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Tome second.
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veaux , se plaisent, ainsique les saules ordinaires ,dans les marais; cependant on en voit plusieursespèces qui subsistent dans des terrains assez secs.

M. de Perthuis indique une très-bonne méthodede plantation, dont voici les principes : prendre lesplantards sur des saules bien venans et cjui n’aientpas été tondus depuis 4 jusqu’à 6 ans; faire les trousde i 5 pouces de profondeur dans les terrains sains,et seulement de 12 dans les terrains humides; leurdonner cependantun peu plus deprofondeurpour éta-blir dans le fond un petit lit de terre meuble avantd’y introduire le plantard; fouler légèrement ce litde terre avec le bout inférieur du plantard , afin quesa coupe s’applique plus immédiatement sur cetteterre; remplir le vide du trou avec de la terre meu-ble qu’on foulera légèrement; butter le plant de 12à i 5 pouces de hauteur pour le préserver du liâleet éloigner les animaux; espacer à 10 pieds en toussens dans les plantations isolées, à 10 pieds sur unsens, et à i 3 sur l’autre dans les saussaies pleines;armer les plantards d’épines pour les garantir dufrottement des bestiaux; planter plutôt en automnequ’au printemps; visiter les saules tous les deuxmois dans la première année, pour les ébourgeon-ner jusqu’à un pied de leur tète, et continuer cesoin pendant 2 ou 3 ans; tondre les saules de très-près et à la hachette, en é\itant de fendre la tige,pour prévenir l’introduction de l’eau, qui gâteraitle cœur de L’arbre; dans l’hiver qui suit la tontedes saules, éclaircir les pousses de l’année; ne lestondre qu’à la cinquième an née pour la première fois.

Le Nouveau dictionnaire d’agriculture ajoutequ’il faut préférer au pieu de bois ou de fer donton se sert pour former les trous destinés aux plan-tons, une pince de fer terminée en fer de lance,avec laquelle on perce les trous par un mouvementgiratoire; que par cette méthode la terre est moinstassée autour du plançon, mais que le meilleur detous les moyens est de faire des trous avec la bêcheou la pioche.

Exploitation. — Les saules s’exploitent princi-palement par émondes. O11 a beaucoup discuté surla question de savoir s’il valait mieux conserverles saules dans toute leur hauteur que de les établiren têtards. Certainement cette dernière méthode ades inconvéniens graves , principalement celui d’ac-célérer la pourriture du cœur de l’arbre; mais elle1 aussi des avantages tels qu’elle prédomine par-tout,et par exemple celui de former des taillis hors desatteintes des bestiaux, et sous lesquels on peut éta-blir d’autres cultures, ou au moins trouver des pâ-turages. Une saussaie produit peu par sa coupe;mais cette coupe se renouvelle fréquemment, desorte qu’en définitive on en tire plus de profit quedu même nombre de pieds d’une autre nature debois. Sa dépouiLle est toujours d’un débit assuré,sur-tout dans les pays vignobles : c’est ce qui faitqu’on en forme par-tout où le terrain le comporte.— C’est en automne , ou pendant les jours tempé-rés de l’hiver qu’on doit tondre les saules; ceux quiattendent pour le faire que la sève soit en mouve-ment, occasionnent la déperdition d’une grandequantité de cette liqueur, qui ne peut pas, par con-séquent, être employée à la reproduction des bour-

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geons : aussi, dans ce cas, les pousses sont faibleset souvent le pied meurt. Les branches coupéesdoivent être dépouillées de leurs rameau* et por-tées sous des hangars. Lorsqu’on les laisse à l’air,la végétation s’y conserve en activité, et la dessic-cation en est d’autant retardée. Cependant lors-qu’on veut faire des échalas avec ces branches , ilest mieux de ne les pas rentrer, parce que cettemême végétation facilite leur écorcement, opéra-tion qui concourt avec leur dessiccation parfaite à ladurée de ces échalas. Il est d’observation qu’il nefaut les employer que La seconde année après leurcoupe, si on veut en tirer tout le parti possible.

Généralement on abandonne les saules en tê-tards à eux-mêmes, et après leur tonte ils se gar-nissent, la première année, d’une immense quan-tité de jets, qui se nuisent réciproquement. La théo-rie et la pratique prouvent qu’il est très-avanta-geux de supprimer les plus faibles entre les deuxsèves, ou, si on ne l’a pas fait à cette époque, pendantL’hiver suivant. On fait gagner au moins une annéeaux arbres qu’on conduit ainsi.

M. Belgrand, ancien conservateur des forêts, àTroyes , nous a communiqué, en 1811, des ré-flexions sur les plantations de saules et de peu-pliers, qui ombragent les rives de la Seine et quidécorent les campagnes voisines de Troyes ; iltrouve vicieuse la méthode qu’on suit pour les ex-ploiter. On les émonde tous les trois ans, et c’estordinairement dans le mois de novembre ou demars. Si le brin entier ne doit pas faire un plancon,il est partagé et coupé sur 8 pieds de longueur, pourservir d’échalas à la vigne. Il est rare qu’une seuletète de saule donne plus de six branches, et que lahauteur de la branche donne plus de deux échalas.Plantés un mois ou deux après l’exploitation, ceséchalas ont encore toute leur eau de végétation :aussi, dès que la sève se met en activité, ils pous-sent des bourgeons et leur tête se charge de feuil-lage. Ces tiges, qui sont naturellement d’un boistendre, enveloppées de leur écorce et remplies desève, se pourrissent si promptement, qu’au boutde 3 ans elles ne sont plus capables de soutenirla treille, et qu’il faut les renouveler.

Pour la culture de la vigne, il serait assez sagede consulter la méthode des pays dont les vins fa-meux font la réputation et la richesse. En Bour-gogne , le vigneron choisit le paisseau le plus mince,pour qu’il ôte le moins qu’il est possible le soleilà ses raisins. Par la même raison, en Champagne ,l’échalas n’est pas élevé de plus de 2 pieds et demi;il n’excède jamais la hauteur du cep. Si on trouveque , dans ces deux vignobles, on a raison de penserue l’aspect et la chaleur du soleil peuvent seulsonner la maturité aux raisins et la qualité auxvins, que devons-nous penser de la méthode desvignerons troyens quand nous voyons déjà leursrayons si rapprochés, leurs tailles si élevées, et quepour les soutenir ils y plantent des échalas de 8 pieds,épais d’un pouce et plus de diamètre, et qui encorese chargent de branches et de feuillages, lesquelsnécessairement privent le raisin de la vue du soleil.

Ajoutons à ce dommage porté aux raisins qu’ily a encore, dans l’exploitation des saules et des