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Tome second.
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«le mai ; elles sont pétiolées, alternes, ailées avec :une Impaire, composées de 11 à 1 5 folioles oppo- Iséesj sessiles , lancéolées, aiguës à leur sommet, :dentées en ; sçie en leurs bords , d’un vert brun en 1dessus , un peu cendrées en dessous, longues de apouces à 2 pouces et demi sur 6 à 9 lignes de large,à nervures simples, latérales, alternes; les veinulesréticulées ; le pétiole commun cylindrique en des-sous, canalicule et strié en dessus. Les jeunesfeuilles sont garnies des deux côtés , et notammentà la face inférieure , de poils soyeux, qui tombentplus tard. Si on frotte ces feuilles entre les doigts,elles répandent une odeur désagréable, caractèrequi sert a les distinguer de celles du cormier, quin’ont aucune odeur et qui sont d’ailleurs coton-neuses en dessous.

Les fleurs paraissent dans le mois de mai : ellessont nombreuses , blanches , légèrement odorantes ,disposées en un beau bouquet ou corymbe toufFu,étalé, axillaire, latéral et terminal ; les ramificationsdu bouquet spnt glabres, cylindriques, inégales,très-nombreuses ; le calice est pubescent, ainsi queles pédoncules propres , court, presque campanule,divisé à son orifice en cinq découpures concaves,aiguës , en partie persistantes ; la corolle est d’unegrandeur médiocre , composée de cinq pétales con-caves , arrondis.; les étamines sont nombreuses , unpeu plus courtes que la corolle ; les pistils sont aunombre «le trois, quehjuefois de quatre ou cinq.

Les fruits, qui mûrissent dans le mois de septem-bre, sont d’abord verts, puis jaunâtres, ensuited’un rouge très-vif à l’époque de la maturité, quiarrive vers le mois d’août ; ils sont jaunes intérieu-rement, de la grosseur d’un gros pois, sphériques ,un peu comprimés et ombiliqués à leur sommet,pulpeux, renfermant trois et même quatre ou cinq:semences oblongues Cartilagineuses et blanches.Les oiseaux , qui sont très-friands de ces fruits, lesemportent et les répandent abondamment dans lesbois.

Cet arbre est assez commun dans les grandes fo-rêts de l’Europe, en France , en Suisse, en Alle-magne , au Canada et sur les hautes montagnes dela Caroline. L’Amérique , d’après l’observation deM. Michaux, fournit deux variétés remarquablesde cet arbre : l’une, à feuilles fortement acuminées,l’autre , à feuilles insensiblement aiguës.

Culture . — Il se multiplie comme le cormier parses fruits, par drageons et par la greffe; mais il croitbien moins lentement, et il est moins difficile sur laqualité du terrain; il vient dans les fonds les plusbas, sur les rochers les plus arides , et même sur devieux murs et dans le creux des vieux arbres ; ce-pendant il reste en arbrisseau dans les mauvais ter-rains , et il réussit mal dans les lieux aquatiques.Les fonds qui lui conviennent le mieux sont les ter-res substantielles et les sables gras. Il supporte lesclimats les plus rigoureux, et on le trouve dans cessortes de climats plus abondant que dans les régionstempérées.

On sème les sorbes en automne, dans une terredouce, substantielle et bien préparée ; on les recou-vre seulement de 3 à 4 lignes de terre, et on les ar-rose au besoin. Les plants lèvent au printemps ou

au commencement de l’été suivant, avec deux petitesfeuilles séminales. S’il s’agit de semis à demeure, onse contente de donner les mêmes façons qu’aux au-tres essences ; mais s’il s’agit de pépinière pour for-mer des arbres de décoration, on procède de la ma-nière suivante, avec des chances de succès beaucoupI plus certaines que pour le cormier : on lève les plantsdès le printemps de la seconde année, pour les repi-quer à 6 ou 8 pouces , et 2 ans après on les changede place, en les espaçant à 20 pouces. A 6 ans , ilsont de 1 o à 12 pieds de haut, et peuvent être mis enplace ; cependant il vaut mieux attendre la huitièmeannée. Ils donnent déjà des fleurs à, cet âge.

La greffe du sorbier des oiseaux se fait rez terre ,soit en fente , soit en écusson, sur le sorbier do-mestique, pour le faire durer long-temps et lui faireacquérir plus de grandeur , et sur l’épine pour lefaire croître plus promptement. On le greffe ericoTequelquefois sur le néflier, le cognassier, le pom-mier, le poirier, l’alizier, etc.

Exploitation _Cet arbre convient beaucoup en

taillis, parce qu’il repousse très-bien de souche. Onen réserve des baliveaux pour fournir du bois d’œu-vre et de la nourriture aux oiseaux, notamment auxgrives et aux merles, qui sont si nécessaires dansles bois pour la destruction des insectes nuisibles.

La longévité du sorbier des oiseaux paraît ne pasaller au-delà de 100 ans.

Qualités et usages. — Le sorbier des oiseaux, ditVarennes de Fenille, ressemble beaucoup, par la: couleur, la finesse du grain , l’homogénéité des fi-. bres et l’éclat du poli, à celui du sorbier cultivé,

• encore plus à celui du poirier sauvage , dont il serapproche d’ailleurs par son poids. Il peut être em-( ployé aux mêmes usages, pour faire des vis de pres-|: soir, des montures d’outils, des tables, des rayonsde roue, des timons de charrette, des cuillers et desi inanches de couteau en employant la racine, et pour; faire d’autres ouvrages de tour et d’ébénisterie. Ilest fort dur, et cependant moins que le sorbier cul-

■ tivé; il est aussi moins pesant, car, d’après la- moyenne proportionnelle déduite des expériences: de Varennes de Fenille etd’Hassenfratz,ilpèse, par: pied cube , sec, 5 i livres 12 onces. Comme cet ar-i bre ne parvient pas d’ailleurs à la même grosseuri que le cormier, il ne peut fournir des pièces d’aussi

fortes dimensions pour les grands ouvrages.

: Le bois du sorbier ou cochêne est très-bon pour

t le chauffage.

1 Toutes les parties de cet arbre sont astringentes,î et peuvent servir à tanner les cuirs. On emploie ses; rameaux dans la teinture noire commune, et l’on

■ prétend que son bois seul pourrait suffire pour tein-

■ dre en un noir très-beau et très-durable. Les baies. ont une saveur âpre, astringente et même nauséa-

■ bonde ; le suc en est purgatif, et employé commeî hydragogue et antiscorbutique. On assure néan-> moins que les habitans du Kamtschatka les mangentî quand elles ont été adoucies parla gelée. Dans le Nord,

on en retire, par la distillation , une sorte d’eau-: de-vie que l’on dit très-bonne. Les Suédois font

■ du pain avec les fruits après qu’ils les ont fait sé-cher et pulvériser. Enfin, on sait que les oiseleurs

1 se servent de ses baies pour prendre les oiseaux.