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Doctrine i>es Philosophes
CHAPITRE III.
fausses opinions des Grecs fur la nature des Comètes.
Les premiers Astronomes surent des Barbares, habitans« de l’Égypte & de la Syrie : les Grecs s’appliquèrent plus tard» à l’étude du mouvement des corps célestes ; mais ils perfec-» donnèrent beaucoup les connoiísances qifils avoient reçuesdes Chaldéens & des Égyptiens : » Remprunte les termesde Platon (a). II paroît en effet que les Égyptiens & lesChaldéens s’étoient contentés d’observer, & de lier à leursobservations célestes des faits qui n’y avoient aucun rapport.Us avoient fans doute conclu de leurs observations, que leSoleil, ía Lune & les Planètes, achevoient en des tempspériodiques leurs révolutions autour de la Terre; mais cetteconclusion même étoit plutôt une observation qu u n système.On attribue aux Égyptiens d’avoir les premiers découvertque le centre des révolutions de Vénus & de Mercure devoitêtre placé dans le Soleil plutôt que fur la Terre (b) : jem’étonne qu’un fait fi simple, fi intimement lié avec lesobservations, ait trouvé dans la fuite des contradicteurs : cen’est certainement point en cet article que les Grecs perfec-tionnèrent l’Astronomie des Égyptiens.
Orphée, Musée, Mélampus, Homère, Platon, Pythagore,.Eudoxe , Démocrite , Conon , Épigènes , Apollonius deMynde & plusieurs autres Grecs (c), puisèrent certainementen Égypte ou en Chaldée les premières notions de l’Astro-nomie. L’imagination des Grecs étoit trop vive & tropféconde pour le contenter de la feule observation : ils rédui-sirent i’Astronomie en système; ils apprirent même peut-êtreà leurs maîtres à joindre le raisonnement à i’expérience. Je
(a) Plato in Epinomide.
(b) JVlacrob , S'omn. Scip. lib. I, cap. XIX. Vitruv. Archit. iib. IX, cap. I V.
(c) Diod. Sic. lib. I, cap. Yl- Sen.Natur. Çhicejì. Ub. Vil, cap. IU»
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