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Tome premier.
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154
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154 Doctrine des Phi losophes

deux loix de Képler, avec autant de précision que celui desPlanètes : enfin les Comètes, dans leurs mouvemens, fontexposées aux mêmes dérangemens que les Planètes. Maispourquoi les Comètes paroistênt - elles fi rarement ! C’estparce que leur ellipse est bien plus alongée que celle desPlanètes. Nous les voyons dans la partie inférieure de leurorbite : leur grande distance les dérobe ensuite à notre vuepour plusieurs années, & même pour plusieurs siècles. L’orbitede Vénus est presque circulaire : celles de la Terre, deJupiter, de Saturne , de Mars s’écartent un peu plus ducercle ; celle de Mercure est bien sensiblement alongée : entìncelles des Comètes font beaucoup plus alongées que celle deMercure. La différence n’est que du plus au moins ; unelégère variation dans Je rapport des forces centrifuge &centripète, peut opérer des différences encore plus considé-rables. Si dans un certain point de l’orbite ces deux forcesfont égales, l’orbite est circulaire : si l une est d’un peu plusde deux cinquièmes plus forte que l’autre, l’orbite devientinfinie ; la Planète s’écarte du Soleil fans espérance de retour.Mais les Planètes lè meuvent toutes d’occident en orient.Cela est vrai des Planètes qui ont toujours été reconnuespour telles ; mais, si comme nous lavons prouvé, le milieune forme aucune résistance , quel inconvénient qu’il y aitd’autres Planètes emportées d’orient en occident, du midiau septentrion, du septentrion au midi ! D’ailleurs le faitest démontré. Quelque sentiment que l'on veuille em-brasser fur la nature des Comètes , les observations nepermettent pas de douter quelles ne traversent l’efpaee entout sens, & quelles ne pénètrent dans l’intérieur de l’orbitedes Planètes.

La marche de la Nature est ordinairement uniforme. Lacomplication des différons mobiles avoit fait abandonnergénéralement le système de Ptolémée; la simplicité seule decelui de Newton íormoit un préjugé bien fort en fa saveur.La multitude des observations tourna, le préjugé en démons-tration. II n’étoit pas facile, il est vrai , de déterminer par