io6 Doctrine des Philosophes
extraordinaire an collège de Clermont, appelé depuis collègeJe Louis-le-GreinJ : la séance est ouverte par la défense dusystème de Démocrite ; le P. d’Arrouis prétend avec cetancien Philosophe, que les Comètes sont des amas de petitesPlanètes, qui deviennent sensibles par leur conjonction. GillesPersonne de Roberval, prend la parole pour prouver que lesComètes font des exhalaisons de la Sphère élémentaire, quiforment une longue traînée ; & que , le feu courant d’uabout à l’autre, la Comète paroît avoir un mouvement propre.Phelippeaux, Médecin Allemand, se déclare pour l’opinionde Descartes. Enfin le P. Jacques Grandami explique sonsystème, tel qu’il l’avoit imaginé dès fan i 6 i 8 : il consisteà dire que les Comètes sont des parties du Ciel condenséespar faction des Astres, que leur mouvement propre venoitdes Astres qu’eltes íuivoient, & qu’elles étoient détruites oupar faction de quelques autres Astres, ou par la cessation defaction des premiers : la conférence se sépare enluite sansrien décider. Si le temps feût permis, le P. Garnier se pro-posoit d’apprendre au Public que les Comètes sont composéesde feux renfermés dans f air, preíque de la même manièreque f air renfermé dans J’eau forme des bouteilles. PierrePetit nous apprend (a) qu’il auroit assisté à cette conférences’il en eût été averti : il auroit proposé fans doute le vraisystème tf Apollonius. J ai tiré le précis de cette conférencedu Journal des Savans de la même année.
11 paroît que Roberval avoit un peu mitigé son sentiment:car en 1644 il avoit donné au Public un ouvrage selon lesprincipes duquel la Terre animée attiroit f air, & rejetoit lesvapeurs & les exhalaisons qui pouvoient lui nuire ; c’éloit auxplus lobbies de ces exhalaisons que nous étions redevablesde la formation des Comètes. Pour accréditer ce Iystème,Roberval s’étoifc cru permis de le publier sous le nom d’Aris-tarque de Samos , dont f original Grec étoit perdu , mais donton avoit recouvré, diíoit-il, un manuscrit Arabe.
(a) Petit, Dijseriationsur les Comètes,