléad , est un arbre d’environ 40 pieds de hautsur un diamètre de 12 à i 5 pouces, qui appartientaux régions les plus froides de l’Amérique du Nord .Son tronc est très-effilé; il ressemble beaucoup ànotre sapin commun par ses feuilles et sa forme py-ramidale; ses feuilles sont pareillement tronquéesau sommet, et d’une couleur argentée en dessus,mais plus nombreuses et plus éparses.
Les cônes sont aussi de forme cylindrique , et di-rigés vers le ciel. Son bois est léger , peu résineux ,et jaunâtre vers le cœur. On en fait peu d’usage enAmérique. On recueille , dans le Canada et le dis-trict du Maine , la résine de cet arbre , comme onrecueille en Europe celle du sapin commun, et onla vend sous le nom de baume de Giléad, quoiquele véritable baume de ce nom soit le produit d’unarbre d’Asie très-différent ( Yamyris gileadensis).Elle est employée en médecine.
Cet arbre est cultivé depuis long-temps en Eu-rope , et s’y multiplie de graines; mais il ne peutfixer l’attention des forestiers , sa place est dans lesparcs et les jardins d’agrément.
Le Sapin-IIemeock-Spruce , Sapin , ou Sapi-nette dü Canada , est encore un arbre qui appartientaux régions les plus froides du Nouveau - Monde ,où il entre pour une grande partie dans la composi-tion des forêts résineuses. Son tronc s’élève à 70 et80 pieds de haut, sur une circonférence de 6 à 9 pieds,qu’il conserve jusqu’aux deux tiers de sa hauteur. 11parait tenir le milieu entre les sapins et les picéas.Ses feuilles sont aplaties et disposées en peigne ,comme celles des premiers ; mais ses petits cônessont inclinés vers la terre, et les écailles ne se dé-tachent pas de l’axe. Son aspect est fort différent desautres sapfos ; il est dépourvu de flèche, et ses bran-ches sont plus longues, plus grêles et plus inégale-ment répartie^ sur le tronc. Il a une forme élégante
dans sa jeunesse; mais, suivant JM. Michaux, quil’a observé dans les forêts de l’Amérique ^ il prend,lorsqu’il est arrivé à son entier développement, -unaspect qui offre l’image fle la décrépitude; ses grossesbranches sont souvent'cassées, à 4 eX 5 ; pieds dutronc, ou desséchées à leur extrémité., défaut qu’onattribue à la surcharge des neiges sur les brancheshorizontales et touffues. Il offre une autre singula-rité , c’est que dans les terrains très-secs et pierreuxil ne s’élève quelquefois qu’à 34 oui 3 o pouces^, etque , dans cet état, ses rameau* tendent plutôt as’abaisser vers la terre qu’à s’élever: Son bois estfort peu estimé; il se fend mal, à cause de la dicec-tion oblique de ses fibres ; il est souvent faux-vérité,parce que la cime de cet arbre donne beaucoup deprise aux vents ; il pourrit promptement dans lesconstructions exposées aux intempéries, et ii est peurésineux; cependant on l’emploie dans la construc-tion intérieure des maisons, où il est aussi durableque celui des autres arbres ; on en fait des lattes, despieux pour la clôture des champs, et des planchesqui ont l’avantage de bien retenir les clous , parce(pie son grain , quoique grossier , est. assez ferme.
Mais si le bois de henilock-spruced. peu de qualité,on tire un grand parti de son écorce pour le tannagedes cuirs, auxquels sa couleur, d’un rouge foncé , secommunique. Quoique cette écorce soit d’une qua-lité inférieure à celle du chêue , son mélange aveccette dernière opère un meilleur tannage que si lesdeux écorces étaient employées séparément. Elle faitl’objet d’un commerce considérable dans les étatsdu Nord , le bas Canada, la Nouvelle-Ecosse , etc.
On dit que cet arbre a été introduit en Europe en1736 II y donne des graines ; mais généralement enFrance il vient assez mal, parce qu’il est toujoursplacé dans des situations trop découvertes et tropsèches. Au surplus , il ne présente pas assez d’avan-tages pour entrer dans les cultures forestières.
M. Bosc dit qu’en Amérique on emploie généra-lement les jeunes pousses de Vkemlock-spruce pourfabriquer de la bière ; que le goût de cette bière estpeu agréable lorsqu’on n’y est pas accoutumé, maisque son usage passe pour être sain et sur-tout anti-scorbutique ; qu’on y mêle de la mélasse et de l’orgelorsqu’on veut en augmenter la force et la qualiténutritive.
Le Sapin noir, I’Epinette noire du Canada ,est, comme les précédens, un arbre indigène aux ré-gions froides de l’Amérique septentrionale, où ilforme souvent le tiers de la masse des forêts. 11 yest sur-tout abondant dans les vallons dont le solest humide, noir et profond. Son tronc , qui s’élèvejusqu’à 70 et 80 pieds sur 18 à 20 pouces de dia-mètre, est droit, terminé par une longue flèche,revêtu d’une écorce unie et non crevassée , et garnide branches horizontales, qui, diminu nt d’étenduevers le sommet, présentent une pyramide très-ré-gulière. Ses feuilles sont d’un vert sombre et triste ,longues d’environ 4 lignes, roides, très-nombreuseset attachées isolément sur toute la surface des bran-ches. Les cônes sont petits , ovales , rougeâtres, at-tachés aux extrémités des rameaux les plus élevés etinclinés vers la terre, composés d’écailles minces ,légèrement çrénelées à leur base, et souvent fendues