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Tome second.
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destinés à, transmettre aux -végétaux leur aliment,et qu’ils sont pourvus, sur toute leur surface, depores inhalans ou suçoirs, destinés à soutirer de l’at-mosphère, par le tronq, les rameaux et les feuillessur-tout, qu’on doit considérercoramedes racines aé-riennes, aiiiai que de la terre, par les racines propre-ment dites, les difïérens principes alimentaires quileur conviennent, et qui se trou veut disse minés en dif-férentes proportions dans ces deux grands réservoirs.

» L’ob servation et l’expérience démontrent éga-lement que les végétaux n’empruntent pas toute, eten tout temps, dans une proportion égale, leurnourriture de la terre et de l’atmosphère, c’est-à-dire que, relativement à leur conformation exté-rieure et à l’époque de leur végétation, ils absor-bent plus de l’atmosphère que de la terre, et viceversa; qu’en généra] plus le tissu de leurs tiges etde leurs feuilles est lâche et poreux, plus iis sontdans l’état herbacé, moins ils empruntent de laterre; qu’au contraire plus ce tissu est lisse, serréet ligneux, plus ils approchentde l’époque de leurmaturité et du perfectionnement de leurs semences,et plus le poids des semences farineuses ou huileusesest considérable, comparativement aux autres par-ties, plus la terre leur fournit de principes nutritifs.

Il est encore bien démontré que, conformémentà la loi sage et constante de la nature, qui fait ser-vir la destruction des êtres organisés à l’entretiend’autres êtres qui leur succèdent, les débris desvégétaux, lorsqu’ils sont détruits, ainsi que leurdépouille annuelle, tant qu’ils existent, réduits enterreau, rendent à la terre, sur laquelle ils se dé-posent naturellement en plus ou moins grandeabondance , relativement à leur culture et à leurorganisation particulière, une partie plus ou moinsconsidérable des principes qu’ils en avaient emprun-tés, ainsique de l’atmosphère, et c’est ainsique la des-truction même devient la source de la reproduction.

» Enfin, l’expérience nous apprend aussi queplus les végétaux sont exposés de toutes parts auxinfluences atmosphériques, et plus la terre est re-muée auprès de leurs racines et accumulée autourde leurs tiges, moins le sol sur lequel ils croissents’en trouve épuisé

» D’après ces vérités incontestables, il est évidentque l’organisation , ainsi que le mode de végéta-tion et de culture de chaque plante, doit avoir unetrès grande influence sur le plus ou le moins d’épui-sement de la terre à laquelle elle est confiée. »

M. Yvart range dans la classe des plantes épui-santes la plupart des graminées, et notamment lefroment, te seigle, l’orge et l’avoine, parce queleurs grains absorbent beaucoup de carbone, queleurs feuilles sont rares et sèches, et que leurs ra-cines sont traçantes; mais ces plantes deviennentaméliorantes quand elles sont fauchées en vert, ouconsommées sur place, parce qu’elles ont alors très-eu emprunté à la terre, et qu’elles lui laissent desébris qui se convertissent promptement en humus.

La culture au pied des plantes, en favorisant l’ac-tion de l’air , de la chaleur, de la lumière et del’eau , produit, ainsi qu’on le voit par la culture enrayons du maïs, des.pommes dç terre, des topi-nambours et des haricots, les plus heureuses in-

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fluences sur la végétation : c’est pourquoi les bina-ges sont si utiles.

Les plantes les plus généralement cultivées engrand, dans la : nombreuse et utile famille des légu-mineuses, ont toutes les racines pivotantes, qui, ens’enfonçant dans la terre comme autant de coins,l’ouvrent, l’ameublissent, facilitent, par un effetpurement mécanique , l’introduction des principauxagens delà végétation, et y déterminent une utilefermentation. Leurs tiges et leurs feuilles nom-breuses présentent une grande surface à l’atino-spbère; leur tissu, toujours tendre et très-flexible,est lâche et spongieux; elles se conservent long-temps dans l’état herbacé et profitent des influencesbienfaisantes de l’atmosphère. L'n grand nombre deleurs feuilles, qui se détachent très-aisément, etune portion assez considérable de leurs tiges, res-tent ordinairement sur le sol lors du fanage, et setrouvent promptement converties en terre végétale :aussi observe-t-on que ces plantes épuisent peu lesol, même lorsqu’on les laisse parvenir à maturité,et qu’elles l’améliorent ordinairement lorsqu’oi lesrécolte à l’époque de la floraison. Les fèves, muniesde feuilles larges, très-poreuses et herbacées et defortes racines pivotantes, possèdent au plus hautdegré cette faculté améliorante lorsqu’elles sont con-venablement cultivées sur les sols tenaces et humides,et sur-tout lorsqu’après avoir été houées, elles sontfauchées de bonne heure et non arrachées. Les ves-ces d’automne et de printemps, et les gesses, fauchéesde bonne heure, ameublissent la terre et la prépa-rent très-bien pour les récoltes subséquentes.

Enfin les lupins, les trèfles, les rainfoins et lesluzernes possèdent éminemment la propriété d’amé-liorer le sol, par les débris annuels de leurs feuilles,de leurs tiges et de leurs racines.

Parmi les plantes crucifères, celles qui. sont leplus communément cultivées pour leurs usages éco-nomiques , étant pourvues de feuilles très-larges etet succulentes, telles que les choux, les raves, lesnavets, la moutarde, le colza, la cameline, etc.,épuisent aussi très-peu la terre, lorsqu’on n’exigeque le tribut de leurs feuilles et de leurs racines ;mais lorsqu’on les laisse mûrir pour en obtenir lessemences huileuses, elles deviennent épuisantes,parce que les plantes oléifères empruntent beaucoupde la terre à l’époque de la maturité de leurs graines.

La culture du chanvre, du lin, du pavot, dupastel et du tabac, sert ordinairement avec succèsde culture préparatoire à celle des graminées an-nuelles; mais ce résultat avantageux doit être attri-bué à l’abondance des engrais et aux sarclages qu’ilsexigent.

Enfin le sarrasin est encore une plante amélio-rante par le grand nombre de ses feuilles, qui om-bragent la terre, étouffent les plantes nuisibles etrestent sur le sol après s’être conservées très-long-temps vertes; et aussi parce qu’elle parcourt entrès-peu de temps, environ trois mois , le cercle desa végétation, et que, toutes choses égales d’ail-leurs, plus la végétation des plantes est courte etaccélérée, moin elles épuisent la terre.

Troisième principe. — a Lorsqu’on çreât devoiradmettre dans un assolement des cultures cfui,