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Tome second.
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non moins attentif, le célèbre botaniste Villars,nous a rendus témoins d’un fait analogue sur lesmontagnes du département de l’Isère , où une anti-que forêt de pins avait aussi fait place à une végé-tation spontanée de charmes et de chênés. »

Ces observations sur les forêts sont de la plusexacte vérité, et on pourrait citer une foule d’exem-ples qui les confirmeraient. Mais il suffit de faireremarquer que beaucoup de localités qui portent en-core aujourd’hui des noms tirés des espèces d’arbresqui y croissaient, en sont dépourvues en tout ou enpartie : ainsi il y a des forêts qu’on appelle la châ-taigneraie, la chênaie, la Sapinière , où les châtai-gniers , les chênes et les sapins ont presque entiè-rement disparu. Il est d’ailleurs d’observation cons-tante que lorsqu’on abat une futaie de chênes ou dehêtres, le sol se recouvre presque entièrement de boisblancs, tels que tremble, bouleau et marceau,bien que ces espèces en aient été enlevées plus de6o ans avant la coupe des bois durs. Ces derniers nereparaissent que petit à petit, sur-tout dans notresystème d’exploitation , où l’on ne réserve pas assezde porte-graines.

C’est ici le cas de répondre à une objection qui aété faite contre l’exploitation des futaies par coupespériodiques que l’on pratique dans les forêts de l’Al-lemagne , et qui consiste à perpétuer les essences dechêne et de hêtre dans les futaies de cette nature,en faisant la guerre aux bois blancs. On a dit quec’était contrarier le vœu de la nature, qui tend, àchanger ses productions et à établir elle-même unesorte de rotation. Cette objection serait fondée sivéritablement on s’opposait à toute production debois blanc après une coupe de futaie , et si on neconservait sur le sol que des chênes et des hêtres.Mais il n’en est pas ainsi : les bois blancs qui semontrenten quantité sont conservés jusqu’à l’époquede la première éclaircie, qui ne se fait qu’à 20, 25ou 3 o ans; encore n’enlève-t-on pas tout le boisblanc dans cette première éclaircie, on en réservepar-tout où cela est nécessaire, pour tenir la forêtdans un état serré. La seconde ne se fait qu’à 5 o,60 ou 70 ans, suivant les localités. On ne peutdonc pas dire que ce système d’exploitation tend àconserver constamment sur le même terrain lesmêmes espèces d’arbres; il tend seulement à pro-curer, à 100 ou 120 ans, de belles futaies puresd’arbres sains, vigoureux et bien filés, et à opérerun ensemencement naturel de ces mêmes essences.Au surplus, les bois étant au nombre des plantesaméliorantes , on ne peut rigoureusement leur ap-pliquer le principe des plantes céréales. Quoi qu’ilen soit, quand il s’agit de faire un repeuplementdans un bois dont les souches sont usées et où l’onvoit une tendance à changer de production, il seraavantageux de ne pas y remettre les mêmes espècesd’arbres, ou du moins de les mélanger dans une cer-taine proportion avec d’autres espèces.

M. Yvart pose pour septième principe qu’ilest avantageux d’intercaler la culture des végétauxà racines profondes , pivotantes et tuberculeusesavec celle dont les racines sont superficielles, tra-çantes, fibreuses.

Si on voulait appliquer ce principe aux cultures

forestières, il faudrait, dans les repeuplemens, s’at-tafcher à mettre des arbres à racines profondes,comme le chêne, dans l’endroit où il y avait desarbres à racines traçantes , comme le hêtre, l’orme,les peupliers. Mais outre que la profondeur du ter-rain ne permettrait pas toujours de placer des chêneslà où il y avait des bois à racines traçantes, cetteattention serait assez inutile, attendu que très-ra-rement un bois , sur-tout un bois d’arbres à feuilles,est composé d’une seule essence. Ce qui est très-important dans une plantation, c’est de mêler en-semble des espèces dont les unes soient traçantes etles autres pivotantes. Ainsi le mélange du chêne, duhêtre, du charme, du bouleau pour les taillis, for-mera un bois de longue durée, et le mélange duchêne avec le hêtre formera, dans des terrains con-venables, des futaies qui prospéreront.

Le neuvième principe , qui complète le systèmed’assolement proposé par le savant agronome quenous consultons, consiste à s’attacher, dans le choixdes assolemens, à rendre le moins possible néces-saire l’emploi des engrais et des labours.

Le premier moyen qu’il indique est praticabledans les terrains dont la couche supérieure ou lacouche inférieure peu profonde retient aisément àla surface les eaux pluviales ou celles des déborde-mens, et il consiste à alterner les cultures avec desétangs artificiels et temporaires, comme cela sepratique dans la Bresse, la Brenne , la Sologne, lerorez, etc. (V. Assec. ) Le second est l’alternat desbois avec les cultures en céréales, comme cela sepratique dans la Campine , où, après avoir fait descultures ordinaires, on plante des bois, qu’on défri-che après un certain laps de temps, pour y faire denouveau des cultures en grains. II cite aussi les es-sarts qui se pratiquent dans les Ardennes , et dontla description est rapportée par M. Tessier, dansl’ Encyclopédie méthodique , d’après M. Bourgeois,cultivateur instruit.

J’ai parlé, au mot Sartage , de cette opération, quim’est parfaitement connue, autant parce que je nesuis point étranger au pays où elle se pratique, queparce que j’ai eu à m’occuper des discussions admi-nistratives qu’elle a fait naître. Voici, au surplus,la description que donne M. Bourgeois de cetteopération.

a. Aux environs des villes de Mézières, Rocroi ,Marienbourg et Givet , il y a plus de quarante pa-roisses, toutes assez considérables, qui n’ont pointou qui n’ont que très-peu de terres labourables.

» Les villages du duché de Luxembourg et de laprincipauté de Liège , qui sont situés à la rive droitede la Meuse , depuis Charleville jusqu’à Givet , nesont pas plus favorisés de la nature.

y> Pour subvenir au défaut de terres labourableset se procurer leur subsistance, les habitans culti-vent le sol des forêts, qui leur donne une récoltetrès-abondante en seigle; ce genre de culture senomme dans le pays essarter, ou faire des sarts.

» On exploite le bois à l’àge de 18 à 20 ans, eton ne laisse pas de baliveaux.

» Pendant l’hiver , on coupe les bois blancs et onles réduit en bois de chauffage et de charbon. Lechêne reste sur pied, et on attend que la chaleur