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DEUXIÈME SECTION. — Semis naturels ou
ENSEMENCE1LENS NATURELS.
Le repeuplement des forêts par l’ensemencementnaturel est à-la-fois le plus économique, le plus du-rable et celui qui coûte le moins de peine. Nousavons développé tous ses avantages et les moyensde le favoriser dans les futaies : ces moyens consis-tent à faire plusieurs coupes successives sur le mêmecanton, et à n’enlever les derniers arbres restansque lorsque le semis naturel est complet. Y. les ar-ticles Aménagement, Exploitation et Futaie.
On favorise encore le repeuplement naturel dansles futaies soumises au mode d’exploitation prescritpar nos réglemens, en faisant extraire, un ou 2 ansavant l’exploitation, les bruyères, épines, ajoncs,houx, genêts et autres arbustes qui recouvrent lesol, en faisant enlever les mousses ou retourner legazon, enfin en donnant une demi - culture au ter-rain : ces moyens produisent de bons elfets , sur-tout quand il survient après cette opération et avantl’exploitation une certaine abondance de semences;mais ils sont loin de procurer un repeuplement aussicomplet que les coupes par éclaircies.
Quant aux taillis, les baliveaux qu’on y réservesont destinés à y répandre des semences; mais cetteressource est insuffisante, et l’on ne peut y suppléerque par des cultures artificielles.
Lorsque le mode d’exploitation par éclaircie seragénéralement admis dans nos futaies, on pourra ré-duire aux cas suivans ceux où l’on sera obligé derecourir aux cultures artificielles :
i°. Lorsque le petit nombre ou l’infertilité desarbres existant dans un canton de bois ne permet-tra pas d’en attendre un repeuplement complet parl’ensemencement naturel ;
2“. Lorsque l’espèce de bois existante sera tel-lement mauvaise ou chétive, qu’un changementd’essence deviendra nécessaire;
3 °. Lorsque la situation locale ne permettra pasque la régénération se fasse par l’ensemencementnaturel ;
4 °. Lorsque la nudité complète du sol rendraimpossible cet ensemencement naturel;
5 °. Lorsque la nécessité forcera de couper unejeune forêt, d’ailleurs en bon état, avant qu’ellepuisse fournir elle-même les semences nécessaires àson entretien ;
6°. Enfin lorsque , d’après l’examen de certainescirconstances, on jugera qu’il y aura plus d’avan-tage à introduire les cultures, que d’attendre le re-peuplement des secours de la nature.
Ce n’est que dans ces cas que l’on aura à faireusage des méthodes de semis ou de plantations quenous avons indiquées, et en choisissant toujourscelles qui sont les plus sûres et les plus économi-ques, 011 assurerait la conservation des forêts avec lemoins de frais possible. L’exemple des résultats quele système des exploitations par éclaircie a pro-duits dans les forêts de l’Allemagne ne permet pasde douter que ce système ne puisse êt;e entièrementadopté en France . Il faut, dit M. Hartig, renoncerà la culture artificielle du bois dans les forêts, toutesles fois qu’elle n’est pas indispensable, comme dans
les cas qu’on vient d’exposer; il faut s'attacherfor-tement au mode de repeuplement, qui .ne coûterien, et à l’éducation des futaie» de çhêrçp- ef dehêtre, qui produisent des bois en bien plug grandequantité et en bien meilleure qualité que les taillis,où d’ailleurs les cultures artificielles sont souventnécessaires. V. Exploitation.
Résumé des observations et des régies concernant lessemis.
i°. Le semis est la voie la plus naturelle, la plusavantageuse et presque toujours la plus économiquede multiplication des arbres; il convient sur-toutdans les cas où l’on veut élever des futaies ; maisdans les terrains de mauvaise qualité, présentant peude terre végétale , les plantations réussissent ordi-nairement mieux que les semis, parce que la pre-mière éducation des arbres est celle qui exige leplus de secours de la part du sol. 2°. La nécessitedes semis artificiels sera bien plus rare quand on fa-vorisera davantage les cnsemencemens naturels parla manière d’exploiter nos futaies. 3 °. L’examen dessemences qu’on veut mettre en terre estd’une grandeimportance , ainsi que la détermination de la quan-tité à employer. 4 °. La préparation du terrain, dansles cultures forestières, doit être simple, économi-que, et pourtant suffisante pour assurer le succès dusemis; le bon choix des méthodes préviendrait sou-vent bien des pertes et bien des dépenses. 5 °. Ondoit, autant que possible , cultiver les espèces d’ar-bres qui donnent les produits les plus avantageux ,et à cet effet consulter les besoins locaux ; mais ily a, en général, des inconvéniens à replacer lesmêmes essences dans les mêmes terrains, et à fairesuccéder le chêne au chêne : il faut donc, dans lescultures forestières comme dans les autres, obser-ver les principes de l’assolement. 6°. La saison laplus avantageuse pour semer des bois, est celle oùles arbres laissent tomber leurs semences, et il n’va guère d’exceptions à cette règle que celles qui peu-vent être motivées sur le danger des gelées printa-nières ou la voracité des animaux qui se nourris-sent de graines forestières. 7 0 . Il y a toujours beau-coup d’inconvéniensà semer trop épais ou trop clair;mais il y en a moins à semer un peu épais , parcequ’un semis de cette espèce empêche la crue desherbes, et procure du plant pour les remplacemens :dans les terrains médiocres, ou quand la semence n’est
f ias très-bonne, c’est le cas de semer plus dru qu’à'ordinaire. 8°. Il faut semer en rayons de préfé-rence à la volée, pour faciliter les binages, diriger au-tant que possible les rayons de l’est à l’ouest, etcorx-server une petite dosse ou berge du côté du midi pourgarantir le pied des jeunes plants de l’ardeur du soleil;mais dans les terrains aquatiques, il faut faire depetites fosses au lieu de rayons, et semer le glandsur la berge, qui sera élevée de 6 pouces, en tout iuipied au-dessus du fond du fossé, et répandre des grai-nes d’arbres aquatiques dans le fossé. 9 0 . On doitenterrer davantage les grosses semences que les au-tres, et semer plus profondément dans les terreslégères et sablonneuses que dans les terres fortes et
I argileuses ; mais , en général, il faut éviter de tropenterrer les semences ; car, à une certaine profon-