sur les Comètes. 29
fort apparition : plusieurs font d’abord simplement chevelues,on n’y distingue point de queue; elles en acquérant au boutde quelques jours, & celte queue devient quelquefois d’unelongueur prodigieuse; mais il semble que ce soit aux dépensde la chevelure, qui paroît diminuer à proportion. La queueperd ensuite elle-même tous les jours de fa grandeur & deson éclat : la tête devient également plus petite ; i’une &l’autre décroît de manière que le phénomène échappe enfinà nos yeux. C’est généralement ainli que disparaissent toutesles Comètes, à moins quelles ne se perdent dans les rayonsdu Soleil, avant qu’elles aient atteint le dernier période deleur petitesse sensible. On a cru long-temps que les Comètesparoiiîoient tout-à-coup dans leur plus grand éclat; c’est qu’onne les cherchoit pas ; c’est qu’on ne les voyoit que quandelles offusquoient en quelque façon les regards : plusieursexpériences nous ont convaincus qu’elles ont des degrésd’accroitîèment comme elles en ont de décroissement.
On a dû remarquer dès le commencement, que les Comètesparoi fient d’autant plus grandes & d’autant plus éclatantes queleur mouvement propre apparent est plus précipité, il étoitnaturel d’en conclure qu’elles étoient alors plus voisines dela Terre : on ne i’a pas fait. La diminution de leur grandeur& de leur beauté observe une sorte de proportion avec leralentissement de leur mouvement: son t-elles íur le point dedisparaître, leur mouvement semble cesser, ou même le plussouvent il se courbe, & prend une direction opposée à cellequ’il avoit suivie jusqu’alors.
Gassendi (b) prétend que depuis le temps auquel uneComète a été vue dans son plus grand éclat, elle ne sembleparcourir dans le Ciel qu’un quart de grand cercle au plus :la chose arrive ordinairement ainsi; mais il peut y avoir &il y a réellement des exceptions à cette règle.
(b) P fys sefi, II, lit, y, df mt. is Ioìo Couutarum, cap, /, tom, I,operum.