22
S Y S T È M E
un an, le Soleil doit nous paroître faire la sienne autour denous dans le même temps & dans le même sens : les varia-tions d u mouvement des Planètes, leurs directions, dations,rétrogradations ; leur apogée, leur périgée , tout cela n’estqu’une fuite naturelle du lyílème : le mouvement très-fimplede la Terre, combiné avec le mouvement très-fimple desautres Planètes , doit nécessairement produire ces déran-gemens appareils. Les ennemis les plus déclarés de cesystème , íònt convenus qu’il étoit impossible d’expliquerplus heureusement ces phénomènes.
On proposa contre ce système des difficultés plus puérilesque solides. On objecta que nous ne nous apercevions pasdu mouvement de la Terre; c’est parce que ce mouvementest très - uniforme : on ne s’aperçoit du mouvement desvoitures que par les balancemens, les cahots, les inégalitésauxquelles il est sujet ; le mouvement d’un Vaisseau estinsensible hors le cas du roulis ou du tangage. On ajoutaque nous avions donc la tête tantôt en haut 8í tantôt en bas;cette difficulté pouvoit embarrasser dans le temps où l’onignoroit que nous eussions des Antipodes. Mais, dit-on,à quoi sert cet espace immense que nous sommes obligésd’admettre entre Saturne & les Étoiles 1 on répondoit quel’ignorance où l’on étoit de 1 usage de cet espace , n’étoit, pas une raison suffisante pour en nier l’existence: on répondradorénavant que l’usage de cet espace est de contenir uneinfinité de Comètes , tant celles qui tournent autour denotre Soleil que celles qui font leur révolution autour desKloiles fixes.
L’objection la plus spécieuse que l’on ait proposée, esttirée des Livres saints : on a prétendu que l’immobilité dela Terre avoit été consacrée par lEíprit de vérité. II a étéfacile de répondre qye cet Esprit de sagesse n’a point pré-tendu nous donner des leçons de Physique & d’Astronomie;jl déclare lui-même (l) avoir abandonné le inonde à nos
(l) Eçckf. ///, //.