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blenient A cause de son long pivot et de son peu dechevelu : aussi conseillè-t-il de le semer en place,et c’est ce qu’on doit faire dans les cultures fores-tières en le mêlant avec d’autres essences. Quoiquecet arbre vienne lentement, il y aura encore duprofit à le multiplier, à cause de l’extrême cherté deson bois. Si on n’avait pas de semences, on pour-rait employer aux plantations les jeunes jdantsqu’on trouve dans les forêts. Ces jeunes plants ser-vent aussi à former des pépinières.
Dans les pépinières, on greffa aussi le sorbier do-mestique sur le poirier, ,1’aubépihe et les autres ar-bres de la même famille. Dans cé J cas , il croît plusvite ; mais les arbres qui en proviennent sont moinsbeaux , et sur-tout moins durables que ceux prove-nant de graines : on doit en conséquence ne les em-ployer qu’à la décoration des jardins paysagers. Lesgreffes doivent être faites rez terre, et même en terresi elles sont en fente ; elles ne réussissent qu’autantu’on fait attention à l’état réciproque de la sèveans le sujet et la greffe , car il y a entre ces arbresune petite différence d’époque à cet égard. On greffeaussi le cormier sur lui-même pour en améliorer lesfruits. Lorsqu’on a fait une greffe , on doit suppri-mer , les premières années , toutes les branches la-térales.
Exploitation. —Le sorbier domestique est si peurépandu dans les forêts, que son exploitation n’ycompte presque pour rien. On en réserve, dausle ba-livage, comme fruitiers, pour fournir à l’aliment dugibier. Exploité en taillis, il repousse bien de sou-che , et se conserve très-long-temps.
Qualités et usages. — Le bois du cormier est leplus dur et le plus pesant de nos bois indigènes. Ilpese par pied cube, étant sec, 72 livres 2 onces. 11a une teinte rougeâtre , la fibre homogène, le grainfin, et il est susceptible d’un beau poli; mais ilfaut l’employer très-sec, parce qu’il est sujet à setourmenter et qu’il fait assez de retraite, perdantun peu plus d’un douzième de son volume par ledessèchement. Il est très-recherché pour les ouvra-ges qui exigent de la solidité, et pour les machinesqui sont exposées à de grands frottemens, telles quedes pièces de pressoir, des rouleaux , des cylindres,des poulies, des chevilles, des fuseaux et des allu-chons pour les moulins. On en fait aussi des var-lopes, des rabots, des écrous, des meubles, des ta-bles , des éouelles, des manches d’outils, des ver-ges de fléau. On le vend très-cher pour ces diversusages.
L’écorce et les fruits du cormier sont astringens.On emploie les fruits, étant cueillis avant leur par-faite maturité, séchés, réduits en poudre et bouillisdans du vin rouge, comme un remède excellent pourarrêter le cours de ventre, le flux de sang, les vomis-semens, les crachemens de sang, etc. On les mangeaprès les avoir laissé amollir sur de la paille, commeon fait pour les nèfles ; mais ils sont un peu difficilesà digérer et ils occasionnent des vents : ils ne con-viennent donc qu’à des estomacs robustes. On lescueille ordinairement avant leur complète matu-rité , qui s’achève sur la paille. On en fait une es-pèce de cidre en les écrasant et en les laissant fer-menter : cette opération se fait comme celle en
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usage pour le*cidre ordinaire. Si on n’a pas employéd’eau, la boisson est forte , enivrante 5 elle diffèreeu du poiré pour le goût, cependant on la regardeans plusieurs pays comme meilleure que le cidreet le poiré. On en fait beaucoup dans la Bretagne .Lorsqu’on n’a pas assez de cormes pour faire unecertaine quantité de liqueur, ou qu’on se propose defaire une boisson rafraîchissante , on se contented’écraser ce qu’on a et de le mettre dans un touneauqu’on remplit d’eau. Au bout d’un mois, on peutboire cette eau , qui est légèrement vineuse, et que,dans beaucoup d’endroits, on abandonne aux do-mestiques. M. Bosc dit qu’on mêle souvent auxcormes des pommes, des poires, des nèfles, des pru-nelles, mais que ce mélange ne contribue pas à amé-liorer la boisson. Il lui a paru que la corme-pommeétait préférable pour la fabrication du cidre , maisque la corme-poire valait mieux pour être mangée;qu’au surplus la bonté de ces fruits tient beaucoupau sol et au climat, et que ceux des environs de Pa-ris étaient inférieurs à ceux des parties méridionalesde l’Europe .
En Provence , on prend le fruit mûr, et au lieuée le mettre sur la paille, on le coupe en deuxmorceaux dans sa longueur, et on en forme deschapelets qu’on suspend au plancher, où il sèche,et on le mange comme des pruneaux. On l’emploieaussi à faire du cidre.
Il y a plusieurs variétés de cormier , et on encompte jusqu’à huit dans la nouvelle édition des Ar-bres et arbustes de Duhamel ,«et qui sont :
i°. Le coi mier à gros fruit rouge et figuré enpoire;
2°. Le cormier à gros fruit rouge pâle , qui ap-proche de la figure de la poire ;
3 °. Le cormier dont le fruit est rouge d’un côté ,et qui a la forme d'une poire ;
4 °. Le cormier dont le fruit est en partie rouge,et qui est ovale;
5 °. Le cormier à petit fruit rougeâtre , tardifetqui a la figure d’une poire;
6°. Le cormier à très-petit fruit;
7 0 . Le cormier des bois, qui ressemble au cormiercultivé;
8°. Le cormier des forêts , dont les feuilles sontpanachées de jaune.
Dans plusieurs endroits, et notamment dans laBresse , on dit que si un animal ou un hommemordu par un chien enragé s’arrête sous un cormier,il n’en faut pas davantage pour déterminer sur-le-champ un accès de rage. C’est une fable à laquelleaucun homme raisonnable ne peut ajouter foi.
Le Sorbier des oiseaux ou des oiseleurs (V. lafig. à l 'Atlas, PI. XXV) est un arbre de la deuxiè-me grandeur , qui s’élève de 20 à 25 pieds au plus.Quelquefois il ne forme qu’un simple arbrisseau oumême un buisson. Dans un terrain doux, d’une si-tuation moyenne , il croît assez vite , et forme, s’ilest en massif de forêt, une tige droite et d’une cer-taine grosseur ; mais , pour cela , il faut qu’il soitélevé de graines, et non de drageons ni sur souche.Il est revêtu d’une écorce grisâtre et légèrementgercée sur le tronc; celle des rameaux est d’un brunfoncé et lisse. Les feuilles paraissent dans le mois
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