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Tome second.
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aspire la portion qui lui convient, et rejetant parses excrétions ce qui lui est ou nuisible pu inutile.11 sait que la différence de saveur, d’odeur et desautres qualités distinctives et très-nuancées de cha-que végétal croissant sur le même terrain, commela ciguë végétant à côté de la laitue , doit être bienplus attribuée à leur mode particulier de végéta-tion, à leur disposition organique, et sur-tout à lanature de leur germe , principal élément de ces dif-férentes qualités , qu’à une prétendue nourritureexclusive pour chacun d’eux, comme le démontrentd’ailleurs les plantes parasites, qui ne participenten rien des propriétés de celles sur lesquelles ellesimplantent leurs racines ; enfin il 11 e peut nier qu’untrès-grand nombre d’exemples attestent que , danscertaines circonstances, la succession prolongée,pendant une longue série d’années, des mêmes plantessur le même champ s’est faite avec avantage : toutesces observations et ces faits, qui paraîtraient dé-truire la solidité du principe qu’il a établi, ne luiparaissent pourtant l’atténuer en aucune manière,et les résultats avantageux obtenus dans la culturede la même plante, pendant une longue suite d’an-nées, ne sont dus qu’aux engrais multipliés et auxnombreuses façons données au terrain.

M. Yvart observe d’ailleurs que ce qui se passetous les jours sous nos yeux prouve que, bien quechaque plante puisse se nourrir d’alimens communsà toutes, chacune d’elles a cependant un mode par-ticulier de prendre et de retenir ses alimens dans desproportions très-variées, et sur-tout à des hau-teurs, à des distances et des profondeurs très-diffé-rentes, et de rendre ensuite à la terre, par ses dé-pouilles annuelles, plus ou moins des principesqu’elle en a tirés. A cette considération il eu ajoutede nouvelles, puisées dans les observations suivantes :

Humboldt rapporte , dans ses Aphorismes , queBrugmans, dans une dissertation sur l’ivraie vivace,lolium perenne (Lin.), a prouvé que « les plantes sedébarrassent des sucs impurs par déjection , commeles animaux : Plantas , animalium more , cacare ,primas exploravitindefessus Brugmans ,• et il ajouteque ce physicien , ayant mis cette ivraie dans unvase transparent plein d’eau, il trouvait chaquejour, à l’extrémité des racines, un amas de matièrevisqueuse qui s’était formé pendant la nuit, et qui,en étant détaché, se renouvelait le lendemain.

M. Yvart rapporte aussi que plusieurs cultiva-teurs de mûriers ont remarqué que cet arbre ne peutsubsister dès qu’il rencontre les racines mortes deson prédécesseur ; qu’on ne doit pas planter un mû-rier à la place d’un autre, sans avoir préalablementenlevé toutes les vieilles racines, parce qu’il n’yréussirait pas; que même si un mûrier périt de ma-ladie, les arbres voisins meurent en peu de temps.

MM. Tessier et Thouin citent des faits analoguesqui s’appliquent à d’autres végétaux. Le premier ditque si on remplace des ormes abattus par d’autresormes, Us 11 e réussiront pas, et il ajoute que toutesles fois qu’il a fait remplacer un poirier par un au-tre poirier, il est mal venu. M. Thouin atteste,d’après sa longue et si utile expérience, que les ra-cines cpij pourrissent dans la terre communiquent à

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celles qui appartiennent à la même espèce de plan-tes un principe de mort, tandis qu’elles fournis-sent un engrais aux autres.

Déjà Duhamel avait observé ( Traité des semis etplantations , p. 201 ) que les remplacemens des ar-bres morts sur dqs avenues par des arbres de mêmeespèce, étaient très-difficiles,' et qu’il est arrivéque deux ou trois fois de suite les mêmes arbres sontmorts successivement dans la même place, maisqu’on s’est bien trouvé de les remplacer par des ar-bres d’une autre espèce. « Nous avons, dit-il, plantéavec tout le soin possible de heaux et jeunes ormesdans des avenues d’anciens arbres de même espèce :ils y ont péri, ou ils y sont venus très-lentement. »~ M. Tessier nous dit encore qu’en général plusles espèces, sur-tout parmi les graminées, se rap-prochent par les caractères botaniques et par lesorganes de la fructification, plus il est désavanta-geux de les semer immédiatement les unes après lesautres, et vice versa , et il cite plusieurs exemples àl’appui de cette assertion. 11 pense aussi que ce qu’ila remarqué à l’égard des plantes céréales peut seremarquer à l’égard des arbres. « Le pommier, quoi-qu’il s’éloigne peu du poirier par ses caractères bo-taniques, réussit mieux, s’il lui succède, qu’unautre poirier, et l’on doit encore attendre plus desuccès des arbres dont les fruits sont à noyaux, lors-qu’on les met à la place des arbres dont les fruitssont à pépins. »

A l’appui de ces observations, M. Yvart rapporte,dans l’intéressant article que nous analysons, plu-sieurs faits qui prouvent incontestablement que lesplantes de même espèce qui sesuccèdentsur lemèraechamp, viennent généralement moins bien quecelles d’espèce différente qu’on leur fait succéder.

a Pourquoi donc, ajoute-t-il, l’homme n’imite-rait-il pas, par la variété de ses cultures, l’exemplesi déterminant que la nature elle-même lui présentechaque année sur cet important objet ? Epions-laavec les Barthès et les Bosc dans nos prairies et dansnos forêts, où elle règne encore en souveraine; nopsyverrons, avec le premier, « certaines plantes de nosprairies y abonder pendant une année, et d’autresentremêlées y souffrir, tandis que celles-ci y sontadoptées, à leur tour, en une autre année, et queles autres y souffrent. » Le second nous conduiradans les antiques forêts de P Amérique , qu’il a visi-tées d’une manière si utile pour l’instruction de sesconcitoyens. Il nous y fera remarquer que ce lors-qu’on les abat pour la première fois , elles repous-sent toujours en nature de bois totalement diffé-rente, c’est-à-dire que là où il y avait des pins , il vcroit des chênes, et que là où il y avait des érables, ily croit des noyers, elc. 11 nous dira que cette trans-mutation est si marquée, qu’elle est généralementconnue par les habitans, et même les autorise àcroire que chaque espèce d’arbre se change en uneautre par l’effet de la coupe. 11 en est de même enFrance , quoique d’une manière moins sensible,parce que les plus vieilles forêts sontjeunes en com-paraison de celles d’Amérique ; mais le même obser-vateur y a vu cependant une futaie séculaire dehêtre remplacée par un taillis de chênes et de char-mes, et nous ajouterons qu’un autre observateur