SEL
» Les alcalis et la chaux produisent, il est vrai,quelquefois d’étonnans effets dans les'terres surchar-gées de terreau ou d’engrais ; mais c’est qu’ils ren-dent plus promptement spluble une partie dé ce ter-reau ou de ces engrais. Les sels neutres, loin de jouirde la même faculté, nuisent à la végétation, ainsique mille et mille expériences l’ont prouvé. Il estcependant des lieux où l’on regarde le sel marin, àpetite dose, comme, un excellent engrais; et il estcertain que le sulfate de chaux ( le plâtre), qui estaussi un sel neutre, favorise singulièrement la végé-tation des prairies artificielles, sur lesquelles on lerépand en poudre au printemps. Il nous manqueencore des données pour expliquer ce fait.
» On a bien dit que le sel marin étaitun stimulantqui n’agissait qu’en augmentant l’activité des autresagens de la végétation ; mais cela n’est pointprouvé.
» Il ne serait cependant pas contre la raison d’ad-mettre, d’après ce que j’ai dit plus haut de la dispa-rition du sel marin et du nitre, qui se forment danscertains lieux en si grande abondance, que ces selsfussent absorbés par la végétation, et en partie ou entotalité décomposés. On ne peut nier en effet que lesplantes qui croissent dans les marais formés par lamer, telles que les soudes, les salicornes, etc., n’en-lèvent à la terre le sel marin qui s’y trouve et ne ledécomposent, puisqu’en les brûlant on a beaucoupde soude et peu de sel marin, et que le sol se trouvedessalé. On a souvent fait voir, par l’incinération destiges de l’hélianthe annuel (tournesol), de celles dela bourrache, etc., qu’elles contenaientun vrai nitre.
» Au reste, ce ne sont pas des sels que les au-teurs des anciens ouvrages d’économie rurale avaienten vue? lorsqu’ils employaient les dénominationsvagues ci-dessus rappelées, c’étaient des êtres deraison qu’ils ne pouvaient pas faire tomber sous lessens. V. Acide, Alcali, Azote, Calorique , Carbone ,Lumière, Hydrogène , Oxigènc , Terre et Physiolo-gie végétale. »
SELEN1TE, du grec sélêné , lune, et Ae lithos,pierre : pierre de lune. On donne ce nom au gypseou plâtre, parce que, dit-on, les lames brillantes deses cristaux réfléchissent l'image de la lune.
Cependant il s’applique plus particulièrement augypse tenu en dissolution dans l’eau.
Les eaux séléniteuses ne se trouvent pas seule-ment dans les lieux où il y a des carrières de plâtre,il s’en trouve dans beaucoup de pays à couches cal-caires. Ces eaux ne conviennent ni aux animauxni aux plantes. Les caractères qui les font recon-naître sont d’être lourdes à l’estomac, de s’opposerà la cuisson des légumes, tels que les pois, les hari-cots , etc., de ne pouvoir dissoudre le savon, et deformer un dépèt blanchâtre dans les vaisseaux oùon les fait bouillir. Si on les emploie pour arroserdes semis, elles causent de grandes pertes, en obs-truant les racines des jeunes plants.
La sélénite se précipite par l’exposition à l’air etle mouvement des eaux qui la contiennent.
Les eaux des puits eu sont ordinairement pluschargées que celles des rivières, parce que dans celles-ci elles sont plus exposées à l’air et au mouvement.
SELLER. Ce terme s’applique à une terre qui, sedurcissant à la superficie, ne peut être labourée fa-
Tome II.
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cilement, : pn dît : Cette teçre est bq)mej||pçt^etle gstsujette à se seller. ’ ” " ..
SEMAILLES. Ce mot sp^diç ogftj^tüéptration de semer les grains, de la $£tisjqq r pe ),çs femer,et des graines semées. Il net s^èmpfoie ,pa,s Ppur lessemis dé bois : l’opération de semer s'appelle, dansce cas, ensemencement , et lorsque l’ensemencementest exécuté, et que même les graines sont levées, leterrain semé s’appelle semis.
SEMENCE, du latin semen. È’est, dans l’éco-nomie rurale et forestière, la graine des plantesqu’on répand dans une terre, afin de la faire pro-duire et multiplier.
SEMENCES FORESTIÈRES. Ce sont les grai-nes des arbres qui se répandent naturellement surle sol, ou que l’on récolte pour former des semis.
Nous avons indiqué, aux articles Fruits des forêtset Glandée , les dispositions des lois qui défendentaux particuliers de ramasser les graines des arbresdans les forêts sans autorisation, et les exceptionsprononcées à cet égard.
L’article Graines forestières fait connaître lesinstructions de l’Administration , qui prescriventd’en faire la récolte dans les années abondantes, etl’article Travaux indique la marche à suivre pourobtenir l’autorisation des dépenses. V. ces articles.
Enfin nous avons traité , en parlant de chaqueespèce d’arbre en particulier, des qualités que doi-vent avoir leurs semences, de la manière de lesrécolter, des procédés employés pour les conserver,des propriétés qu’elles ont de se garder plus oumoins long-temps, et des moyens de les employerle plus utilement, ainsi que des quantités dans les-quelles elles doivent être employées suivant les di-verses circonstances.
Ainsi nous pourrions nous borner à rappeler icile titre des articles ou des divisions d’articles quenous avons consacrés, dans le cours de ce Diction-naire , aux objets déjà traités. Cependant il nousparaît utile de réunir les principales observationsapplicables aux semences en général, sauf, pourles détails , à renvoyer aux articles particuliers,ainsi qu’à l’article Semis .
Les semences offrent l’un des meilleurs moyensde multiplier les arbres, et l’un des plus écono-miques. à . Plantation et Semis.
Mais, parles semences, on n’est point toujoursassuré d’avoir précisément l’espèce d’arbre que l’ondésire : souvent une grosse châtaigne produit unarbre qui n’en donne que de petites , et les grai-nes d’orme produisent beaucoup de variétés, parceque les arbres d’un même genre se fécondent lesuns les autres, d’où résultent des semences qui doi-vent produire des arbres métis. Cependant ces alté-rations sont moins fréquentes dans les arbres fores-tiers proprement dits que pour certains arbres dudomaine de l’agriculture.
La bonne qualité des semences est l’une des plusimportantes conditions qui doivent assurer le succèsd’un semis : nous disons l’une des plus importantesconditions, car elle n’est pas la seule, et nonobstantla bonne qualité des graines, il arrive souvent quedes semis tout entiers périssent par le défaut desautres conditions.
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