Band 
Tome second.
Seite
853
JPEG-Download
 

suc

d’une part, exigent des engrais abondans, et de-l’autre fournissent des produits qui ne sont pasrestitués en grande partie au sol sous une nouvelleforme d’engrais, il est prudent de né'pas rendre'leur retour fréquent, et de les intercaler avec d’àu-tres cultures tout à-la-fois moins exigeantes et plusrestituantes.

Quatrième principe .— « Après avoir employé tonsles moyens que l’art fournit 1 pouV mettre la terredans un état convenable de netteté, d’ameublisse-ment et de fertilisation, tels que les labours, leshersages, les roulages , les sàrclagels , les houages,les binages et battages, lés faüfchageb en vert, laconsommation sur place, les àmendemens et lesengrais, il faut s’attacher constamment à la main-tenir rigoureusement daris cet état prospère, et àl’améliorer, s’il est possible, par le choix des cul-tures intercalaires, de manière que chaque récolteprépare le succès des récoltes futures, et que cesuccès soit toujours assuré, sauf les intempéries dessaisons. »

L’auteur observe, en conséquence de ce prin-cipe, que les cultures ordinaires et successives desfromens, seigles, avoines et orges, épuisant consi-dérablement le sol, on est obligé de leur faire suc-céder une année de jachère; mais que ce moyen quine répare point tout le mal, et qui diminue la som-me des produits de la terre, doit être remplacé pardes cultures intercalaires améliorantes, ou moinsépuisantes, telles que celles i°. du trèfle, du sain-foin et de la luzerne; 2°. des plantes légumineuses,comme les fèves, les vesces, les gesses et pois;3°. des racines, comme les raves, navets, betteraves,pommes de terre, topinambours, .carottes, pa-nais, etc. ; 4°. de toutes les plantes destinées à êtrefauchées en vert, ou consommées en cet état surplace , ou enfouies à l’époque de la floraison ;5°. enfin des plantes cultivées en rayons. Il appuieces préceptes de nombreux exemples choisis dans lescantons de la France les mieux cultivés. Il en citeaussi qui sont particuliers à la Belgique . Il parle dessables arides de la Campine , que des soins indus-trieux et un bon système d’assolement sont parve-nus à fertiliser. Parmi les moyens qu’on a employéspour y détruire la bruyère, on remarque les cul-tures suivantes : i°. pommes de terre; 2°. avoine ettrèfle; 3°. trèfle; 4°- seigle, puis spergule la mêmeannée ; 5°. navets ou sarrasin; 6°. seigle, dont legrain est ordinairement converti en eau-de-vie,et auquel succède quelquefois un bois taillis.

a Assez souvent, après plusieurs années de tra-vaux préparatoires employées à la destruction de labruyère, le cultivateur convertit ces déserts en d’u-tiles forêts de pins sauvages (pinus sylvestris ), qu’iléclaircit en jardinant au bout de îo à iï ans. Pen-dant la durée de leur productive végétation, la terrese couvre d’une couche de terre végétale plus oumoins épaisse, résultant des nombreux débris an-nuels des fenilles , des tiges et des cAnes qtii y pour-rissent, et lorsque cette couche parait suffisante aucultivateur, il remplace ces arbres par les pommesde terre, qui servent toujours d’rritrodurtîbn auxexcellens cours que nous avorts fslt'totfùttître.n

Cet extrait de l’article de M. Yvart noùs paraît

SUC 855

d’une grande "importanée pour les cùlturës'fêres-(ières. Il indique les moyens d’amèfiér petil â'petitles sables les pliis arides' à l’état' d’une^üttiireproductive; il débèle eh'ritërrtë tenqfs'lé/\ïle'descultures qui se font dans les fôfêtS sùrlfes terrainsqu’on destine à être remis en bois. La plupart dessoumissions portent que le cohééssionnaire'cultiveraLe terrain en telle espèce de grains qu’il lui plaira,et presqàe toujours il cultive, pendant toute la du-rée de S!i jouissance, des blés, des seigles, desavoines, c’est-à-dire les plantes les plus épuisantes.Aussi très-rarement le sol, fatigué par ces cultures,produit-il de beau bois. Il y a cependant des arrqn-dissemens forestiers, tels que Celui de Strasbourg.et quelques autres, où l’on oblige le concessionnaire àalterner ses cultures, en commençant par celle dela pomme de terre, et les heureux résultats de cetteattention se manifestent lors des repeupleinens enbois. Il vaudrait mieux accorder quelques annéesde jouissance de plus , en obligeant le concession-naire à suivre l’ordre de cultures dé la Campine , quede lui permettre de cultiver constamment des cé-réales pendant un moindre nombre d’annees. Onpourrait régler ainsi l’ordre et la succession de sescultures : i°. pommes de terre; 2°. froment, sejgle,avoine ou orge; 3°. navets ou sarrasin; 4°- seigle;5°. fèves, vesces ou gesses; 6°. pommes de terre,navets ou autres racines, en ayant toujours soinque la dernière culture, c’est-à-dire celle qui pré-cède la plantation ou le semis en bois, soit enplantes améliorantes, et sur-tout en pommes de terre.

Cinquième principe .— «Il est généralement avan-tageux de reculer le plus possible le retour desmêmes végétaux sur le même champ, ainsi que ce-lui des espèces du même genre , et des individusdes mêmes familles naturelles.

» Ce retour doit être d’autant plus différé pourchaque végétal, que son analogue aura occupé ori-ginairement le sol plus long-temps , et l’aura plusépuisé et souillé. »

Ce principe s’applique à l’économie forestièrecomme à l’économie rurale .

M. Yvart ne se dissimule pas les nombreuses ob-jections que l’on peut faire contre ce principe, illes rappelle au contraire; mais il les combat victo-rieusement. Il convient qu’on ne peutadmettre poyrchaque plante une nourriture particulière, puis-qu’il faudrait supposer unè multitude infinie demolécules alimentaires dans la même terre où l’onvoit croître ensemble une foule de végétaux très-différens ; il convient que l’analyse des terres n’ydémontre réellement l’existence que d’un très-petitnombre de principes élémentaires, et qu’un champépuisé par une production est rarement en état defournir , sans une réparation préalable , à la végéta-tion vigoureuse d’une autre espèce déplanté. Il re-connaît que l’aliment des végétaux est généralementtrès-simple; qu’on pourrait peut-être le réduire aucarbone, à l’eau et à une bien faible portion deterre proprement dite; et que chaque végétal jouitde la faculté d’absorber cet aliment et de se l’assi-miler en lfe décomposant, le digérant pour, ainsidire, et le combinant avec des modifijeatipns parti-culières , chacun retenant de la sêvé et des gaz qu’il