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Tome second.
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SOR

84o S, OR

poire, renfermant trois semences cartilagineusesdans autant (le loges.

ESPàdCS.

On ne compte dans ce genre que trois espèces, quisont indigènes d’Europe ; savoir ,

i». Sorbier domestique ou Cormier, sorbiercultivé, sorbus domestica (Lin.), sorbus sativa(Mill.); en allemand , sperber-baum ; en anglais ,true-service.

2°. Sorbier des oiseleurs ou des oiseaux, vul-gairement le sorbier sauvagele cochêne, l’arbreà grives, sorbus aucuparia (Lin.) ; en allemand ,vogelbeer-banm ; en anglais , quicken-tree.

3 °. SonBrER hybride, ou sorbier de Suède , ousorbier de Laponie, sorbus hybrida (Lin.); en alle-mand , bastart-vogelbeer baum ; en anglais , bas-tard-servicey

Observations générales. — Les sorbiors ont lesfeuilles alternes, ailées ou à demi ailées ; les fleursblanches, disposées en corymbes terminaux, et lesfruits gris ou rouges dans leur maturité.

On peut ranger les sorbiers en deux classes; sa-voir, ceux qui portent des fruits semblables à depetites poires, et ceux qui produisent des fruitsd’un beau rouge orangé , rassemblés par bouquets :les premiers sont les sorbiers cultivés ou cormiers etleurs variétés , les autres sont les sorbiers ordinairesou cochéiies. Ces arbres croissent lentement; maisils fournissent un excellent bois, et sont très-propres à la décoration des parcs, des jardins et desavenues. Leurs tiges sont droites, leurs branchesse soutiennent bien , leur tète forme une pyra-mide très-garnie , et sont, dans la plupart des espè-ces , d’uu vert argenté. Les sorbiers ont d’ailleurs l’a-vantage d’être rarement endommagés par les insec-tes. Dans le mois de mai, ils sont quelquefois, toutcouverts de belles fleurs blanches, et en automneles cochéiies sont chargés de nombreuses grappes defruits rouges, qui contrastent agréablement avec leton des feuilles.

Ces fruits sont une bonne nourriture pour les bê-tes fauves et pour les oiseaux ; ceuif du cochêne ousorbier des oiseaux attirent les grives.

Le Sorbier domestique ou Cormier (V. la Jig. àV Atlas, PI. XXV ) est un arbre de ladeuxième gran-deur, qui s’élève jusqu’à 5 o à 6o pieds sur 6 à 7 piedsde tour; il a un beau port et une tige droite, terminéepar une tête en forme de pyramide. Son écorce estd’un gris brun et gercée sur les vieux troncs, et rou-geâtre sur les jeunes rameaux; ses feuilles rompentau mois de mai les boutons verdâtres qui en renfer-ment le rudiment ; elles sont alternes, garnies de sti-pules, et composées de folioles sessiles, laitcêolées,iongues de 2 à. 3 pouces sur 9 à i 5 lignes de larçe,pointues, finement dentées , d’un vert foncé et bril-lant en dessus, blanchâtres et cotonneuses en des-sous , et rangée^ par paire sur un pétiole commun ,que termine une impaire.

Lès' fleurs paraissent dans le mois de mai ; ellesréunissent les deux Sexes, sont blanchâtres et dis-posées en corymbes au sommet des rameaux. Lesfruits mûrissent dans le mois de septembre ; ils ontla forme de petites poires longues d’environ un

f iouce ou un pouce et demi et de lagrosseurde 9a 1 aignés; ils sont d’un vert jaune ou couleur de chair,souvent tachetés de rouge sur les faces , et suspendusà des queues d’un pouce de long; ils sont couron-nés pur le calice, et renferment des semences oblon-ues : on les nomme cormes ou sorbes ; ils sont d’a-ord âpres , mais mûris sur la paille , ils devien-nent assez doux et se mangent. Ils se conserventpeu. Ils sont préférables aux nèjles, et très-recher-chés par les animaux sauvages. C’est en partie parrapport à ces fruits que l’on réserve des baliveauxde cormier dans les forêts.

Il ne commence à porter du fruit que dans un âgefort avancé.

Culture . — Le sorbier domestique ou cormier semultiplie de semences, soit naturellement dans lesforêts, soit dans des pépinières, par la greffe et decouchage.

Climats , terrains et situation. — Cet arbre serencontre dans les grandes forêts de l’Europe , enFrance, en Allemagne , et particulièrement dansles contrées méridionales, en Barbarie et dans lesenvirons d’Alger . Il croit plus lentement que les au-tres sorbiers , et il se plaît dans un terrain substan-tiel , profond et frais ; cependant il vient encoredans toute autre espèce de terre. Il parvient quel-quefois à la hauteur des grands arbres; mais il luifaut pour cela 200 ans : sa croissance , au reste, estd’autant plus accélérée qu’il est dans un meilleurfond et dans un pays plus chaud.

La culture du cormier est difficile dans les pre-mières années, et c’est pour cette raison , ditM. Bosc , que cet arbre 11’estpas aussi commun quela beauté de son aspect, le parti qu’on tire de sesfruits , et sur-tout l’excellente qualité de son boisdoivent le faire désirer. Ce que j’en vais dire seraextrait en partie de l’article de cet auteur dans leNouveau dictionnaire d'agriculture. On multipliele cormier par ses graines, qu’on sème aussitôtqu’elles sont mûres (ou qu’on conserve en jauge pen-dant l’hiver) dans une planche bien préparée à l’ex-position du levant. On ne doit recouvrir les semen-ces que de 3 à 4 lignes de terre. Si l’on sème en au-tomne, les plants lèvent au printemps suivant; ilssont surmontés de feuilles séminales ovales. Çesplants n’acquièrent qu’environ 3 pouces de hautdans la première année; on les repique dans un au-tre endroit à 6 ou 8 pouces de distance , et il enpérit toujours beaucoup dans cette transplantation,quelques précautions qu’on y apporte. À 4 ans, ilfaut encore relever ces plants , qui alors ont plusd’un pied de haut, pour les mettre dans un autre lienet les espacer davantage. Il en périt aussi dans cetteseconde transplantation. C’est alors qu’on les tailleen crochet, qu’on les ébourgeonne et qu’on leurfait subir toutes les opérations de l’art; enfin, à8-et 10 ans, ces plants, ayant acquis de 8 à 10pieds de haut et 3 à 4 poueps de tour, peuvent ôt(emis .en plice, ce qui en fait encore périr. M. lloscconseille ces diverses plantation^ pour former ausorbier des racines latérales et du chevelu , parcequ’il est persuadé que si on transportait cet arbredu liçu du semis, à 10 ou 12 ans, dans celui des-tiné à la plantation à demeure, il périrait infailli-