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Tome second.
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peupliers, une perte considérable pour le proprié-taire qui le*'& plantés} etiponr le vigneron qui enemploie lz tenture. ‘_d>

La méthode la meilleure et la plus profitableaux propriétaires et aui vignerons , est de ne cou-per et d’émonder les saules que tous les 5 ans. Acet âge, le brin est plus élevé, et on y trouveplusieurs longueurs d’échalas ; il est beaucoup plusgros, et chaque morceau, scié sur la longueur del’échalas, peut être fendu en huit, en six et en qua-tre : de sorte qu’au lieu d’un seul échalas que donnela branche coupée à l’âge de 3 ans, elle en don-nera quatre, six et huit, coupée à 5 ans. 11 arrivedonc qu’une seule branche qui, émondée à l’âge de3 ans, produit deux seuls échalas, produira troislongueurs, lesquelles, refendues, donneront au pro-priétaire 24, 'fi et au moins 12 échalas. Voilà doncun bénéfice considérable, qui dédommage grande-ment du retard d’une et de deux années de coupe.

Peut-être les échalas seront-ils plus minces, etcroira-t-on qu’ils dureront moins. On se trompe,parce que si on les laisse sécher pendant 18 moisou 2 ans, avantde les porter dans la vigne, le boisen deviendra aussi dur que le chêne bien sec, et ilsserviront pendant 10 à 12 ans avant qu’on ait be-soin de les remplacer.

Mais si le vigneron, au lieu d’avoir des échalasde 8 pieds de longueur, les rabaissait à la hau-teur de la vigne , c’est-à-dire à 4 et 5 pieds, il dou-blerait encore le produit de la branche de saule.

Je me résume par ce calcul :

1°. La branche d’un saule tondu à l’âge de 5 ans,au lieu de 2 ou 4 cclmlas qu’elle donne à l’àge de3 ans, et si les échalas, au lieu de 8 pieds dehaut, étaient réduits à 4 ou 5 pieds, fournirait3 o échalas et plus.

2°. Les échalas une fois coupés, refendus etpelés, seraient mis en bottes bien serrées par desliens aux deux bouts et au milieu ; ils seraient ex-posés à l’air, et attendus 18 mois ou 2 ans avantqu’on s’en servit, et dans l’état de dureté qu’ilsauraient acquis, ils résisteraient pendant 10 à 12 ansaux injures de l’air avant qu’on eût besoin de lesrenouveler.

3 “. Les échalas étant plus minces, moins élevés ,et ne se chargeant plus de feuillage, ils ôteraientd’autant moins la vue et la chaleur du soleil auxraisins, qui, en accpiérant leur maturité plus tôt,auraient aussi plus Je qualité.

Qualités et usages. — Les saules 11e se recom-mandent pas par des qualités éminentes. Leur boisest mou , peu durable, peu propre à des ouvragesimportans , ou qui exigent de la force et de l’élé-gance, et il donne un assez mauvais chauffage; maisles usages auxquels on emploie ce bois sont si nom-breux et si variés, qu’il rend de très-grands ser-vices à l’économie rurale . On en fait de la petitecharpente, de la volige, quelques ouvrages de me-nuiserie, des caisses d’emballage, des échalas , desfagots pour le chauffage, pour la cuisson du pain, duplâtre et de la chaux; des liens, des corbeilles, desfascines sur les bords des fleuves et des rivières, etc.Les cendres sont très-riches en potasse; le charbonde plusieurs espèces est propre à la fabrication de

la poudre à canon; l’écorce-est employée en-méde-cine, dans les tanneries et par les-teinturierfe. Lesfeuilles servent à la nourriture'des ajmrfaux'.-'

Nous allons passer à la description des principalesespèces de saules, que nous diviserons en deux sec-tions; la première, contenant les espèces à feuillesétroites, et la seconde les espèces à feuilles ovales-arrondies.

A. Espèces à feuilles étroites.

Le Saule blanc ou commun, salix alba (V. laPI. XXIII) , est un arbre de ia deuxième gran-deur, qui s’élève souvent à 5 o pieds et plus surune circonférence de 4 à 5 pieds; on en voit mêmequi ont 7^8 pieds de tour. Il a l’écorce grise et fi-nement gercée 3 ur le vieux bois, jaunâtre et uniesur le jeune; les racines nombreuses et peu profon-des; les feuilles longues de 3 à 4 pouces sur un demi-pouce à un pouce de large, lancéolées, pointues,dentées profondément sur les bords , pourvues surles dents de petites glandes de couleur brune, blan-châtres et soyeuses en dessous, et portées par decourts pétioles; les chatons longs et grêles; lessexes séparés sur des pieds différens comme danspresque tous les saules; il fleurit dès les premiersjours du printemps, à l’époque où les feuilles parais-sent. Ses graines mûrissent au mois de juin.

Cette espèce de saule se plaît dans les terrains unpeu légers et frais. Il est commun dans les bois, lelong des chemins , dans les environs des bourgs etdes villages, sur les bords des rivières, des ruis-seaux , des fossés et dans tous les lieux dont le solest un peu frais. Il s’exploite très-avantageusementen têtard, parce que, de toutes les espèces de saules,c’est celle qui croît le plus vigoureusement et quidure le plus long-temps soumise à ce genre d’ex-ploitation. C’est à ce saule que doit se rapporter laplus grande partie de ce que nous venons de direen parlant de la culture et de l’exploitation dessaules. Une belle saussaie, plantée de têtards surle bord des eaux et dans les prairies, bien entre-tenue de fossés, et dont les arbres sont nettoyés desbranches inutiles, est d’un grand produit pour lepropriétaire , et d’un effet pittoresque dans les cant -pagnes.

11 11’y a point d’arbre qui parvienne à une sem-blable grosseur en aussi peu d’années , lorsqu’on nelui retranche pas la tète, et lorsqu’il est planté dansdes terres humides.

Pour faire une bonne plantation , 011 emploiedes branches de six ans, que l’on plante à la dis-tance de 8 pieds si on veut avoir des arbres de tige,et à la distance de 1 6 pieds, si on doit les exploiterpar émondes.

Le bois du saule commun est blanc et mou; ilpèse par pied cube , d’après la moyenne proportion-nelle de différentes expériences, savoir : vert, 70 li-vres 9 onces; à demi sec, 5i livres 14 onces, etsec, 32 livres 12 onces : d’où il suit qu’il perd plusde la moitié de son poids par le dessèchement. Va-rennes de Fenille a trouvé qu’il avait le grain uniet homogène , qu’il perdait un peu plus d’un seizièmede son volume en séchant. Cet auteur pense qu’ontirerait un parti plus avantageux de cette espèce de