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part des hommes , des animaux et des intempéries.
A l’égard des hommes , c’est par une bonne sur-veillance et une sévère application des lois sur lesdélits , qu’on doit chercher à prévenir ou à répri-mer les dégâts qu’ils peuvent commettre.
Les animaux font le plus grand tort aux semis :les chèvres, les moutons, les bœufs , etc., se jettentdç préférence sur les jeunes arbres; il en est demême des cerfs, des biches , des daims et des che-vreuils. Les sangliers et les porcs fouillent la terrepour en tirer les glands, les châtaignes, et mêmeles faines; ils broutent les jeunes arbres nouvelle-ment semés. Les lièvres et les lapins coupent les jeu-nes plants et rongent l’écorce de ceux qui sont plusâgés; de plus, les lapins culbutent la terre, ren-versent les jeunes arbres , ou les font périr en grat-tant et retirant la terre qui est auprès de leurs ra-cines.
Pour garantir les semis de l’accès du gros gibier etde toute espèce de bétail, on les entoure de fossésde 2 mètres de largeur, un mètre de profondeur souscorde, et3 décim. en fond ; on rejette les terres surle côté intérieur de la plantation , et on plante surla berge des fossés une haie vive. L’acacia, l’épineblanche et l’orme conviennent à cet objet; mais sou-vent les lièvres , les lapins et le gros gibier fran-chissent ces barrières : alors il faut établir des treil-lages ou des palissades, si on n’a pas d’autre moyende les écarter. Y. Palissades.
Lorsqu’on n’aura point à craindre la présence desanimaux, on se contentera de marquer les limitesdu semis avec des brandons de paille, pour avertirqu’on ne doit point y passer.
Si le terrain est menacé par les eaux , il faut ypratiquer des fossés d’écoulement et d’assainisse-ment. On donne à ces derniers un mètre de lar-geur , 5 décim. de profondeur et 2 décim. en fond.
Il est très-utile que ces travaux soient faits avantqu’on exécute le semis.
Lorsqu’on a répandu et recouvert les graines , etqu’on a à craindre que les oiseaux de passage nefondent sur les semis, on cherche à les en écarter pardes épouvantails, jusqu’à ce que les semences soientlevées.
La culture des semis est d’une telle importance ,que très-souvent ils n’auraient aucun succès si onla négligeait ; toutefois, il faut avoir égard à la na-ture de ces semis. Ceux faits avec des graines lé-ères, comme celles des pins et sapins , du bouleau,e l’orme, etc., ont besoin d’abri dans la premièreenfance des plants , et si on remuait la terre avantque ces jeunes plants se fussent bien affermis par leursracines, on risquerait de les arracher, et on leur en-lèverait le peu d’ombre qu’ils reçoivent des herbesqui croissent avec eux. 11 ne faut donc donner à cessortes de semis aucune culture pendant la premièreannée. Cependant, si on a semé en rayons, on peutarracher à la main les grandes herbes qui viendraiententre les plants.
A l’égard des semis de chêne, de hêtre, de châ-taignier, on se contente aussi, dans la première an-née, de les débarrasser, à la main, des grandes her-bes, qui les offusqueraient ; et en automne, quandon n’a plus à craindre que le soleil pénètre la terre
et ne dessèche les racines , on leur donne un labourléger.
La seconde année, on fait, pour la plupart dessemis, un petit binage au printemps, pour détruireles herbes et donner lieu au soleil d’échauffer laterre.
La troisième année, on donne un bon binage aumois de mars, et un second au mois de septembre sion veut hâter la croissance des plants.
Observons, au surplus, que la nécessité des bina-ges plus ou moins fréquens dépend encore de la na-ture des terrains. V. ce que nous avons dit à l’arti-cle Pépinière sur l’entretien des semis, et les ar-ticles Binage et Sarclage.
Chapitre IX. — De la manière de traiter les baisélevés de semis.
Quand on s’aperçoit que les plants d’un semismeurent en cime, il faut les recéper ; mais cetteopération est inutile quand les plants viennent bien,et dans ce cas, on doit sur-tout l’éviter si on des-tine le bois à croître en futaie. V. Recépage , et ceque nous avons dit de cette opération aux articlesPépinière et Plantation.
Du reste , on traite les bois provenant des semisartificiels comme ceux provenant d’ensemencemensnaturels. On peut les aménager très - avantageuse-ment en futaie quand le terrain est bon, et en tail-lis lorsque le sol ne peut pas nourrir de la futaie.V. Aménagement et Exploitation.
Mais ce qu’il ne faut point négliger, c’est de com-pléter le repeuplement, en regarnissant les endroitsoù le semis a manqué. Si on tarde de le faire, lajeune forêt s’élève en peu d’années au point quel’ombre des arbres voisins des places restées vacan-tes, ne permet plus d’y faire un nouveau semis. Cesplaces vagues, entourées d’un massif, seront sansproduit jusqu’au moment de l’exploitation. On nepeut donc trop insister sur la nécessité de regarnirces vides avant de se livrer à aucune autre culture.Les grands espaces peuvent être repeuplés en touttemps; mais les petites places vides, dont le nom-bre cependant représente souvent des superficiesconsidérables, ne peuvent plus se repeupler une foisque les bois environnans ont pris une certaine élé-vation. Ces terrains peuvent être considérés commeun capital mort, qui restera quelquefois ioo ans etplus sans donner de produits.
11 est important, lorsqu’il s’agit de repeupler desespaces vides considérables, sur lesquels on doit tra-vailler pendant plusieurs années, de prendre enconsidération l’aménagement futur de la jeune forêt,et de diriger les semis de manière à former , dansle système de l’aménagement, un ordre successif decoupes, ou de rattacher ces coupes à celles de la fo-rêt. Ordinairement on coupe en premier lieu là oùl’on a semé en premier lieu; si donc on a fait le se-mis dans un ordre renversé, on sera aussi dans lecas de couper la jeune forêt dans le même ordre , etpar conséquent de rompre la suite des exploitations.Dans les petites places vides, que l’on repeuple enpeu d’années, cette considération est peu impor-tante ; mais dans les grands espaces vagues, elle mé-rite la plus grande attention.