14.2 Doctrine des Philosophes
observations, ses calculs & fa théorie fur ces deux Comètes,font ia matière de deux petits Ouvrages en forme de lettres,qu’il publia dans ces mêmes années.
Quel chagrin pour un Astronome aussi zélé qu’Hévélius,de n’avoir pu observer la grande Comète de 1680 ! II lasuivit autant qu’il put entre les Étoiles fixes : il marquoit furun globe à peu-près le lieu qu’elle occupoit dans le Ciel.Ses instrumens avoient été consumés par le feu ; il n’en avoitpoint encore de fuffifans pour déterminer plus exactementle lieu de la Comète. 11 la vit dès les premiers jours deDécembre , avant qu’elle fe plongeât dans les rayons d uSoleil. II prédit qu’elle reparoîtroit : c’est lui - même quinous apprend cette anecdote sc J. C’étoit en effet une con-séquence du système d’Hévéiius , que la Comète devoitreparoître ; mais je crois pouvoir avancer qu’Hévclius larevit où il ne l’attendoit pas. Son silence fur le lieu où elledevoit, félon lui, reparoître , pourroit même servir depreuve : au reste, le grand âge d’Hévélius ne lui permettoitpoint de retoucher fa théorie. _
11 observa plus exactement les Comètes de 1682 &t de1683 : de nouveaux instrumens lui en procurèrent la facilité.Le noyau de celle de 1682 lui parut très-éclatant. II le vit,ou il crut le voir formé comme en espèce de crochet sd) :fi on ne veut point attribuer cette apparence à quelque défautde la lunette dont Hévélius se servoit ; on peut l’expliquerpar quelque changement dans l’atmofphère de la Comète.
Tels font les travaux d’Hévélius au lnjet des Comètes.J’en conclus, ainsi que de ses autres Ouvrages, qu’il étoitun excellent Astronome, un calculateur zélé & intelligent,un appréciateur exact des mouvemens célestes : mais je necrois pas qu’il puifie palier pour un Physicien éclairé : je mepersuade encore moins qu’011 puisse revendiquer en fa faveurla moindre partie du système de Newton.
(c) Hevelii annus Climacìer. pag. 107.
(d) ibid.