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On se procure des semences , soit en les faisantrécolter soi-inème, soit en les achetant dans le com-merce. Dans les deux cas, il faut savoir en recon-naître la bonne qualité, pour ne point faire de dé-pense inutile.
Il est essentiel de savoir à quelles marques onpeut reconnaître si les semences sont parvenues àleur parfaite maturité ; le choix qu’il en faut fairerelativement aux arbres qui les portent ; la façonde les ramasser 5 la manière de les éplucher ; lesmoyens de les conserver ; la saison de les mettre enterre ; dans quelles circonstances if convient de lesfaire germer avant de les déposer dans la pépinière,et à quelle profondeur il faut les mettre en terre.C’est ce que nous avons détaillé avec le plus depécision possible à l’article de chaque arbre, et ceque nous allons rappeler succinctement.
Formes des semences. — Elles sont ou noyaux ,ou osselets , ou pépins , ou graines , ou enfin con-nues sous le nom générique de semences.
Maturité. — Quand un fruit bien conditionnétombe de lui-même ou presque de lui-même, lessemences qu’il renferme sont mûres. Les cerises ,nèfles et autres , qui se dessèchent ou se pourris-sent sans se détacher des arbres, font juger de lamaturité de leurs semences par celle des fruits.Les noix , marrons , châtaignes , glands , noisettes,faînes, sont inûrs quand ils tombent de l’arbre sansleur brou, quoique ceux de ces fruits qui tombentles premiers soient ordinairement verreux ; il en estde même des fruits capsulaires, tels que ceux dufusain , qui s’ouvrent et laissent tomber leurs semen-ces quand elles sont parfaitement mûres. D’autresfruits capsulaires ou vésiculaires se dessèchent, etconservent leurs semences dans leur intérieur;quand, à leur ouverture , on trouve la pulpe des-séchée, et que les semences ne sont plus adhéren-tes , on est certain de leur maturité. On peut endire autant des fruits siliqueux, sur-tout quandles siliques et les semences elles-mêmes ont unebonne conformation, qu’elles sont bien remplies,que la superficie n’en est point ridée , et que leslobes sont bien formés et bien nourris. En général,les semences qui ne sont accompagnées ni d’ai-grettes ni de membranes, sont mauvaises quandelles nagent sur l’eau ; et au contraire elles sontbonnes lorsqu’elles se précipitent au fond. On jugeque les semences contenues dans des cûnes sontmûres quand les écailles de ces fruits commen-cent à s’ouvrir. 11 ne faut point ramasser les grai-nes qui auront commencé à germer, à moins qu’onne puisse les mettre très-promptement en terre.Les semences qui sont presque mûres achèvent dese perfectionner quand on les laisse quelque tempsdans leurs charnus ou capsulaires.
Choix. —Quand il s’agit d’arbres fruitiers, onfait toujours bien de prendre les semences sur lesarbres qui portent les plus beaux fruits , pour enavoir de pareils; mais quant aux arbres forestiers ,ce n’est pas toujours la même chose : souvent unetit gland , une petite châtaigne produit un plusel arbre que ne le ferait un gros gland ou une grossechâtaigne: par exemple, le chêne-vert, qui nourritle kermès et qui n’est qu’un arbrisseau , porte de
plus gros glands que des chênes, qui ont 4o ou 5opieds de tige : celui donc qui n’est pas sûr de dis-tinguer les espèces, doit donner la préférence auxglands produits par de beaux et grands chênes,plutôt qu’à de gros glands qui auraient été pro-duits par des chênes de médiocre grandeur. Maisdans une même espèce , iL faut choisir les plus gros-ses semences. Il est encore bon de préférer les se-mences d’arbres de moyen âge et très - vigoureux acelles d’arbres jeunes ou trop vieux, et celles desarbres placés sur des clairières ou les lisières desforêts à celles des arbres renfermés dans les mas-sifs.
Manières de recueillir les semences. — 11 y a dessemences qui tombent à terre, et qui sont assezgrosses pour y être ramassées à la main , dans descorbeilles ou paniers, telles que les marrons d’Inde,les châtaignes, les glands : celles-là n’exigentpresque aucun embarras pour en faire de grandesprovisions. On a attention de donner aux cochonsles glands qui tombent les premiers, parce qu’ilssont la plupart verreux, ainsi que ceux qui sontendommagés par les gelées d’automne. La récoltede la faine cause un peu plus de peine, parce queles semences en sont plus menues : avant de la ra-masser , on nettoie avec des rameaux le dessous desarbres, pour ôter les feuilles et les petites branchessèches; et quand la faine est tombée, on en formedes tas avec le balai, et on la nettoie à-peu-prèscomme on ferait des pois : la graine d’orme se ra-masse aussi au balai. V. Chêne, Châtaignier , Hê-tre y Orme.
Dans les bois où l’on met les cochons à la glan-dée, ainsi que dans ceux où il y a beaucouo defauve, aussitôt que le gland a pris un œil jaune , etqu’il tient peu dans sa coupe, on le gaule et onsecoue doucement les branches pour ne le pointmeurtrir : on ramasse sur-le-champ le gland , afinque les animaux ne le mangent pas.
La graine d’orme se ramasse sous les arbres auprintemps, et se sème sur - le - champ.
Les fruits du mûrier tombent sous les arbros, eton les ramasse dans des paniers : les noix tombentd’elles - mêmes quand elles sont bien mûres, eton fait tomber celles qui restent, en les gaulantavec de grandes perches. On pratique la même chosepour les poires et les pommes dont on fait le cidre ,et qui fournissent suffisamment de pépins pour lesgrands semis. A l’égard des semences du frêne, ducharme , de l’érable, on aurait trop de peine à lesramasser à terre, parce qu’elles sont menues, etque le vent les porte de côté et d’autre; c’est pourcela qu’on les cueille à la main sur les^ arbresmêmes. V. Charme, Erable, Frêne .
Les semences des bouleaux, des saules, des peu-pliers et des aunes, étant encore plus menues, sonttout autrement difficiles à recueillir : elles vien-nent à l’extrémité des plus petites branches, qui sontflexibles, ou élevées, ou assez écartées du troncpour qu’on ne puisse y atteindre, et l'on est con-traint d’abattre les branches pour en cueillir les se-mences. Cette récolte réussit rarement, parce que,trop mûres, les graines se perdent, et qu’avant la ma-turité elles ne lèvent point; mais elles réussissent à