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et l’érable; l’orme y croît avec tant de force, qu’ilest sujet à y périr en quelque sorte de réplétion ; lenoyer y vient, mais à la vérité moins bien que dansdes terres plus sèches ; les arbres de marais, commeles frênes , les peupliers , les saules et les aunes ,.yvégètent assez bien , quoique moins prompte-ment que dans les marais ; les arbres qui ne quit-tent point leurs feuilles en hiver, les chênes-verts,les ifs, les sapins , les pins , les mélèzes , les cyprès,y ont été plantés avec succès. Bien plus, on y voitréussir très-bien les arbres étrangers : les catalpas ,les cèdres du Liban et de Virginie , les thuyas de laChine et de Canada , le liquidambar aceris folio ,le cyprès chauve , etc. On peut donc dire que ceterrain , très-substantiel, et qui est assez humidesans être marécageux, convient à toutes sortes d’ar-bres , quoique certaines espèces viendraient encoreavec plus de vigueur dans des situations qui seraientplus analogues à leur tempérament. »
§ 4 .
Des terres légères.
Dans celte classe sont les sables et les terres oùdominent le terreau , la terre de bruyère , la terrecalcaire, la craie : voici la description de ces diversesespèces de terres.
Le terreau ou humus est le résultat de la décom-position spontanée des animaux et des plantes. Lesnaturalistes modernes regardent la tourbe comme duterreau produit par la décomposition des plantesdans l’eau.
Le terreau , dans les forêts, provient principalement de la pourriture et de la décomposition desfeuilles, des racines, des branches d’arbres et desherbes. Il est graveleux au toucher, poreux , susceptible de se gonfler par l’humidité, et de se pétrirlorsqu’il est mouillé ; mais aussitôt qu’il a reprisson état de sécheresse , il se divise très-facilement.Sa couleur ordinaire est grise , brune ou noire. Ilcontient une partie des principes qui constituaientles plantes dont il provient, et comme les plantesse nourrissent des substances analogues à celles dontelles sont formées, ainsique le prouve l’engrais duhunier, il en résulte que le terrèau est extrêmementfavorable à la végétation des arbres. Cependant leterreau pur 11’est p is fertile , et lorsqu’il se trouveeu grande quantité, il ne convient pas à la plantationdes bois , parce qu’il se dessèche promptement etqu’il ne permet pas aux arbres de s’y fixer solide-ment; mais on ne le trouve, même dans les plus an-ciennes forêts , qu’à une profondeur convenable, etrarement il se rencontre à plus de 4 ou 6 pouces. Plusbas, il est déjà mélangé avec les autres terres, or-dinairement l’argile, le sable et les pierres. Ce mé-hange du terreau avec lés autres terres dans les cou-rbes inférieures provient de la pourriture des arbreset des racines, et on ne le trouve le plus souventque jusqu’à, la profondeur à laquelle la plupart desracines atteignent et où elles se pourrissent.
Les arbres creux offrent souvent du terreau extrê-mement pur , qui provient de la décomposition del’intérieur de ces arbres. Il a besoin d’être exposépendant quelques mois à l’air et à la pluie pour dé-velopper toute sa puissance fertilisante.
Quelques naturalistes, étonnés de ce que la grande
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quantité de végétaux qui se décomposent chaqueannée n’eût point formé une couche de terreau beau-coup plus considérable que celle que l’on remarqueà la surface de la terre , ont recherché les causes dece fait. M. l’atrin , dans le Dictionnaire d’histoirenaturelle , rappelle l’observation que les arbres etles autres végétaux ne tirent pour leur nourritureaucune matière solide du sol où ils végètent, et quetoute leur substance est formée des fluides de l’at-mosphère; que cependant ils couvrent la terre tousles ans de leurs débris, d’où il semblerait résulterqu’à la longue un sol d’où l’on n’enlève rien, commesont les campagnes et les forêts du nord du globe,soit en Amérique , soitenAsie, devrait journellementaugmenter en épaisseur de terreau ; ce qui néanmoinsn’arrive pas. Il a vu, dans l’Asie boréale, des forêtsimmenses de pins et de sapins de 80 à ico pieds d’é-lévation , dont les racines serpentaient dans unecouche de terre végétale qui n’avait pas plus d’unpied et demi d’épaisseur , et qui reposait sur des dé-pôts fluviatiles de la plus haute antiquité. Il n’y en apas davantage dans les déserts de ces contrées , quise couvrent, chaque année, d’une riche végétationen plantes herbacées, et cependant co terreau n’estpoint entraîné par les eaux. Théodore de Saussure a conclu de ces observations que le terreau ou lalcrrevégètale éprouvait une décomposition graduellequi la maintenait toujours dans une épaisseurmoyenne ; d’un autre côté , les pluies l’entrainentdans les rivières et de là dans la mer. La chaux, lescendres, les écobuages, l’air , les pluies, ct'par con-séquent les cultures , favorisent la dissolution duterreau , et le rendent très - propre à la végétationen dégageant les gaz et les fluides qui sénent'à lanourriture des arbres. V., pour plus amples détails,les Dictionnaires d’histoire naturelle et d’agricul-ture , et les Expériences de Théodore de Saussure.
La terre de bruyère est un mélangé dé sablequartzeux avec du terreau dans des proportions va-riées. Elle est légère , rude au toucher; ellé colorefortement l’eau , et se gonfle beaucoup par l’humi-dité ; elle se pétrit étant mouillée; mais lorsqu’elleest sèche, elle se réduit en poussière par le plus lé-ger mouvement et même spontanément. Elle a or-dinairement une couleur grise ou brune ; mais elleaffecte aussi beaucoup d’autres couleurs, même lanoire. Un terrain qui contient beaucoup de terre debruyère devient très-boueux par la moindre pluie,mais il se dessèche très-facilement. Cette terre nonmél uigéç avec-d’autres terres est extrêmement mau-vaise. Elle repose ordinairement, et sans interme-diaire, sur des bancs de pierres, sur la roche, etsouvent sur un lit d’argile à très-peu de profondeur.Dans tous les cas, elle a le grand inconvénientde se boursouffler par les gelées lorsqu’elle contientde l’eau , et de déchausser les plantes.
On ne peut guère semer sur cette terre avec suc-cès que lorsqu’elle est raffermie par quelques her-bes et plantes, qui empêchent le déchaassetnent desjeunes plants.
Il existe enFrance d’immenses étendues dé terresde bruyère , telles que les landes de Bordeaux , dela Bretagne , de la Sologne et de la Flandre, quisont presque toutes en pays plat, couvertes'd’eau