sur les Comètes. 41
& subvenir aux nécessités que l’étude sublime 8c spéculative,telle que l’Astronomie , engendre d’ordinaire. La doctrinede ces inventeurs de so'ies le répandit par succession detemps en Egypte, en Grèce 8c par-tout : les habiles Princesy trouvèrent leur compte pour la politique; les faux Prêtres,pour leurs impies religions; beaucoup de mauvais Phyíiciens8c pauvres Astronomes, pour un secours à leurs nécessités,qui leur étoit fourni par les riches ; les Poètes, pour debeaux sujets d exercer leur enthousiasme poétique ; & lesHistoriens , pour écrire au goût & dans le sentiment duvulgaire ( l). » Petit déclame principalement contre lesHistoriens: faiíant profession d’être les hérauts de la vérité,ils ont été les échos de Terreur ; c’eít chez eux que lesAstrologues modernes ont trouvé des faits pour appuyerleurs impertinentes rêveries: « Si Tite-Live vivoit encore,conclud-il, je ne paff'erois jamais les monts, comme d’autresfirent, pour l’aller voir 8c apprendre quelque chose de lui,si ce n'étoit à bien parler latin (m). » Je souscris volontiersà cette censuré. Je crois cependant que TAstronomie a quelqueobligation à T Astrologie : st le sentiment des Comètes-météores n eût pas prévalu dans i’esprit de ceux qui nereconnoistòient d’autre principe de vérité, que f autorité desPhilosophes qui les a voient précédés; 8c que l’Univers entiern’eût pas été, pour ainst dire, infatué des rêveries Chal-déennes 8c Égyptiennes fur les effets des Comètes, la Comètede i 577 , observée par le célèbre Tycho , seroit peut-êtreia première dont nous aurions quelque connoistànce.
Je n’ai pas prétendu nier dans ce chapitre, que quelquesétincelles de vérité n’aient lui dans la Chaldée en des sièclespostérieurs; au contraire, nous verrons au chapitre quatrième,qu’avant le siècle de Sénèque, quelques Chaldéens avoient,je ne dis pas trouvé , mais soupçonné ou deviné le vraisystème de la Nature sur le mouvement des Comètes.
(l) Petit, Dissert. fur la nature des Comètes, pages Sz, 8j 84.
(m) Ibid. page 8j,
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